Votre vision baisse a cause d’une cataracte alors que vous n’avez pas passé 60 ans ? Il s’agit certainement d’une forme de cataracte particulière dite secondaire. Le terme secondaire reprend en fait toutes les causes de cataractes NON liées à l’âge. Les principales causes sont le diabète, la myopie forte, certains médicaments, les chirurgies oculaires préalables et les traumatismes. Ces cataractes sont d’évolution souvent plus rapide et plus aléatoire que la cataracte liée à l’âge. Certaines particularités cliniques et chirurgicales sont à appréhender lors du bilan opératoire. Ces cataractes posent également parfois la question de la prise en charge chirurgicale de sujets jeunes. Les cataractes secondaires ne doivent pas être confondues avec la capsulose, qui est une opacification de l’implant de la cataracte.

Cataracte sous capsulaire
Cataracte sous capsulaire

Cataracte et diabète

Le diabète première cause de cataracte « secondaire ».

Cataracte du jeune

La cataracte avant 50 ans : baisse de vision, presbytie

Cataracte et médicaments

Corticoïdes, sels d’or,… les médicaments pourvoyeurs de cataracte

Opacification capsulaire

Appelée a tort cataracte secondaire : la capsulose ou fibrose capsulaire

Qu’est-ce qu’une cataracte secondaire ?

Le terme cataracte secondaire regroupe toutes les cataractes non liées à l’âge. Il n’y a donc pas UNE cataracte secondaire mais DES cataractes secondaires. Leurs causes sont nombreuses, parfois se chevauchent, et leur évolution est variable mais souvent plus rapide que la cataracte liée à l’age.

Les principales formes sont :

Attention, il ne faut pas confondre les cataractes secondaires, avec l’opacification capsulaire secondaire postopération de la cataracte.

Cataracte diabétique

La cataracte diabétique est la forme de cataracte secondaire la plus fréquente. Le cristallin étant perméable au glucose (sucre) et sensible aux variations de glycémie, il peut s’opacifier de manière accélérée. Plus le diabète est déséquilibré, et plus les variations de glycémie sont importantes, plus la cataracte risque d’être précoce !

La cataracte diabétique est le plus souvent bilatérale et asymétrique.
Elle correspond le plus souvent à une opacification capsulaire postérieure pouvant être en forme d’étoile.
Elle se caractérise par une baisse de vision de loin et de près pouvant être rapidement progressive.
Attention ! Le diabète doit être équilibré avant d’opérer la cataracte afin d’éviter les complications.

Cataracte sous capsulaire Opacification postérieure du cristallin
Cataracte sous capsulaire Opacification postérieure du cristallin

Cataracte traumatique

La cataracte traumatique peut apparaître précocement ou de longues années après un traumatisme. Elle est le plus souvent unilatérale, du côté de l’œil traumatisé.

Il s’agit souvent d’une cataracte du sujet jeune.
La notion de traumatisme est parfois oubliée par le patient si celle-ci apparaît de nombreuses années après.
Le chirurgien peut retrouver des séquelles du traumatisme, par exemple une désinsertion de l’iris ou de la zonule lors de l’examen préopératoire.
Il s’agit de cataractes fragiles avec un plus haut risque d’aléa opératoire. Un chirurgien combinant les compétences en cataracte et rétine est préférable.

Cataracte traumatique
Subluxation du cristallin
Cataracte traumatique
Subluxation du cristallin

Cataracte post vitrectomie

Les interventions de la rétine sont souvent indispensables pour sauver l’œil ou empêcher des séquelles irréversibles. Cependant elles accélèrent la survenue d’une cataracte.
En effet l’inflammation oculaire générée par la chirurgie et l’injection d’un gaz destiné à recoller la rétine en cas de chirurgie de décollement stimulent l’opacification du cristallin.

Cataracte post vitrectomie
Cataracte post vitrectomie

Cataracte médicamenteuse

Certains traitements réagissent avec le cristallin et sont pourvoyeurs de cataracte. Les plus connus sont les corticoïdes (cortisone), mais on retrouve également :

  • La chlorpromazine, utilisée dans les psychoses
  • L’allopurinol, utilisé dans le traitement de la goutte
  • Les sels d’or utilisé dans certaines pathologies articulaires
  • La radiothérapie ORL, faciale et cérébrale
Cataracte sous capsulaire de face
Cataracte sous capsulaire de face

Cataracte congénitale

La cataracte congénitale est une cataracte présente dès la naissance. Elle peut se manifester par la présence d’une leucocorie (pupille blanche), d’un strabisme ou être dépistée lors d’une visite chez l’ophtalmologue. En cas d’obstruction de la vision, la cataracte doit être opérée en urgence.
La recherche d’une cause génétique, d’un trouble du métabolisme, d’une infection materno-fœtale (Toxoplasmose, oreillons, rubéole, cytomégalovirus et herpès virus) et d’une malformation extra-oculaire associées est fréquemment indiquée.

Cataracte juvénile

La cataracte juvénile correspond à l’apparition d’une cataracte durant l’enfance ou l’adolescence. Il s’agit le plus souvent de cataractes bilatérales, héréditaires et associées à un trouble du métabolisme. En plus de l’intervention de la cataracte, un dépistage des frères et sœurs et un bilan général à la recherche d’une maladie de système est requis.

Cataracte du patient jeune

Les patients jeunes ( < 50 ans) représentent une part peu importante des cataractes opérées. Cependant le caractère souvent unilatéral de la cataracte, l’absence de presbytie ou encore le maintien d’une activité professionnelle,… rendent l’approche de l’opération extrêmement intéressante. Les enjeux chirurgicaux sont multiples, parfois complexes et nécessitent un bilan préopératoire poussé.
La persistance d’une accommodation et l’absence de pathologies rétiniennes préalables rendent le recours aux implants multifocaux plus fréquent. Cependant en cas de conduite de nuit ou de profession réglementée (pilotes d’avion,…), ces implants ne doivent pas être utilisés.
Les patients jeunes sont souvent plus anxieux lors de l’opération. Ainsi la consultation d’anesthésie est primordiale. Le recours à une sédation importante est quasiment la règle afin d’assurer le meilleur vécu opératoire au patient.

Perte de l’accommodation : quand opérer ?

  • Ne PAS opérer :
    • En l’absence de gêne importante.
    • En cas d’accommodation conservée sans grande baisse de vision (vision > 7/10).
  • Opérer quand :
    • La baisse de vision empêche le maintien d’une activité professionnelle.
    • La vision est < 6-7/10 et gène le patient
    • L’opération permettrait au patient de ne plus porter de correction optique alors qu’il y est dépendant.

Cataracte inflammatoire

Les inflammations intraoculaires aussi appelées uvéites sont pourvoyeuses de cataractes. Les uvéites peuvent être déclenchées par des facteurs de risques génétiques, des maladies auto-immunes (spondylarthrites, sarcoïdose,…), des infections systémiques (tuberculose, maladie de lyme,…) ou peuvent n’avoir aucune cause retrouvée : on parle d’uvéite idiopathique.
Ces inflammations délétères pour l’œil accélèrent le vieillissement du cristallin et son opacification. De plus l’utilisation de corticoïdes, bien qu’indispensables pour calmer l’inflammation, favorisent également le développement d’une cataracte.
Une seule règle existe dans la cataracte sur uvéite : ne PAS opérer lors d’une poussée inflammatoire, au risque de faire décompenser l’inflammation.
Un cas particulier existe, l’uvéite de Fuchs, tout particulièrement pourvoyeuse de cataracte chez le sujet jeune. Elle se présente comme une uvéite peu symptomatique associée à des épisodes de flou visuel, des poussées de tension oculaire et une décoloration de l’iris. L’opération de la cataracte réduit généralement la fréquence des poussés inflammatoires.

Les chirurgiens de la cataracte de la communauté

Les chirurgiens de la cataracte membres de la communauté Qualidoc sont disponibles pour un rendez-vous de consultation proche de chez vous partout en France.

Questions fréquentes

La cataracte commence à se développer dès l’âge de 50 ans (jaunissement du cristallin) et la moyenne d’âge pour l’opération de la cataracte est de 67 ans. Cependant certains patients développent une cataracte plus précoce, d’autant plus tôt qu’ils présentent des facteurs de risque. Il faut dans ce cas tout de même l’opérer.

Difficile de le prédire. L’évolution de la cataracte est irrégulière. La cataracte corticonucléaire évolue généralement lentement (plusieurs années). Les cataractes secondaires elles peuvent évoluer sur quelques mois.

En l’absence de gène NON. Un début de cataracte non gênant peut attendre. En revanche si vous présentez un inconfort, n’hésitez pas à réaliser l’intervention plutôt que de renouveler vos lunettes.

Oui, il est tout à fait possible de se faire opérer de la cataracte dès l’apparition d’une gêne, même si la meilleure acuité visuelle est à 10/10. Il faudra cependant bien définir avec votre chirurgien quelles sont vos attentes et quelles sont les solutions qu’il pourra vous apporter.

Dr Hugo Bourdon

Auteur invité

Dr Hugo Bourdon

Ophtalmologiste à Paris, le Dr Hugo Bourdon est spécialiste des interventions de cataracte, rétine, glaucome et de chirurgie réfractive. Il exerce au Centre Hospitalier National des 15/20.
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