Vous êtes myope, hypermétrope, astigmate ou presbyte et souhaitez savoir si vous êtes opérable. Les interventions s’envisagent à partir de l’âge de 20 ans à la condition de présenter une correction stable depuis 3 ans. Il convient également, au cours de la consultation pré-opératoire, de s’assurer de l’absence de contre-indication comme le kératocône, une cornée fine ou une sécheresse oculaire. Seul votre ophtalmologue pourra vous confirmer votre opérabilité et vous orienter vers la méthode la plus pertinente. Explications avec les chirurgiens de la communauté QualiDoc et notre outil conversationnel pour tester votre éligibilité à la chirurgie en ligne.

Bilan pré-opératoire et éligibilité au laser en bref

  • Durée de l’examen : 1 à 2 heures, parfois un second rendez-vous est nécessaire
  • Précautions : travail et conduite impossibles après dilatation durant quelques heures
  • Age minimum pour l’opération : 20 ans
  • Stabilité de la correction pour l’opération : 3 ans
  • Intérrogatoire : détaillé, à la recherche d’une contre-indication
  • Fond d’œil : systématique pour contrôler la vue et éliminer pathologie de rétine
  • Topographie : systématique pour évaluer épaisseur et régularité de la cornée
  • Contres indications : sécheresse oculaire, cornée fine ou irrégulière, kératocône, grossesse en cours…

Mes yeux sont-ils opérables ?

L’opération peut s’envisager à partir de l’âge de 20 ans, à la condition de la stabilité de la correction depuis au moins 3 ans pour éviter le risque de récidive.

La consultation pré-opératoire, effectuée auprès de votre chirurgien, apportera seule une réponse certaine quant à la faisabilité de l’opération pour votre pathologie.

Votre ophtalmologue sondera vos motivations, recherchera une contre-indication, vous examinera, pratiquera une topographie de la cornée et, si l’opération est possible, vous proposera la (ou les) méthode(s) chirurgicale(s) les mieux adaptées à votre défaut de vision.

Bilan et consultation pré-opératoire

La consultation pré-opératoire est un temps essentiel de la préparation de la chirurgie, au cours duquel le chirurgien effectuera un bilan complet pour s’assurer de l’absence de contre-indication opératoire. Importance de la correction, topographies et recueil des antécédents sont autant d’éléments indispensables à l’évaluation de la faisabilité et pertinence d’une intervention sur les yeux. Au cours de la consultation pré-opératoire, le chirurgien vous aidera à définir la méthode chirurgicale la plus adaptée à votre trouble de la vision. Ses conclusions s’établiront sur la base de :

L’interrogatoire :

  • Estimation des motivations et attentes de la chirurgie
  • Recueil des antécédents ophtalmologiques et généraux
  • Recherche d’une prise de médicaments 
  • Evaluation de la pratique sportive et habitudes de vie

L’examen clinique :

  • Mesure de la vue (réfraction)
  • Recherche d’un syndrome sec et d’allergies oculaires par un test à la fluorescéine
  • Réalisation d’un fond d’œil parfois sous cycloplégie sous skiacol (cylcopentolate)

Fond d’œil, cycloplégie et dilatation des pupilles

Qu’est-ce qu’un fond d’œil ?

Le fond d’œil est un examen qui se pratique au cabinet de l’ophtalmologue après dilatation de la pupille. Il nourrit deux objectifs :

  • Un examen de la rétine (le fond d’œil), pour vérifier sa bonne santé, et notamment l’absence de décollement de la rétine ou de déchirure, plus fréquents chez les myopes.
  • Un examen de la vision (la cycloplégie), plus précis après dilatation de la pupille, intéressant pour confirmer le degré de correction exact.

Combien de temps la pupille est-elle dilatée ?

Selon les situations, la dilatation peut être obtenue par deux types de gouttes (collyres), qui seront instillées une heure environ avant l’examen :

  • Mydriaticum (Tropicamide), pour un examen classique. La vision restera floue deux ou trois heures, durée pendant laquelle les pupilles restent dilatées.
  • Skiacol (Cyclopentolate), pour une cycloplégie approfondie. La vision sera floue durant la journée entière.

Comment s’organiser pour un fond d’œil ?

Selon vos préférences et l’organisation de votre chirurgien, le fond d’œil pourra être réalisé le jour de la consultation pré-opératoire ou à l’issue d’une nouvelle consultation. Idéalement, il convient d’anticiper les points suivants :

  • Se munir de lunettes de soleil pour se protéger de l’éblouissement
  • Prévoir un accompagnant pour les trajets, et tout particulièrement la conduite
  • Organiser son travail, la vision restant trouble quelques heures pour un fond d’œil simple sous mydriaticum, la journée entière en cas de cycloplégie sous Skiacol

Les examens paracliniques :

  • Examen topographique de la cornée pour en estimer la régularité et recherche d’une contre-indication au laser
  • Biométrie et microscopie spéculaire, uniquement dans le cas de la pose d’un implant  

Qu’est-ce qu’une topographie cornéenne ?

La topographie cornéenne est un examen évaluant l’épaisseur et la régularité de la cornée. Cet examen est effectué en consultation. Il ne dure que quelques minutes, est parfaitement indolore et évalue :

  • L’épaisseur de la cornée, qui conditionne l’importance du traitement possible : plus elle est épaisse, plus le laser pourra creuser profond sans fragiliser l’œil et corriger un trouble important
  • La régularité de la cornée, qui conditionne la faisabilité du traitement : moins la cornée est régulière, moins elle est naturellement résistante et moins on s’autorisera de traitements risquant de la fragiliser davantage.
  • Une cornée fine ou irrégulière contre-indique SMILE et LASIK
  • Un kératocône frustre contre-indique toute chirurgie (cf kératocone et ses traitements)
Topographie astigmatisme direct
Cornée régulière en topographie : chirurgie possible

Indications à une chirurgie au laser

Quel est le bon moment d’opérer ? Qui opérer ? La pertinence d’une opération dépend de très nombreux paramètres, parmi lesquels le type d’amétropie, son importance et les attentes du candidat à la chirurgie. La compréhension et l’adhésion au projet thérapeutique sont indispensables, puisque c’est au patient que revient finalement la décision d’opérer, selon des bénéfices et risques qui lui auront été exposés. Bien que la discussion tienne avant tout au type d’amétropie présentée (myopie, hypermétropie, astigmatisme ou presbytie), quelques généralités peuvent déjà être exposées.

Quand opérer ? Amétropie stable à partir de 20 ans

Afin de réduire au maximum le risque de régression (récidive du trouble visuel après la chirurgie), il convient de s’assurer de l’absence de progression de la correction au cours des trois années précédant la chirurgie. Est candidat à la chirurgie :

  • Tout patient d’un âge supérieur à 20 ans
  • Présentant une correction stable depuis 3 ans (sauf presbytie qui peut-être opérée avant d’être stabilisée si suffisamment avancée)

Afin d’estimer la stabilité de la correction, il est intéressant de consulter avec d’anciennes corrections ou des ordonnances, y compris datant de plusieurs années.

Quels défauts visuels sont éligibles ?

Les quatre amétropies sont éligibles à la chirurgie :

  • Myopie et astigmatisme sont les amétropies donnant les meilleurs résultats.
  • L’hypermétropie donne également de bons résultats, mais présente une tendance plus marquée à la régression.
  • La presbytie quant à elle est une entité bien particulière basée sur le compromis.

Minimum opérable et pertinence de l’intervention

Il est évident que plus la correction est élevée, plus le handicap et la « dépendance aux lunettes » sont importants. Plus le bénéfice de l’opération est grand, plus facilement on en oublie les effets secondaires parfois associés, comme la sécheresse des yeux ou la perception de halos lumineux. Bien qu’il soit possible de descendre en dessous, la valeur d’une dioptrie environ, qu’il s’agisse de myopie, astigmatisme, hypermétropie ou presbytie, constitue un minimum raisonnable pour envisager l’opération.

Pourquoi opérer ? Ce que la chirurgie apporte

  • Vous ne présentez pas de presbytie – Que vous soyez myope, hypermétrope ou astigmate, le « contrat » est le même : une vie sans lunettes jusqu’à l’âge de la presbytie. Arrivé autour de votre 45ème année il vous faudra certainement porter de nouveau des lunettes en vision de près. Avant cet âge de rares cas requièrent des correction d’appoint et de repos.
  • Vous présentez une presbytie – Qu’il s’agisse d’une presbytie isolée ou associée à une myopie, hypermétropie ou un astigmatisme, le « contrat » est le même : réduire sa dépendance aux lunettes. L’objectif de la chirurgie sera de permettre une vie à 80% sans lunette. Presque toujours, les activités soutenues et prolongées en vision de près (lecture, couture…) ou en vision de loin (conduite, théâtre) requièrent une correction d’appoint.

Contre indications à une chirurgie au laser

Au cours de la consultation pré-opératoire, votre chirurgien s’emploiera à déceler l’absence de contre-indication à la chirurgie. On estime que 20% de la population adulte environ présente une contre-indication à la chirurgie des yeux au laser. L’examen topographique de la cornée est une étape décisive pour s’assurer de la faisabilité de l’opération. En cas de contre-indication au laser, un traitement par pose d’implant pourra se discuter au cas par cas. Voici les principales contre-indications au laser : 

Trouble de la vue trop important

Les amétropies trop importantes ne sont pas accessibles aux traitements par laser. La pose d’un implant pourra être envisagée au cas par cas. non accessible au laser

  • Myopie inférieure à -1,0 dioptrie ou supérieure à -10 dioptries 
  • Hypermétropie inférieure à +1,0 dioptrie ou supérieure à +7 dioptries
  • Astigmatisme supérieur à -6,0 dioptries 
  • Presbytie inférieure à +1,5 dioptries

Epaisseur cornéenne (pachymétrie) insuffisante

Sculpter et creuser la cornée pour en corriger les défauts réduit son épaisseur. Il est nécessaire, pour assurer une résistance minimale et opérer en toute sécurité, de ne pas l’affiner au-delà d’un certain seuil :

  • Une cornée trop fine (<500 microns) contre-indique le LASIK et le RELEX
  • Une cornée dont l’épaisseur après la chirurgie est inférieure à 350 microns (300 microns dans certains cas) contre-indique toute chirurgie au laser

Cornée irrégulière et kératôcone

La topographie cornéenne évalue l’homogénéité de la cornée. Une cornée irrégulière, trop fine ou trop cambrée, peut évoquer un kératôcone authentique ou frustre, maladies de la cornée qui risqueraient d’être aggravées par le traitement. La chirurgie au laser standard est contre-indiquée (traitement topoguidés, anneaux intra-cornéens ou implants parfois envisageables).

Sécheresse oculaire :

Une sécheresse oculaire déjà présente risquerait d’être aggravée par le chirurgie au laser.

  • En cas de sécheresse modérée, une PKR, une PKR transépithéliale ou un RELEX/SMILE peuvent être envisagés après discussion avec votre médecin. Le LASIK doit être systématiquement évité dans ce cas, car d’avantage pourvoyeur de sécheresse.
  • En cas de sécheresse sévère, aucun traitement au laser ne peut être envisagé

Grossesse et chirurgie réfractive

Il est admis que la grossesse, en raison des variations hormonales qu’elle implique, puisse au même titre que le diabète, faire varier transitoirement la vue. Néanmoins, ces oscillations sont transitoires, si bien qu’un projet de grossesse n’est pas une contre-indication à la chirurgie. En revanche, il convient d’éviter d’opérer au cours de la grossesse.

  • Un projet de grossesse contre-indique-t-il une chirurgie réfractive ? Non, un projet de grossesse ne contre indique par une chirurgie réfractive dans la mesure ou les indications sont réunies.
  • Une grossesse en cours contre-indique-t-elle une chirurgie réfractive ? Oui, il n’est pas recommandé d’opérer en cours d’une grossesse en raison des fluctuations visuelles possibles dans ces périodes particulières de la vie.

Pourquoi ne pas opérer ? Ce que la chirurgie n’apporte pas

  • Mieux voir qu’avec les lunettes – La chirurgie n’améliore pas la vision au delà sa capacité maximum avec lunettes ! Elle permet en revanche de se passer de correction pour une vision tout aussi bonne qu’auparavant avec correction optique.
  • Corriger des maladies de l’oeil – La chirurgie réfractive n’améliore pas les troubles visuels autres que myopie, presbytie, astigmatisme et hypermétropie. Elle ne corrige malheureusement aucune autre pathologie : ni glaucome, DMLA, rétinopathie diabétique…
  • Sursoir à la presbytie – Les chirurgies standard de myopie, hypermétropie et astigmatisme ne corrigent pas la presbytie. A l’âge de 45 ans environ, le port d’une correction de près est nécessaire
  • 100% sans lunettes chez les presbytes – En cas de presbytie, la chirurgie réfractive ne permet souvent pas une vie 100% sans lunettes.

Mon trouble de vision est-il opérable ? Selon quelle méthode ?

À chaque trouble visuel revient des possibilités qui lui sont propres, brièvement résumées ici.

Myopie (+/- astigmatisme)

Vous êtes myope, défaut visuel affectant essentiellement votre vision de loin, noté en dioptries négatives sur votre ordonnance de correction. Selon l’importance de votre défaut de vision, les techniques suivantes seront privilégiées :

myopie

Hypermétropie (+/- astigmatisme)

Vous êtes hypermétropie, défaut visuel affectant essentiellement votre vision de près, noté en dioptries positives sur votre ordonnance de correction. Selon l’importance de votre défaut de vision, les techniques suivantes seront privilégiées :

Hypermétropie

Astigmatisme

Vous êtes astigmate, défaut visuel parfois associé à une hypermétropie ou une myopie, affectant la vision de loin et la vision de près. L’astigmatisme est noté entre parenthèses, associé à un axe, en dioptries négatives sur votre ordonnance de correction. Selon l’importance de votre défaut de vision, les techniques suivantes seront privilégiées :

Astigmatisme

Presbytie

Vous êtes presbyte, défaut visuel lié à l’âge affectant essentiellement votre vision de près, noté en dioptries positives sur votre ordonnance de correction, souvent précédé de la mention « add ». Selon un éventuel défaut de vision associé, les techniques suivantes seront privilégiées :

presbytie

Contre-indication LASIK

  • Sports de combat / contact, sécheresse, cornée fine ou irrégulière
    -> PKR, tPKR
    -> RELEX / SMILE dans certains cas

Contre-indication au laser

Éligibilité aux chirurgies LASER

Éligibilité aux chirurgies laser selon le défaut visuel à corriger

MyopieHypermétropieAstigmatismePresbytie
PKR-1 à -6Déconseillé-1 à -4+1 à +3 (bascule)
tPKR-1 à -6Déconseilé-1 à -4+1 à +3 (bascule)
LASIK-1 à -10+1 à +6-1 à -6+1 à +3 (bascule et presbylasik)
SMILE-1 à -10Déconseillé-1 à -6+1 à +3 (bascule)
Eligibilité chirurgies LASER selon amétropie

Éligibilité aux chirurgies laser selon contre-indications

SecheresseCornée fine ou irrégulièreSports de contact
PKRPossiblePossiblePossible
tPKRPossiblePossiblePossible
LASIKDéconseilléDéconseilléDéconseillé
SMILEDéconseilléDéconseilléPossible
Eligibilité chirurgies LASER selon principales contre-indications

Éligibilité aux chirurgies par implant

MyopieHypermétropieAstigmatismePresbytie
ICL – Implants phakesOui, si contre-indication laserOui, si contre-indication laserOui, si contre-indication laserNon proposé
PRELEX – Cristallin clairOui, si presbytieOui, si presbytieOui, si presbytieAlternative aux chirurgies laser
Eligibilité chirurgies par implant selon amétropie

Éligibilité à la chirurgie réfractive : tableau récapitulatif

Quelle chirurgie pour ma vue
Quelle chirurgie pour ma vue ?

Trouver un chirurgien réfractif pour un bilan opératoire

Les chirurgiens ophtalmologues de la communauté Qualidoc se tiennent disponibles pour la réalisation de bilans pré-opératoires en vue d’une chirurgie réfractive.

Dr Romain Jaillant

Auteur invité

Dr Romain Jaillant

Ophtalmologiste à Paris, le Dr Jaillant est spécialiste des interventions de cataracte, rétine et de chirurgie réfractive. Il exerce au Centre Ophtalmologique Paris 17 - SOS Oeil.
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