Le traitement médical du glaucome s’effectue en première intention par la prescription de gouttes (collyres) dont il existe 4 classes. Les prostaglandines, les bétâbloquant, les inhibiteurs de l’anhydrase carbonique et les agonistes alpha adrénergiques. Chaque classe possède ses caractéristiques, bénéfices et des effets secondaires propres. Leur instillation s’effectue une ou deux fois par jour en essayant de limiter au maximum les oublis. Hors chirurgie ou laser c’est un traitement à vie qui ne doit pas être arrêté sans en avertir son ophtalmologue.

Les collyres (gouttes) sont le traitement de 95% des glaucomes
Les collyres permettent de traiter le glaucome

Traitement médical du glaucome en bref

  • Indication : première intention
  • Durée du traitement : à vie
  • Effets secondaires : existants, principalement locaux, selon collyres
  • Prostaglandines : souvent utilisés, peu d’effets indésirables
  • Bêta-Bloquants : contre-indiqué en cas d’asthme, de pathologie cardiaque ou respiratoire
  • Inhibiteurs de l’anhydrase carbonique : diurétique
  • Agonistes alpha-adrénergiques : effets secondaires locaux et généraux
  • Traitements oraux : indiqués en cas de pression très élevée

Les collyres du glaucome

Les collyres du glaucome sont employés pour maintenir la tension intra oculaire la plus basse possible. Ils sont dits hypotonisants et fonctionnent par deux mécanismes : réduction de la sécrétion (humeur aqueuse) et stimulation de son évacuation. Pour être bénéfiques, l’observance doit être maximale : aucun oubli et horaires fixes.

Les médicaments interdits en cas de glaucome

En cas de glaucome à angle ouvert, seuls les corticoïdes constituent une contre-indication relative, car ils élèvent la tension intra oculaire. Parlez-en à votre ophtalmologue.

En cas de glaucome à angle étroit, les médicaments qui dilatent la pupille sont contre-indiqués (sauf avis médical), car ils risquent de provoquer une crise de glaucome aigu. Il s’agit des médicaments à effet « atropiniques » parmi lesquels :

  • Certains psychotropes, comme les anti-dépresseurs tricycliques
  • Certains traitements de l’hypertrophie bénigne de prostate, comme les alpha-bloquants

Les prostaglandines

  • Mécanisme – Les prostaglandines permettent d’augmenter la réabsorption de l’humeur aqueuse afin de baisser la pression intraoculaire.
  • Intérêts principaux – Ils sont souvent utilisés car sont efficaces et donnent peu d’effets indésirables (ou uniquement locaux)
  • Noms commerciaux – Les molécules existantes sont : le Latanoprost, le Travoprost, le Bimatoprost
  • Effets secondaires – Ils sont essentiellement locaux : coloration de l’iris, rougeur oculaire, allongement et épaississement des cils.
  • Posologie – Ils s’instillent une seule fois par jour, de préférence le soir.

Les bêta-bloquants

  • Mécanisme – Les bêta-bloquants permettent de diminuer la sécrétion d’humeur aqueuse.
  • Noms commerciaux – Les molécules utilisées sont le Timolol ou le Betaxolol.
  • Effets secondaires – Ils peuvent passer dans le sang même en cas d’instillation dans l’œil et peuvent ainsi avoir des effets généraux tels que des difficultés à respirer, une fatigue, un essoufflement à l’effort ou des troubles érectiles.
  • Contre-indication – Ils sont contre-indiqués en cas d’asthme, de pathologie cardiaque sévère ou de maladie respiratoire avancée. Contrairement aux prostaglandines, il existe très peu d’effets locaux.
  • Posologie – Ils s’instillent deux fois par jour classiquement et une fois par jour pour les formes à libération prolongée (LP).

Les inhibiteurs de l’anhydrase carbonique

  • Mécanisme – Les inhibiteurs de l’anhydrase carbonique (ou IAC) réduisent la production d’humeur aqueuse dans l’œil.
  • Noms commerciaux – Les molécules utilisées sont le Dorzolamide et le Brinzolamide.
  • Effets secondaires – Les effets secondaires les plus fréquents sont un goût métallique dans la bouche et une augmentation de la diurèse.
  • Posologie – Ils s’instillent deux à trois fois par jour.

Les agonistes alpha-adrénergiques

  • Mécanisme – Les agonistes alpha-adrénergiques réduisent la production d’humeur aqueuse et augmentent son évacuation.
  • Noms commerciaux – Les molécules utilisées sont l’Apraclonidine (durée d’action courte, prescrit pour une courte durée) et la Brimonodine.
  • Effets secondaires – Les effets secondaires les plus fréquents sont des palpitations, une sensation de bouche sèche, une hypertension artérielle, une somnolence, une fatigue ainsi que des rougeurs oculaires avec parfois des conjonctivites et/ou blépharites allergiques importantes.
  • Posologie – Ils s’instillent deux fois par jour.

Comparaison des traitements

ProstaglandinesBêta-bloquantsInhibiteurs de l’anhydraseAgonistes alpha-adrénergiques
Mécanisme d’actionAugmente la résorption d’humeur aqueuse (HA)Diminue la sécrétion d’humeur aqueuse (HA)Diminue la sécrétion d’humeur aqueuse (HA)Augmente la résorption + diminue la sécrétion d’HA
MoléculesLatanoprost / Bimatoprost…Timolol / BetaxololDorzolamide / BrinzolamideApraclonidine / Brimonidine
Effets secondaires Locaux : rougeur, allongement des cils…Généraux : essoufflement, fatigue…Goût métallique, Augmentation diurèseBouche sèche, somnolence, conjonctivite…
Posologie1 goutte/jour2 gouttes/jour (sauf forme LP)2 gouttes/jour2 gouttes/jour
Tableau récapitulatif des différents traitements hypotonisants

Comment bien instiller ses collyres ?

Pour instiller correctement ses collyres hypotonisants il y a quelques règles à respecter :

  • se laver les mains
  • Tirer légèrement la paupière du bas ou basculer la tête en arrière
  • Mettre une goutte dans le cul-de-sac conjonctival ou directement sur l’œil
  • Fermer les paupières quelques secondes
  • Attendre quelques minutes avant d’instiller une autre sorte de collyre

Formes combinées et association de collyres

Pour faciliter l’instillation des collyres et éviter les oublis il existe désormais des associations de collyres anti-glaucomateux. Il s’agit de flacons contenant par exemple : un bêta-bloquant et un inhibiteur de l’anhydrase carbonique, une prostaglandine et un bêta-bloquant ou un inhibiteur de l’anhydrase carbonique et un agoniste alpha-adrénergique…

Il s’administre de la même façon que les formes classiques en une ou deux instillation par jour.

J’ai les yeux rouges à cause des collyres est-ce normal ?

Certains collyres peuvent être plus irritants pour l’œil à la longue ce qui peut causer une rougeur du blanc de l’œil (conjonctive). La plupart du temps ceci est bénin et passager. Si les rougeurs s’accompagnent de brûlures et d’une sensation importante d’inconfort il est parfois nécessaire de modifier le traitement.

Les collyres contenant des conservateurs (molécule antibactérienne) sont davantage irritants pour la surface oculaire que les collyres sans conservateurs.

Les inhibiteurs de l’anhydrase carbonique oraux

Dans certains cas, surtout en cas de pression très élevée, l’ophtalmologue peut prescrire des traitements à prendre par voie orale.

Il s’agit essentiellement de l’Acétazolamide (Diamox®). Sa posologie habituelle est d’un demi-comprimé à un comprimé trois fois par jour. Ce traitement est donné pour des durées allant de quelques jours à plusieurs mois si la pression intraoculaire n’est pas suffisamment équilibrée malgré les collyres.

Il nécessite de prendre des gélules de potassium pendant la durée du traitement afin de ne pas provoquer d’hypokaliémie.

Il est contre-indiqué en cas d’antécédent de calculs rénaux (lithiase urinaire ou rénale).

Les effets secondaires les plus fréquents sont une augmentation de la diurèse, une fatigue, des fourmillements dans les extrémités ainsi que des calculs rénaux.

Les aliments à éviter

Il n’y a pas à proprement parler d’aliments à éviter lorsque l’on a un glaucome. Cependant, la consommation excessive d’alcool est nocive et toxique pour le nerf optique. L’alcool est donc à consommer avec modération.

Aussi, la caféine augmente transitoirement la pression oculaire et il ne faut donc pas en abuser (moins de 4 tasses/jour).

Certaines études ont montré qu’une bonne hygiène de vie basée sur une alimentation équilibrée, riche en fruits et légumes et pauvre en graisses animales, ainsi qu’une activité physique régulière ralentissait l’évolution de la maladie.

Questions fréquentes

Non, le glaucome ne peut pas être guéri. L’ensemble des traitements visent à ralentir et stopper l’évolution de la maladie. On peut toutefois vivre toute sa vie sans que la maladie n’évolue si celle-ci est stabilisée.

En cas de glaucome à angle ouvert, seuls les corticoïdes constituent une contre-indication car ils élèvent la tension intra oculaire.

En cas de glaucome à angle étroit, les médicaments qui dilatent la pupille sont contre-indiqués (sauf avis médical), car ils risquent de provoquer une crise de glaucome aigu. Il s’agit des médicaments à effet « atropiniques » parmi lesquels :

  • Certains psychotropes, comme les anti-dépresseurs tricycliques
  • Certains traitements de l’hypertrophie bénigne de prostate, comme les alpha-bloquants

Le plus important est de mettre quotidiennement les collyres prescrits et d’oublier le moins possible leur instillation. En effet, les variations de la pression intraoculaire sont délétères pour le nerf optique et le champ visuel.

Par ailleurs, des études montrent qu’une alimentation équilibrée et une activité physique régulière aident à ralentir la progression du champ visuel.

La pression intraoculaire est dite normale si elle est inférieure à 21mmhg (millimètres de mercure). Au-delà, il existe un risque accru de glaucome.

Il a été montré qu’une alimentation équilibrée riche en vitamines étaient bénéfique sur la préservation des fibres optiques et sur la dégradation du champ visuel.

Il n’y a pas d’aliments interdits ou à proscrire mais une consommation d’alcool importante et répétée est toxique pour le nerf optique. Par ailleurs, la caféine à forte dose augmente temporairement la pression intraoculaire.

Oui, le glaucome s’il n’est pas soigné ou pris en charge trop tardivement peut conduire à une perte totale de la vue d’un ou les deux yeux (cécité).

Heureusement, pris en charge à temps les cas de cécité restent rares.

Dans l’immense majorité des cas le glaucome est parfaitement asymptomatique jusqu’à un stade avancé. C’est pourquoi il est important de se faire dépister chez un ophtalmologue après 40 ans ou en cas d’antécédents familiaux de glaucome.

Rarement, en cas de pression très élevée l’œil peut être douloureux et la vision floue.

En cas de glaucome avancé et non soigné les premiers symptômes peuvent être une impression de rétrécissement du champ visuel et/ou une vision floue.

Le glaucome est une maladie multifactorielle. Il résulte d’une association d’âge, d’hérédité et de configuration anatomique de l’œil.

Plus rarement, le glaucome est lié à la prise prolongée de médicaments à base de cortisone (ou corticoïdes), on parle alors de glaucome cortisonique.

Parfois, le glaucome est lié à des maladies oculaires comme certaines maladies génétiques ou congénitales.

Le glaucome nécessite d’être opéré quand le champ visuel se dégrade ou que la pression reste insuffisamment contrôlée malgré un traitement par collyre maximal. Parfois, une intolérance majeure ou la contre-indication à certains collyres peut conduire à poser une indication chirurgicale.

Il n’y a pas à proprement parler de glaucome le plus grave. Cependant, les formes de glaucomes peuvent être plus ou moins sévères en fonction du patient et de l’âge de début de la maladie.

Le glaucome est une maladie multifactorielle c’est-à-dire qu’il n’y a pas une seule cause mais plusieurs qui aboutissent à la maladie. La tension intraoculaire est le principal facteur de risque de développer un glaucome, mais d’autres causes peuvent s’y ajouter comme la présence d’un syndrome d’apnée du sommeil ou une fragilité du nerf optique.

Les chirurgiens du glaucome de la communauté QualiDoc sont les ophtalmologues ayant élaboré le contenu du site internet dans cette spécialité. Afin de garantir la fiabilité du contenu médical proposé, l’adhésion des médecins-auteurs est conditionnée par la satisfaction des critères suivants :

  • Formation générale initiale : D.E.S. (diplôme d’étude spécialisé) en ophtalmologie
  • Diplôme complémentaire en chirurgie du glaucome ou apprentissage au cours de l’internat ou du post-internat adapté à la chirurgie du glaucome
  • Volume annuel d’interventions supérieur à 50 (année précédente ou moyenne sur 3 ans)
  • Taux de reprises chirurgicale dans l’année suivant l’opération <1%
  • Honoraires habituellement rencontrés en chirurgie réfractive pour la zone géographique considérée et le niveau de compétences
  • Compétences scientifiques : auteur référencé d’au moins un article sur le réseau Pubmed

Dr Louis Debillon

Auteur

Dr Louis Debillon

Le Dr Louis Debillon est chirurgien ophtalmologue à Paris. Il est spécialiste de la chirurgie de la cataracte, du glaucome et de la rétine
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