La membrane épirétinienne est une maladie de l’œil liée à l’apparition d’une fine peau au centre de la rétine, sur la zone appelée macula (également dite fovéa). La macula est la portion de la rétine permettant d’analyser les images de manière précise. La formation d’une pellicule sur celle-ci peut être sans conséquences ou responsable d’un plissement de la macula entraînant des troubles de la vision. Les symptômes visuels débutent par une déformation des lignes qui apparaissent ondulées (métamorphopsies) et s’associent à une baisse de vision réalisant un « syndrome maculaire ». Si certains patients sollicitent des remèdes naturels, l’unique traitement efficace de cette affection reste la chirurgie qui est avant tout réalisée pour stopper l’évolution de la maladie. L’opération consiste à peler la membrane au cours d’une vitrectomie. Indolore, le geste dure environ 30 minutes, se déroule en chirurgie ambulatoire et sous anesthésie locale. La récupération visuelle, partielle ou totale, prend 1 à 3 mois environ.

opération membrane epi retinienne
Vitrectomie pour membrane épirétinienne – Source AAO

La membrane épirétinienne et sa chirurgie

La membrane en bref

  • Définition : fine couche de cellules se contractant et plissant la macula
  • Symptômes : déformation des lignes & baisse de vision
  • Causes : âge, inflammation
  • Evolution : lente (mois)
  • Diagnostic : fond d’œil et OCT
  • Traitement : chirurgical uniquement

L’opération en bref

  • Nom complet : vitrectomie + pelage
  • Degré d’urgence : faible ( < 3 mois)
  • Hospitalisation : ambulatoire
  • Jeune à respecter : oui
  • Anesthésie : locale par péribulbaire
  • Durée : 20 à 40 minutes.
  • Suites opératoires : œil rouge 7 à 10 jours
  • Douleurs postopératoires : légères, 3 à 7 jours.
  • Arrêt de travail et reprise conduite : 15 à 21 jours
  • Récupération visuelle : partielle ou totale sous 3 mois
  • Traitement postopératoire : collyres + antidouleurs
  • Complications : infection, récupération médiocre, décollement de rétine

Qu’est-ce qu’une membrane épirétinienne ?

La définition d’une membrane épimaculaire (épirétinienne) est la présence d’une fine couche de cellules poussant sur la macula (portion de la rétine centrale servant à la vision précise). Quand la membrane se contracte sur la rétine, celle-ci vient plisser la macula au risque de déformer la vision.
La vision est donc comparable à une photo prise avec une pellicule froissée & déformée, les lignes et les images sont ondulées, on parle de métamorphopsies et les images de taille différente entre les 2 yeux (micropsies et macropsies).
Il s’agit de la pathologie rétinienne chirurgicale la plus fréquente. On observe une membrane épirétinienne chez 10% des patients de plus 70 ans mais son indication chirurgicale n’est heureusement pas systématique en l’absence de troubles visuels.
Le mécanisme de formation des membranes épirétiniennes reste discuté. Le processus le plus probable est la repousse anormale de cellules présentes à la face interne (superficielle) de la rétine dans les suites du décollement postérieur du vitré.

Membrane épirétinienne
Membrane épirétinienne
Source AAO

Causes d’une membrane épirétiniennes

Les membranes épirétiniennes sont le plus souvent la conséquence du décollement postérieur du vitré. On parle de membrane épirétinienne primaire. Parfois d’autres facteurs déclenchant peuvent être retrouvés, on parle dans ce cas de membrane épirétinienne secondaire.
Les causes de membrane secondaire sont :

  • Post vitrectomie pour décollement de rétine ou hémorragie du vitré.
  • Les inflammations oculaires : uvéites.
  • Les occlusions veineuses rétiniennes.
  • Les œdèmes maculaires chroniques.
  • La drépanocytose.

Symptômes & manifestations d’une membrane épirétinienne

La membrane plisse la macula, qui par analogie avec un appareil photo est le capteur (pellicule) de l’œil. C’est ce plissement de la macula qui vient à sont tour plisser et déformer la vision, on parle de syndrome maculaire. Ainsi on retrouve :

  • La baisse de vision
  • Les métamorphopsies (déformation des lignes)
  • les macropsies ou micropsies (augmentation ou diminution de la taille des images).
Grille d'amsler normale
Image normale
Grille d'Amsler : métamorphopsies
Métamorphopsies
Grille d'Amsler : macropsie
Macropsie

Évolution d’une membrane

La membrane épirétinienne a tendance à s’épaissir et rétracter la rétine lentement, altérant progressivement la vision en quelques mois. Il n’est malheureusement pas possible de ralentir l’évolution des membranes épirétiniennes, encore moins de les faire disparaître sans intervention.
Seule la chirurgie permet de la retirer et résorber en tout ou partie les symptômes visuels. En l’absence de gène, un suivi en consultation permet de voir la vitesse d’évolution de la membrane.

Diagnostic et examens complémentaires

Le bilan ophtalmologique de la membrane épimaculaire ainsi que le bilan préopératoire sont au cabinet d’ophtalmologie. La consultation est décomposée de la manière suivante :

  • Mesure de l’acuité visuelle et recherche de métamorphopsies (lignes déformées)
  • Examen en lampe à fente : analyse de la cornée et du cristallin
  • Fond d’œil : présence d’un reflet cellophane sur la macula
  • OCT : présence d’une pellicule sur la rétine déformant les couches de la macula
Schéma de fond d'œil d'une membrane épirétinienne
Reflet cellophane
Tomographie par cohérence optique (OCT) d'une membrane épirétinienne
Pellicule et épaississement de la macula

Traitement médical d’une membrane épirétinienne

Bien que la recherche évolue, il n’existe pas encore de gouttes ou de médicament permettant de faire régresser une membrane épirétinienne, son traitement est donc uniquement chirurgical.

Opération d’une membrane épirétinienne

L’opération de membrane épirétinienne consiste à retirer la membrane au travers de 3 incisions de la taille d’une tête d’épingle.
L’opération se déroule en chirurgie ambulatoire, au bloc opératoire. Il est donc nécessaire d’être à jeun.
L’anesthésie est locale (péribulbaire) afin de bloquer les mouvements involontaires de l’œil et rendre l’intervention indolore.
Le geste dure en moyenne 30 minutes.

opération membrane epi retinienne
Opération de membrane épirétinienne

Les étapes précédant l’opération

L’intervention se déroule au bloc opératoire. Le patient est amené de sa chambre à la salle de préparation par un brancardier, avant d’être pris en charge par une infirmière anesthésiste (IADE) de concert avec l’anesthésiste, puis par l’infirmière de bloc (IBODE) qui prépare le patient pour le chirurgien.

À l’arrivée à la clinique, le patient réalise son admission. Il s’agit de vérifier les données administratives : identité, sécurité sociale & mutuelle.

Le patient est ensuite accompagné en chambre simple ou commune, les chirurgies ophtalmologiques ne nécessitant généralement que peu de temps de repos postopératoire.

L’infirmière d’ambulatoire réalise les premières vérifications : identité, nature de l’intervention, coté opéré, absence d’évènement récent (rhume, conjonctivite,…). Ces vérifications seront réalisées à de multiples reprises avant l’intervention afin de prévenir toute erreur médicale.

Elle invite ensuite le patient à se changer et à revêtir un pyjama de bloc opératoire.

Des collyres anesthésiques et mydriatiques (dilatant la pupille) sont instillés afin de préparer l’œil à l’intervention.

En fonction de l’organisation des blocs, la préparation et la réalisation de l’anesthésie locale (péribulbaire) se font le plus souvent en salle de préparation, adjacente à la salle de bloc opératoire.

  • Le patient est amené jusqu’au bloc opératoire par le brancardier, avant d’être installé sur un brancard spécialement dédié à l’ophtalmologie. Il dispose d’un appuie-tête enveloppant permettant de limiter les mouvements de tête tout en restant confortable.
  • L’accueil est réalisé par l’infirmière anesthésiste qui réalise de nouvelles vérifications (identité, coté, nature de l’intervention).
  • Une perfusion et des éléments de surveillance (électrodes et brassard à tension) sont ensuite installés.
  • Des collyres anesthésiques sont instillés et l’anesthésiste est appelé afin de réaliser l’anesthésie péribulbaire.

L’anesthésie péribulbaire met 5 à 10 minutes à diffuser et agir correctement, elle est donc le plus souvent réalisée en salle de préparation par l’anesthésiste aidé de son infirmière (IADE).

  • Un produit destiné à détendre le patient est injecté, diminuant la sensation d’anxiété et de douleur.
  • L’anesthésiste procède ensuite à l’anesthésie péri oculaire : un produit anesthésiant (Carbocaïne et/ou Naropeïne) est instillé autour du globe oculaire empêchant les douleurs et les mouvements de l’œil.
  • En fonction des habitudes de l’anesthésiste, une compression est fréquement posée sur l’œil afin d’aider le produit anesthésique à diffuser autour du globe.

Une fois l’anesthésie réalisée place a l’intervention. Le transfert en salle d’opération se réalise sur le brancard. L’intervention dure environ 30 minutes.

  • La tête est fixée à l’aide d’un sparadrap pour éviter les mouvements.
  • L’œil et le visage sont désinfectés à la bétadine® ophtalmique. Du fait de l’anesthésie, cette étape est indolore.
  • Un champ stérile est installé afin de couvrir le visage en laissant l’œil libre.
  • Mise en place du blépharostat (insert permettant de garder les paupières ouvertes sans clignement).

Les étapes de l’opération

Une fois installé & préparé, l’intervention peut démarrer. L’opération dure environ 30 minutes.

Trois trocarts sont insérés à 4mm du limbe afin d’accéder à la rétine :

  • Le plus bas sert au terminal d’infusion, il permet de compenser la pression oculaire.
  • Les 2 trocarts supérieurs permettent de passer les instruments : le vitréotome et la lumière.

Afin d’accéder à la rétine, il faut retirer le gel présent devant : le vitré.

  • Une lentille est posée sur l’œil, elle permet de voir à travers la pupille.
  • Une lumière est installée au travers d’un des trocarts pour éclairer le vitré et la rétine.
  • Au travers du dernier trocart, le vitré est aspiré à l’aide d’un microaspirateur coupant à haute fréquence : le vitréotome.

La membrane épirétinienne est colorée à l’aide d’un colorant bleu riche en lutéine afin de protéger la macula et les photorécepteurs.

La membrane est pelée à l’aide d’une pince microscopique. Il s’agit de l’étape la plus délicate de l’intervention.

  • La pince de Grieshaber est utilisée afin de saisir la membrane.
  • De proche en proche, la membrane est ensuite retirée afin de libérer la macula.

Une fois la membrane retirée, l’intervention se termine

  • Le chirurgien éclaire l’ensemble de la rétine afin de vérifier l’absence de déchirure.
  • Le contenu de l’œil est ensuite remplacé par de l’air filtré afin d’assécher la rétine et faciliter la cicatrisation.
  • L’air partira tout seul en 5 à 7 jours pour être remplacé par un pseudo-vitré sécrété par l’œil.
  • En fin d’intervention les 3 trocarts sont retirés.
  • Les incisions étant extrêmement fines, il n’y a que très rarement besoin de suture. On parle d’incisions auto-étanches.
  • Une pommade antibiotique et anti-inflammatoire est instillée
  • Un pansement en coton et une coque transparente sont placés sur l’œil. Ils seront retirés le lendemain.

Opération de membrane épirétinienne – En bref

  • Urgence : non
  • Hospitalisation : ambulatoire
  • Jeun à respecter : oui
  • Anesthésie : consultation préalable & anesthésie péribulbaire
  • Technique opératoire : vitrectomie + pelage de la membrane
  • Taponnement postopératoire : optionnel par air
  • Suites opératoires : absence de vision pendant le tamponnement, disparition du tamponnement en 1 semaine
  • Récupération : récupération totale ou partielle sous 1 à 3 mois
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Membrane épirétinienne – vue du chirurgien
Membrane épirétinienne : chronologie des étapes pré- et postopératoires
Chronologie des étapes pré- et postopératoires

Bien se comporter durant l’opération de membrane épirétinienne

L’opération est parfaitement indolore. Le front est engourdi par l’anesthésie et seul un balai d’ombres et lumières est visible. Il est important de ne pas bouger, y compris si vous voyez l’ombre des instruments… ce qui est parfois délicat 😉 Les principales consignes à respecter durant l’opération sont les suivantes :

  • Ne pas bouger, ne pas remuer la tête
  • Garder les bras le long du corps, ne pas se gratter le visage.
  • Ne pas interpeller ni faire la conversation au chirurgien.
  • Avoir des pensées douces & agréables.
  • Prévenir doucement en cas de quinte de toux

Comparaison opération de la cataracte et de la membrane

Contrairement à l’opération de la cataracte qui est largement répandue, l’opération des membranes épirétiniennes est sensiblement différente !

Membrane épirétinienneCataracte
AnesthésiePéribulbaire (tout le globe)Topique (gouttes)
Durée opératoire25-30 minutes10-15 minutes
Vision le lendemainVoile opaque (main qui bouge)Vision claire
Vitesse de récupération1 à 3 mois1 à 7 jours
Récupération visuelle– 30 % totale
– 30% partielle
– 30% stabilisation de la maladie
Totale en l’absence de pathologie sous-jacente (glaucome, DMLA,…)
Comparaison cataracte / membrane épirétinienne

Quand se faire opérer de membrane ?

Ai-je besoin d’être opéré ? Est-ce le bon moment d’opérer ? La décision de vitrectomie pour membrane épirétinienne repose sur le retentissement visuel, l’OCT et parfois l’évolutivité. Comprendre et adhérer au projet thérapeutique est indispensable, puisque c’est au patient que revient la décision finale d’opérer ou non.

Les arguments en faveur de l’intervention sont :

  • Une gêne visuelle
    • La présence de métamorphopsies, de micropsies ou de macropsies, d’autant plus que les symptômes sont évolutifs est un argument en faveur d’une intervention.
  • Une baisse de vision
    • L’intensité de la baisse de vision, notamment en vision de près est un facteur motivant l’intervention. Dans le cadre des membranes épimaculaires, attendre une acuité visuelle trop basse est un facteur de mauvais pronostique. En effet, les acuités visuelles préopératoires trop basses ont tendance à moins bien récupérer.
  • L’OCT
    • La présence d’une augmentation de l’épaisseur rétinienne, la perte de la dépression fovéolaire, les perturbations des différentes couches de la rétine sont les principaux facteurs motivant l’intervention.

À noter, l’intervention n’est qu’exceptionnellement une urgence chirurgicale. Elle peut être différée de plusieurs semaines et même mois si besoin afin d’être dans les meilleures dispositions.

Contre-indications opératoires et inéligibilité

La consultation préopératoire est une étape clé de la programmation de l’intervention. Le chirurgien s’emploie à déceler l’absence de contre-indications à la chirurgie. L’interrogatoire et l’examen clinique sont les étapes clés.

  • Infection oculaire
    Toute infection oculaire ou de paupière active : conjonctivite, kératite infectieuse, … doit conduire au report de l’intervention. En effet un risque de dissémination intraoculaire est présent.
  • Instabilité physique
    L’intervention nécessite de rester allongé de manière stable sur le dos durant 30 minutes. En cas d’incapacité à rester à plat dos sous anesthésie locale : insuffisance cardiaque et respiratoire, douleurs chroniques, troubles psychiques, … il vaut mieux privilégier une anesthésie générale ou surseoir à l’intervention.

Bénéfices, risques et effets secondaires de la chirurgie de membrane épirétinienne

Il n’y a pas d’opération bénigne. La décision d’opérer relève d’une estimation de la balance bénéfices / risques. Peser le pour et le contre afin de décider d’intervenir ou non. Le choix d’une intervention doit demeurer une décision personnelle qui suppose d’en avoir compris les enjeux clairement expliqués par le chirurgien.

Il est à noter que dans le cadre des opérations de membrane, le chirurgien parle toujours en meilleure vision corrigée. C’est-à-dire la meilleure vision pouvant être atteinte AVEC les meilleures lunettes possibles. À ce titre quand le chirurgien parle de baisse d’acuité, ou de récupération visuelle partielle, il a déjà anticipé que cela serait avec la meilleure paire de lunettes possible (on parle de meilleure acuité visuelle corrigée ou d’acuité visuelle non améliorable).

Balance bénéfices risques de la chirurgie de membrane épirétinienne

  • Ce que la chirurgie apporte
    • La chirurgie a toujours pour premier objectif d’empêcher l’aggravation de la maladie. Dans le cas des membranes, 30% des patients présentent une récupération complète, 30% une récupération partielle et 30% sont stabilisés par l’intervention.
  • Ce que la chirurgie n’apporte pas
    • Mieux voir sans lunettes : Si l’on devait comparer l’œil à un appareil photo, la chirurgie des membranes est une chirurgie du capteur de l’œil (la rétine), elle ne se concentre pas sur l’objectif de l’œil (la cornée et le cristallin) qui sont les seuls organes pouvant être corrigés par les lunettes. De fait les interventions ne cherchent pas à mieux voir sans lunettes.
    • Une récupération immédiate : La récupération en cas de membrane épirétinienne est d’autant plus lente que la baisse de vision initiale et l’épaisseur rétinienne préopératoire étaient importantes.

Effets secondaires de la chirurgie de membrane épirétinienne

Cette partie se concentre sur les effets secondaires de la chirurgie vitréo-rétinienne que l’on peut qualifier de fréquents. Il s’agit de conséquences de l’intervention, généralement non graves, mais suffisamment courantes pour en être informé et se préparer à les affronter. Leur intensité est variable selon les patients, il convient de les accepter : opter pour l’intervention signifie que la perspective des bénéfices (améliorer la vision) l’emporte sur celle de ces « inconvénients ».

  • Baisse de vision transitoire
    • C’est une subtilité très importante de la chirurgie de rétine. Afin d’appuyer sur la rétine et permettre une cicatrisation correcte, un tamponnement par air est régulièrement utilisé. À ce titre vous ne verrez rien immédiatement après l’intervention (à peine une main qui bouge).
    • La vision va se dégager de haut en bas au fur et à mesure que l’air se dissipe tout seul de l’œil.
    • La disparition de l’air dure en moyenne 6 jours.
  • Cataracte secondaire
    • La cataracte post vitrectomie survient le plus souvent dans les 3 ans suivant l’intervention. Plus le cristallin était opacifié en préopératoire, plus celle-ci se développe rapidement.
    • Le développement de la cataracte secondaire est cependant moins important lors de la chirurgie de membrane épirétinienne que dans les autres chirurgies de rétine.
    • Cependant si vous avez déjà été opéré de la cataracte, il n’est pas possible de développer une nouvelle cataracte secondaire.
  • Hypertonie oculaire
    • Chaque œil réagit de manière différente aux interventions de rétine. La présence d’un tamponnement par air, permet de réguler les tensions oculaires postopératoires.
    • Lors des chirurgies de membrane le risque est cependant moins important que lors des interventions du décollement de rétine.
  • Rougeur et prurit
    • Les interventions de la rétine laissent régulièrement une rougeur de l’œil et une sensation de corps étranger. Parfois impressionnante, la rougeur est toujours bénigne.
  • Rebond inflammatoire
    • Toute opération entraîne une inflammation oculaire calmée par les collyres prescrits après l’intervention. À l’arrêt des collyres certains patients présentent un rebond de l’inflammation.
    • Une reprise des traitements anti-inflammatoires avec une décroissance douce est dans ce cas nécessaire.

Les complications de la chirurgie de membrane épirétinienne

Au contraire des effets secondaires évoqués au paragraphe précédent, les complications de la chirurgie de membrane sont beaucoup plus rares mains d’une gravité supérieure. Rares et non anticipables, ces incidents demeurent néanmoins possibles. Il peut s’agir de fragilités, d’inflammations… répondant habituellement bien aux traitements. Malheureusement de rares cas de réduction de la vision après une chirurgie de rétine surviennent.

Il est important de noter que les complications de la chirurgie de la rétine sont plus fréquentes qu’en chirurgie de la cataracte mais demeurent nettement inférieures aux autres chirurgies de routine des autres spécialités (digestive, orthopédique,…)

Les complications sont ici classées par ordre de fréquence et de gravité.

  • Décollement de rétine :
    • Environ 1/100, il est favorisé en cas de déchirure peropératoire, de myopie forte ou d’absence de décollement du vitré préalable à l’intervention.
    • Une intervention en urgence (vitrectomie) est indispensable afin de sauver l’œil. Il s’agit d’une complication rare mais grave en l’absence de prise en charge.
  • Récidive de membrane :
    • Rarissime en cas de chirurgie de membrane. Il correspond à une repousse anormale d’une couche de la rétine appelée limitante interne si celle-ci n’a pas été emportée lors de l’intervention du pelage de la membrane. Il faut dans ce cas réintervenir afin de peler cette couche.
  • Œdème maculaire :
    • 1/100 chez le patient sain et 3/100 chez les patients diabétiques. Aussi appelé Irvin Gass l’œdème apparaît 1 à 3 mois après l’intervention. Il est plus rare lorsque la limitante a été pelée.
    • Il est traité de manière graduelle par des gouttes et des cachets, des injections péri-oculaires voir intraoculaires en cas de résistance. La gravité de cette complication est considérée comme légère.
  • Endophtalmie :
    • De 1/5 000 à 1/10 000, il s’agit d’une infection grave de l’œil. Rarissime, l’endophtalmie est prévenue par le strict respect des règles d’hygiène au bloc opératoire, l’instillation intraoculaire d’un antibiotique en fin d’intervention et les soins (antibiotiques) et consignes postopératoires.

Suites opératoires et convalescence

Suites opératoires : récupération, convalescence et douleurs

  • L’intervention est non douloureuse. Contrairement à la cataracte, le patient ne voit le plus souvent rien (à peine une main qui bouge) après l’intervention.
  • La vision revient progressivement de haut en bas comme un niveau progressif en 6 jours en moyenne.
  • La gêne visuelle et les douleurs permettent une reprise du travail 10 à 15 jours après l’intervention.
  • Le port de charges lourdes ( >15 kg) est déconseillé les 10 jours suivant l’intervention.

Disparition du tamponnement

Disparition du tamponnement par gaz
Disparition progressive du tamponnement en 5 à 8 jours. La vision revient de haut en bas.

Soins postopératoires

Les principaux médicaments administrés après l’opération sont des collyres (gouttes) anti-inflammatoires & antibiotiques.

  • Collyres – Antibiotiques et anti-inflammatoires.
    • Exemple : Chibrocadron 1 goutte 3 fois par jour pendant 1 mois
    • Hygiène des mains irréprochable lavées à l’eau et au savon avant chaque soin.
    • Le flacon ne doit pas entrer en contact avec l’œil.
    • Il est préférable de laisser un intervalle de 3 à 5 minutes entre chaque instillation de collyre.
  • Coque – A porter la nuit pour éviter les frottements oculaires pendant 1 semaine. De façon générale, éviter de porter les mains aux yeux.
  • Positionnement – Il n’y a normalement pas de positionnement en postopératoire d’une opération de membrane.
  • Antalgiques par voie orale – Ils sont prescrits systématiquement mais à utiliser uniquement en car de douleur.
  • Arrêt de travail – Un arrêt de travail d’environ 15 jours est prescrit. En cas de métier en conditions non salubres ou conduite automobile, un arrêt de 1 mois est préférable.

Recommandations postopératoires

  • Frottements oculaires – Tout contact avec les yeux est proscrit, en particulier la première semaine suivant l’intervention
  • Baignade – L’immersion est proscrite durant 4 semaines environ. Le ruissellement d’eau, les yeux fermés, est possible après quelques jours.
  • Sport – La reprise du sport doux est possible après 15 jours (vélo d’appartement, rameur,…) et un mois pour les sports intenses ou en immersion (musculation, running, natation,…).
  • Écrans – La reprise d’une activité sur écran bien qu’inconfortable est possible dès le lendemain.
  • Maquillage – Il est recommandé de l’éviter le premier mois.
  • Positionnement – Il n’y a normalement pas de positionnement en postopératoire d’une opération de membrane.
  • Exposition solaire – Les verres solaires sont recommandés durant le premier mois en cas d’exposition solaire, pour réduire la gêne occasionnée.

En cas de difficultés, il est indispensable de contacter votre chirurgien au plus vite.

Récupération postopératoire

Contrairement à l’opération à l’opération de la cataracte, la récupération des membranes épirétiniennes est plus lente.
Il faut considérer que 30% des patients seront nettement améliorés ; 30% seront partiellement améliorés et 30% empêcheront juste la maladie d’évoluer.
Le maximum de récupération est le plus souvent atteint entre le 1er et le 3ème mois suivant l’intervention.

Les chirurgiens de la membrane épirétinienne de la communauté

Les chirurgiens de la rétine membres de la communauté Qualidoc sont disponibles pour un rendez-vous de consultation proche de chez vous partout en France.

Questions fréquentes

L’opération de membrane épirétinienne est prise en charge en tout ou partie par la sécurité sociale et la mutuelle. Les frais non pris en charge sont appelés reste à charge.
À l’hôpital il s’agit d’un forfait global de 2633,58 € comprenant la rémunération de l’hôpital, du chirurgien et de l’anesthésiste, et majorés de 20% au titre de la formation des internes.
En clinique les frais sont scindés :

  • Forfait clinique : 1209,95€
  • Honoraires du chirurgien : 271,70 €
  • Honoraires de l’anesthésiste : 48 €

À l’hôpital (opération en privé) comme en clinique peuvent s’ajouter les compléments d’honoraires et frais de confort :

  • Complément d’honoraire du chirurgien : variables
  • Complement d’honoraire de l’anesthésiste : variables
  • Frais d’hôtellerie : variables

Pour toute intervention chirurgicale en France, un forfait hospitalier de 20 € est demandé, non pris en charge par la sécurité sociale et la mutuelle.

Oui. La vitrectomie pour membrane épirétinienne est remboursée par la sécurité sociale. 70% du tarif définit par la sécurité sociale est pris en charge par celle-ci. Les 30% restants sont à la charge de la mutuelle.

Oui, l’opération de membrane épirétinienne est remboursée par la mutuelle à hauteur de 30 % du tarif sécurité sociale ainsi que tout ou partie des compléments d’honoraire du chirurgien et de l’anesthésiste.

Chaque mutuelle propose ses propres conditions et ses propres contrats. Des comparateurs de prix existent sur internet.

La vision avec une membrane épirétinienne peut être parfaitement normale si la macula n’est pas plissée. En cas de contraction de la membrane et plissement de la macula, les lignes se déforment (métamorphopsies) et les images peuvent apparaître de taille différente (micropsies et macropsies).

Non, contrairement aux idées reçues l’opération de la rétine est réalisée avec un vitréotome. Il s’agit d’une chirurgie manuelle.

Il est nécessaire d’opérer une membrane épirétinienne lorsque celle-ci trouble la vision, c’est-à-dire quand le patient présente une déformation des images ou si la membrane est évolutive (la macula se contracte).
En l’absence de symptômes l’abstention thérapeutique est de mise.

La disparition de l’air en cas d’opération de membrane épirétinienne se fait au bout d’environ 6 jours (4 à 8).

La récupération visuelle est quant à elle plus lente, de l’ordre de 1 à 3 mois.

La récupération des membranes épirétiniennes peut être résumée de la façon suivante :

  • 1/3 de récupération totale sans séquelles
  • 1/3 d’amélioration avec récupération partielle
  • 1/3 de stabilisation de la maladie

Non, il n’existe malheureusement pas de traitement médical ou homéopathique. Seule la chirurgie permet de retirer les membranes épirétiniennes. Aucun cas de régression spontanée n’a été décrit.

Non, l’apparition d’une cataracte post-membrane épirétinienne n’est pas systématique. Cependant en cas de cataracte préopératoire débutante, sa survenue est plus fréquente.

Non, la chirurgie est indolore, l’anesthésie réalisée permet d’éviter toute douleur. Le patient ressent uniquement les mains du chirurgien sur le front. Un complément de sédation par l’anesthésiste pourra être effectué en cas d’anxiété.

En postopératoire l’œil peut être rouge, gratter, mais il ne doit pas y avoir de douleur non soulagée par le paracétamol (Doliprane) ou insomniante (empêchant de dormir).

Le temps opératoire d’une chirurgie de membrane est de l’ordre de 15-30 minutes.

Toute opération intraoculaire de rétine commence par une vitrectomie. En effet, le vitré est composé d’eau et de fibres de collagène. Ces fibres de collagène entraînent des tractions sur la rétine si elles ne sont pas retirées en début d’intervention. Une fois le vitré retiré, il est possible de retirer la membrane. Un néovitré artificiel repoussera à la disparition du tamponnement.

La tête est maintenue dans un appuie-tête et fixée par un sparadrap durant l’intervention. Les mouvements involontaires ne sont pas possibles. En cas d’anxiété entraînant un tremblement, l’anesthésiste augmente la sédation.

Oui et non. L’œil non opéré est masqué par le champ opératoire. L’œil opéré, quant à lui, est éclairé par une lumière très éblouissante qui ne permet pas de percevoir normalement les choses. Les ombres des instruments sont parfois perçues.

Non, les interventions de la membrane sont habituellement unilatérales (œil par œil). En effet la présence d’air empêche une vision correcte, on attend que le tamponnement d’un œil soit terminé pour prendre en charge le second.

Non. La chirurgie de membrane se pratique en ambulatoire. Compte tenu de la sédation par l’anesthésiste, les opérations se déroulent en chirurgie ambulatoire afin de récupérer 2 à 3 heures après l’intervention.

Informations utiles, documents et administratif

Consentements

Consentement – Membrane épirétinienne

Recommandations officielles émises par la SFO (société française d’ophtalmologie) concernant la chirurgie de membrane épirétinienne.
Dr Hugo Bourdon

Auteur invité

Dr Hugo Bourdon

Ophtalmologiste à Paris, le Dr Hugo Bourdon est spécialiste des interventions de cataracte, rétine, glaucome et de chirurgie réfractive. Il exerce au Centre Hospitalier National des 15/20.
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