La membrane épirétinienne est une maladie de l’œil. Elle correspond à l’apparition d’une fine peau au centre de la rétine, sur la zone appelée macula (également dite fovéa). Cette zone, la macula, permet d’analyser les images de manière précise. Les symptômes visuels débutent par une déformation des lignes qui apparaissent ondulées (métamorphopsies) associé à une baisse de vision appelé « syndrome maculaire« . Le traitement, chirurgical, consiste à peler la membrane au cours d’une vitrectomie. Indolore, l’opération dure environ 30 minutes, se déroule en chirurgie ambulatoire et sous anesthésie locale. La récupération visuelle, partielle ou totale, prend 1 à 3 mois environ.

membrane épirétinienne
Membrane épirétinienne
Source AAO

La membrane épirétinienne en bref

  • Définition : fine couche de cellules se contractant et plissant la macula
  • Symptômes : déformation des lignes & baisse de vision
  • Causes : âge, inflammation
  • Evolution : lente (mois)
  • Diagnostic : fond d’œil et OCT
  • Traitement : chirurgical uniquement

Qu’est-ce qu’une membrane épirétinienne ?

La définition d’une membrane épimaculaire (épirétinienne) est la présence d’une fine couche de cellules poussant sur la macula (portion de la rétine centrale servant à la vision précise). Quand la membrane se contracte sur la rétine, celle-ci vient plisser la macula au risque de déformer la vision.
La vision est donc comparable à une photo prise avec une pellicule froissée & déformée, les lignes et les images sont ondulées, on parle de métamorphopsies. Les images peuvent aussi prendre une taille différente entre les 2 yeux (micropsies et macropsies).
Il s’agit de la pathologie rétinienne chirurgicale la plus fréquente. On observe une membrane épirétinienne chez 10% des patients de plus 70 ans mais son indication chirurgicale n’est heureusement pas systématique en l’absence de troubles visuels.
Le mécanisme de formation des membranes épirétiniennes reste discuté. Le processus le plus probable est la repousse anormale de cellules présentes à la face interne (superficielle) de la rétine dans les suites du décollement postérieur du vitré.

Causes d’une membrane épirétiniennes

Les membranes épirétiniennes sont le plus souvent la conséquence du décollement postérieur du vitré. On parle de membrane épirétinienne primaire. Parfois d’autres facteurs déclenchant peuvent être retrouvés, on parle dans ce cas de membrane épirétinienne secondaire.

Les causes de membrane secondaire sont :

  • Post vitrectomie pour décollement de rétine ou hémorragie du vitré.
  • Les inflammations oculaires : uvéites.
  • Les occlusions veineuses rétiniennes.
  • Les œdèmes maculaires chroniques.
  • La drépanocytose.
décollement du vitré dpv
Décollement du vitré – DPV Source AAO

Symptômes & manifestations d’une membrane épirétinienne

La membrane plisse la macula, qui par analogie avec un appareil photo est le capteur (pellicule) de l’œil. C’est ce plissement de la macula qui vient à sont tour plisser et déformer la vision, on parle de syndrome maculaire. Ainsi on retrouve :

  • La baisse de vision
  • Les métamorphopsies (déformation des lignes)
  • les macropsies ou micropsies (augmentation ou diminution de la taille des images).
Grille d'amsler normale
Image normale
Grille d'Amsler : métamorphopsies
Métamorphopsies
Grille d'Amsler : macropsie
Macropsie

Évolution d’une membrane

La membrane épirétinienne a tendance à s’épaissir et rétracter la rétine lentement, altérant progressivement la vision en quelques mois. Il n’est malheureusement pas possible de ralentir l’évolution des membranes épirétiniennes, encore moins de les faire disparaître sans intervention.
Seule la chirurgie permet de la retirer et résorber en tout ou partie les symptômes visuels. En l’absence de gène, un suivi en consultation permet de voir la vitesse d’évolution de la membrane.

Diagnostic et examens complémentaires

Le bilan ophtalmologique de la membrane épimaculaire ainsi que le bilan préopératoire sont au cabinet d’ophtalmologie. La consultation est décomposée de la manière suivante :

  • Mesure de l’acuité visuelle et recherche de métamorphopsies (lignes déformées)
  • Examen en lampe à fente : analyse de la cornée et du cristallin
  • Fond d’œil : présence d’un reflet cellophane sur la macula
  • OCT : présence d’une pellicule sur la rétine déformant les couches de la macula
Schéma de fond d'œil d'une membrane épirétinienne
Reflet cellophane
Tomographie par cohérence optique (OCT) d'une membrane épirétinienne
Pellicule et épaississement de la macula

Opération d’une membrane épirétinienne

L’opération de membrane épirétinienne consiste à retirer la membrane au travers de 3 incisions de la taille d’une tête d’épingle. Voici les étapes :

L’anesthésie est obtenue par injection péri oculaire
3 guides microscopiques sont insérés
Le vitré est aspiré
La membrane est « pelée »

Existe-t-il un traitement médical ou naturel des membranes épirétiniennes ?

Malheureusement non ! Bien que la recherche évolue, il n’existe pas encore de gouttes ou de médicament permettant de faire régresser une membrane épirétinienne, son traitement est donc uniquement chirurgical.

Quelle anesthésie pour une membrane épirétinienne ?

L’opération de membrane épirétinienne se déroule sous anesthésie dite « péribulbaire ». Un produit anesthésique est injecté autour du globe oculaire, supprimant la douleur et les mouvements involontaires de l’œil.
Afin de rendre la procédure d’anesthésie indolore, une sédation est réalisée, cela veut dire que l’anesthésiste injecte un produit anxiolytique et anesthésiant dans les veines afin de détendre tout le corps et lever toute anxiété. Une consultation d’anesthésie et un jeûne de 6 heures précédant l’intervention sont donc nécessaires.

En fonction des habitudes des anesthésistes et des chirurgiens, il arrive qu’une anesthésie générale soit réalisée. Plus rarement, l’anesthésie sous-ténonienne, consistant à injecter le produit anesthésique au contact du globe à l’aide d’une canule courbe plutôt qu’une aiguille est utilisée. Son efficacité est similaire à la péribulbaire.

Membrane épirétinienne : chronologie des étapes pré- et postopératoires
Chronologie des étapes pré- et postopératoires

Les étapes de l’opération

À l’arrivée à la clinique, le patient réalise son admission. Il s’agit de vérifier les données administratives : identité, sécurité sociale & mutuelle.

Le patient est ensuite accompagné en chambre simple ou commune, les chirurgies ophtalmologiques ne nécessitant généralement que peu de temps de repos postopératoire.

L’infirmière d’ambulatoire réalise les premières vérifications : identité, nature de l’intervention, coté opéré, absence d’évènement récent (rhume, conjonctivite,…). Ces vérifications seront réalisées à de multiples reprises avant l’intervention afin de prévenir toute erreur médicale.

Elle invite ensuite le patient à se changer et à revêtir un pyjama de bloc opératoire.

Des collyres anesthésiques et mydriatiques (dilatant la pupille) sont instillés afin de préparer l’œil à l’intervention.

  • En fonction de l’organisation des blocs, la préparation et la réalisation de l’anesthésie locale (péribulbaire) se font le plus souvent en salle de préparation, adjacente à la salle de bloc opératoire.
    • Le patient est amené jusqu’au bloc opératoire par le brancardier, avant d’être installé sur un brancard spécialement dédié à l’ophtalmologie. Il dispose d’un appuie-tête enveloppant permettant de limiter les mouvements de tête tout en restant confortable.
    • L’accueil est réalisé par l’infirmière anesthésiste qui réalise de nouvelles vérifications (identité, coté, nature de l’intervention).
    • Une perfusion et des éléments de surveillance (électrodes et brassard à tension) sont ensuite installés.
    • Des collyres anesthésiques sont instillés et l’anesthésiste est appelé afin de réaliser l’anesthésie péribulbaire.

L’anesthésie péribulbaire met 5 à 10 minutes à diffuser et agir correctement, elle est donc le plus souvent réalisée en salle de préparation par l’anesthésiste aidé de son infirmière (IADE).

  • Un produit destiné à détendre le patient est injecté, diminuant la sensation d’anxiété et de douleur.
  • L’anesthésiste procède ensuite à l’anesthésie péri oculaire : un produit anesthésiant (Carbocaïne et/ou Naropeïne) est instillé autour du globe oculaire empêchant les douleurs et les mouvements de l’œil.
  • En fonction des habitudes de l’anesthésiste, une compression est fréquemment posée sur l’œil afin d’aider le produit anesthésique à diffuser autour du globe.

Une fois l’anesthésie réalisée place a l’intervention. Le transfert en salle d’opération se réalise sur le brancard. L’intervention dure environ 30 minutes.

  • La tête est fixée à l’aide d’un sparadrap pour éviter les mouvements.
  • L’œil et le visage sont désinfectés à la bétadine® ophtalmique. Du fait de l’anesthésie, cette étape est indolore.
  • Un champ stérile est installé afin de couvrir le visage en laissant l’œil libre.
  • Mise en place du blépharostat (insert permettant de garder les paupières ouvertes sans clignement).

L’opération de membrane épirétinienne dure environ 30 minutes. Les étapes sont les suivantes :

  • Installation des instruments : mise en place de 3 guides (trocarts) autour de l’œil
  • Vitrectomie : passage du vitréotome et de la lumière et aspiration du vitré en avant du fond d’œil
  • Coloration : instillation d’un colorant de la membrane puis rinçage
  • Pelage : la membrane est attrapée et retirée manuellement (pelée) à l’aide d’une pince microscopique
  • Tamponnement : une fois la membrane retirée, le chirurgien injecte de l’air purifié dans l’œil afin de mieux réguler les tensions oculaires postopératoires et diminuer le risque d’infection
  • Retrait des instruments : les trocarts sont retirés, sans besoin de suture le plus souvent
  • Pansement : rinçage de l’œil à l’eau stérile, instillation d’une pommade anti-inflammatoire et protection de l’œil opéré à l’aide d’un pansement et d’une coque.
  • Repos en unité d’ambulatoire pendant 1h environ
  • Retour à domicile en taxi ou accompagné.
  • Dormir avec la coque oculaire la nuit pendant 1 semaine
  • Démarrer les traitements postopératoires le soir même ou le lendemain

    Suites opératoires et convalescence

    Récupération visuelle et disparition du tamponnement

    • Contrairement à la cataracte, le patient ne voit le plus souvent rien (à peine une main qui bouge) après l’intervention et ce pendant 5 à 7 jours
    • La vision revient progressivement de haut en bas comme un niveau progressif en 6 jours en moyenne
    • La récupération visuelle finale survient elle entre 1 et 3 mois après l’opération

    Récupération visuelle finale

    La récupération des membranes épirétiniennes est lente.

    • 30% des patients seront nettement améliorés
    • 30% seront partiellement améliorés
    • 30% empêcheront juste la maladie d’évoluer

    Le maximum de récupération est le plus souvent atteint entre le 1er et le 3ème mois suivant l’intervention.

    Disparition du tamponnement par gaz
    Disparition progressive du tamponnement en 5 à 8 jours. La vision revient de haut en bas.

    Soins postopératoires

    Après l’opération, place au retour à domicile. L’œil est sensible, ne voit pas, mais est exceptionnellement douloureux. Il convient de démarrer les traitements le soir même ou au plus tard le lendemain de l’opération.

    • Gouttes – Antibiotiques et anti-inflammatoires – Exemple : Chibrocadron 1 goutte 3 fois par jour pendant 1 mois.
    • Coque – A porter la nuit pour éviter les frottements oculaires pendant 1 semaine. De façon générale, éviter de porter les mains aux yeux.
    • Positionnement – Il n’y a normalement pas de positionnement en postopératoire d’une opération de membrane.
    • Antalgiques par voie orale – Ils sont prescrits systématiquement mais à utiliser uniquement en car de douleur.
    • Arrêt de travail – Un arrêt de travail d’environ 15 jours est prescrit. En cas de métier en conditions non salubres ou conduite automobile, un arrêt de 1 mois est préférable.

    Recommendations postopératoires

    Hygiène – Se laver les mains à l’eau et au savon avant chaque soin
    Gouttes – Agiter le flacon avant ouverture. Ne pas le faire rentrer en contact avec l’œil. Attendre 5 minutes entre chaque collyre
    Frottements oculaires – Tout contact avec les yeux est proscrit, en particulier la première semaine suivant l’intervention
    Baignade – L’immersion est proscrite durant 4 semaines environ. Le ruissellement d’eau, les yeux fermés, est possible après quelques jours
    Sport – La reprise du sport doux est possible après 15 jours (vélo d’appartement, rameur,…) et un mois pour les sports intenses ou en immersion (musculation, running, natation,…)
    Écrans – La reprise d’une activité sur écran bien qu’inconfortable est possible dès le lendemain
    Maquillage – Il est recommandé de l’éviter le premier mois
    Positionnement – Il n’y a normalement pas de positionnement en postopératoire d’une opération de membrane
    Exposition solaire – Les verres solaires sont recommandés durant le premier mois en cas d’exposition solaire, pour réduire la gêne occasionnée

    Comparaison opération de la cataracte et de la membrane

    Contrairement à l’opération de la cataracte qui est largement répandue, l’opération des membranes épirétiniennes est sensiblement différente !

    Membrane épirétinienneCataracte
    AnesthésiePéribulbaire (tout le globe)Topique (gouttes)
    Durée opératoire25-30 minutes10-15 minutes
    Vision le lendemainVoile opaque (main qui bouge)Vision claire
    Vitesse de récupération1 à 3 mois1 à 7 jours
    Récupération visuelle– 30 % totale
    – 30% partielle
    – 30% stabilisation de la maladie
    Totale en l’absence de pathologie sous-jacente (glaucome, DMLA,…)
    Comparaison cataracte / membrane épirétinienne

    Quand se faire opérer de membrane ?

    Ai-je besoin d’être opéré ? Est-ce le bon moment d’opérer ? La décision de vitrectomie pour membrane épirétinienne repose sur le retentissement visuel, l’OCT et parfois l’évolutivité. Comprendre et adhérer au projet thérapeutique est indispensable, puisque c’est au patient que revient la décision finale d’opérer ou non.

    Les arguments en faveur de l’intervention sont :

    • Une gêne visuelle – La présence de métamorphopsies, de micropsies ou de macropsies, d’autant plus que les symptômes sont évolutifs est un argument en faveur d’une intervention.
    • Une baisse de vision – L’intensité de la baisse de vision, notamment en vision de près est un facteur motivant l’intervention. Dans le cadre des membranes épimaculaires, attendre une acuité visuelle trop basse est un facteur de mauvais pronostique. En effet, les acuités visuelles préopératoires trop basses ont tendance à moins bien récupérer.
    • L’OCT – La présence d’une augmentation de l’épaisseur rétinienne, la perte de la dépression fovéolaire, les perturbations des différentes couches de la rétine sont les principaux facteurs motivant l’intervention.

    À noter, l’intervention n’est qu’exceptionnellement une urgence chirurgicale. Elle peut être différée de plusieurs semaines et même mois si besoin afin d’être dans les meilleures dispositions.

    Contre-indications opératoires et inéligibilité

    La consultation préopératoire est une étape clé de la programmation de l’intervention. Le chirurgien s’emploie à déceler l’absence de contre-indications à la chirurgie. L’interrogatoire et l’examen clinique sont les étapes clés.

    • Infection oculaire – Toute infection oculaire ou de paupière active : conjonctivite, kératite infectieuse, … doit conduire au report de l’intervention. En effet un risque de dissémination intraoculaire est présent.
    • Instabilité physique – L’intervention nécessite de rester allongé de manière stable sur le dos durant 30 minutes. En cas d’incapacité à rester à plat dos sous anesthésie locale : insuffisance cardiaque et respiratoire, douleurs chroniques, troubles psychiques, … il vaut mieux privilégier une anesthésie générale ou surseoir à l’intervention.

    Bénéfices, risques et effets secondaires de la chirurgie de membrane épirétinienne

    Il n’y a pas d’opération bénigne. La décision d’opérer relève d’une estimation de la balance bénéfices / risques. Peser le pour et le contre afin de décider d’intervenir ou non. Le choix d’une intervention doit demeurer une décision personnelle qui suppose d’en avoir compris les enjeux clairement expliqués par le chirurgien.

    Il est à noter que dans le cadre des opérations de membrane, le chirurgien parle toujours en meilleure vision corrigée. C’est-à-dire la meilleure vision pouvant être atteinte AVEC les meilleures lunettes possibles. À ce titre quand le chirurgien parle de baisse d’acuité, ou de récupération visuelle partielle, il a déjà anticipé que cela serait avec la meilleure paire de lunettes possible (on parle de meilleure acuité visuelle corrigée ou d’acuité visuelle non améliorable).

    Balance bénéfices risques de la chirurgie de membrane épirétinienne

    Ce que la chirurgie apporte

    • La chirurgie a toujours pour premier objectif d’empêcher l’aggravation de la maladie. Dans le cas des membranes, 30% des patients présentent une récupération complète, 30% une récupération partielle et 30% sont stabilisés par l’intervention.

    Ce que la chirurgie n’apporte pas :

    • Mieux voir sans lunettes : Si l’on devait comparer l’œil à un appareil photo, la chirurgie des membranes est une chirurgie du capteur de l’œil (la rétine), elle ne se concentre pas sur l’objectif de l’œil (la cornée et le cristallin) qui sont les seuls organes pouvant être corrigés par les lunettes. De fait les interventions ne cherchent pas à mieux voir sans lunettes.
    • Une récupération immédiate : La récupération en cas de membrane épirétinienne est d’autant plus lente que la baisse de vision initiale et l’épaisseur rétinienne préopératoire étaient importantes.

    Effets secondaires de la chirurgie de membrane épirétinienne

    Cette partie se concentre sur les effets secondaires de la chirurgie vitréo-rétinienne que l’on peut qualifier de fréquents. Il s’agit de conséquences de l’intervention, généralement non graves, mais suffisamment courantes pour en être informé et se préparer à les affronter. Leur intensité est variable selon les patients, il convient de les accepter : opter pour l’intervention signifie que la perspective des bénéfices (améliorer la vision) l’emporte sur celle de ces « inconvénients ».

    • Baisse de vision transitoire – Le tamponnement par air empêche la vision. Il se dissipe de haut en bas en environ 1 semaine.
    • Cataracte secondaire – Toute chirurgie de rétine crée une inflammation accélérant la survenue d’une cataracte si celle-ci n’a pas été opérée.
    • Hypertonie ou hypotonie oculaire – Les corticoïdes sont parfois pourvoyeurs de hausse de tension. A contrario une suture peu étanche baisse le tonus oculaire
    • Rougeur et prurit – La bétadine est irritante tandis que les guides servant à la vitrectomie peuvent entraîner la rupture d’un vaisseau superficiel. Bien qu’impressionnante, l’hémorragie sous conjonctivale est toujours bénigne.
    • Rebond inflammatoire – A l’arrêt des corticoïdes (gouttes anti-inflammatoires), l’œil peut redevenir rouge. Il s’agit d’un phénomène de sevrage bénin.

    Les complications de la chirurgie de membrane épirétinienne

    Au contraire des effets secondaires évoqués au paragraphe précédent, les complications de la chirurgie de membrane sont beaucoup plus rares mains d’une gravité supérieure. Rares et non anticipables, ces incidents demeurent néanmoins possibles. Il peut s’agir de fragilités, d’inflammations… répondant habituellement bien aux traitements. Malheureusement de rares cas de réduction de la vision après une chirurgie de rétine surviennent.

    Il est important de noter que les complications de la chirurgie de la rétine sont plus fréquentes qu’en chirurgie de la cataracte mais demeurent nettement inférieures aux autres chirurgies de routine des autres spécialités (digestive, orthopédique,…)

    Les complications sont ici classées par ordre de fréquence et de gravité.

    • Décollement de rétine – Une déchirure de la rétine peut passer inaperçue lors de l’intervention, entraînant un décollement de rétine dans les suites.
    • Œdème maculaire – Très rare en cas de chirurgie de membrane épirétinienne, une inflammation de la macula avec œdème peut survenir.
    • Endophtalmie – Il s’agit d’une infection grave de l’œil touchant moins d’1/1 000 opération de rétine. Le respect des règles d’hygiène postopératoire est primordial afin d’en limiter le risque.
    • Récidive de membrane – Une fine couche de cellules d’origine inflammatoire peut venir recouvrir de nouveau la macula, entraînant une récidive des symptômes.

    Questions fréquentes

    L’opération de membrane épirétinienne est prise en charge en tout ou partie par la sécurité sociale et la mutuelle. Les frais non pris en charge sont appelés reste à charge.
    À l’hôpital il s’agit d’un forfait global de 2633,58 € comprenant la rémunération de l’hôpital, du chirurgien et de l’anesthésiste, et majorés de 20% au titre de la formation des internes.
    En clinique les frais sont scindés :

    • Forfait clinique : 1209,95€
    • Honoraires du chirurgien : 271,70 €
    • Honoraires de l’anesthésiste : 48 €

    À l’hôpital (opération en privé) comme en clinique peuvent s’ajouter les compléments d’honoraires et frais de confort :

    • Complément d’honoraire du chirurgien : variables
    • Complement d’honoraire de l’anesthésiste : variables
    • Frais d’hôtellerie : variables

    Pour toute intervention chirurgicale en France, un forfait hospitalier de 20 € est demandé, non pris en charge par la sécurité sociale et la mutuelle.

    Oui. La vitrectomie pour membrane épirétinienne est remboursée par la sécurité sociale. 70% du tarif définit par la sécurité sociale est pris en charge par celle-ci. Les 30% restants sont à la charge de la mutuelle.

    Oui, l’opération de membrane épirétinienne est remboursée par la mutuelle à hauteur de 30 % du tarif sécurité sociale ainsi que tout ou partie des compléments d’honoraire du chirurgien et de l’anesthésiste.

    Chaque mutuelle propose ses propres conditions et ses propres contrats. Des comparateurs de prix existent sur internet.

    La vision avec une membrane épirétinienne peut être parfaitement normale si la macula n’est pas plissée. En cas de contraction de la membrane et plissement de la macula, les lignes se déforment (métamorphopsies) et les images peuvent apparaître de taille différente (micropsies et macropsies).

    Non, contrairement aux idées reçues l’opération de la rétine est réalisée avec un vitréotome. Il s’agit d’une chirurgie manuelle.

    Il est nécessaire d’opérer une membrane épirétinienne lorsque celle-ci trouble la vision, c’est-à-dire quand le patient présente une déformation des images ou si la membrane est évolutive (la macula se contracte).
    En l’absence de symptômes l’abstention thérapeutique est de mise.

    La disparition de l’air en cas d’opération de membrane épirétinienne se fait au bout d’environ 6 jours (4 à 8).

    La récupération visuelle est quant à elle plus lente, de l’ordre de 1 à 3 mois.

    La récupération des membranes épirétiniennes peut être résumée de la façon suivante :

    • 1/3 de récupération totale sans séquelles
    • 1/3 d’amélioration avec récupération partielle
    • 1/3 de stabilisation de la maladie

    Non, il n’existe malheureusement pas de traitement médical ou homéopathique. Seule la chirurgie permet de retirer les membranes épirétiniennes. Aucun cas de régression spontanée n’a été décrit.

    Non, l’apparition d’une cataracte post-membrane épirétinienne n’est pas systématique. Cependant en cas de cataracte préopératoire débutante, sa survenue est plus fréquente.

    Non, la chirurgie est indolore, l’anesthésie réalisée permet d’éviter toute douleur. Le patient ressent uniquement les mains du chirurgien sur le front. Un complément de sédation par l’anesthésiste pourra être effectué en cas d’anxiété.

    En postopératoire l’œil peut être rouge, gratter, mais il ne doit pas y avoir de douleur non soulagée par le paracétamol (Doliprane) ou insomniante (empêchant de dormir).

    Le temps opératoire d’une chirurgie de membrane est de l’ordre de 15-30 minutes.

    Toute opération intraoculaire de rétine commence par une vitrectomie. En effet, le vitré est composé d’eau et de fibres de collagène. Ces fibres de collagène entraînent des tractions sur la rétine si elles ne sont pas retirées en début d’intervention. Une fois le vitré retiré, il est possible de retirer la membrane. Un néovitré artificiel repoussera à la disparition du tamponnement.

    La tête est maintenue dans un appuie-tête et fixée par un sparadrap durant l’intervention. Les mouvements involontaires ne sont pas possibles. En cas d’anxiété entraînant un tremblement, l’anesthésiste augmente la sédation.

    Oui et non. L’œil non opéré est masqué par le champ opératoire. L’œil opéré, quant à lui, est éclairé par une lumière très éblouissante qui ne permet pas de percevoir normalement les choses. Les ombres des instruments sont parfois perçues.

    Non, les interventions de la membrane sont habituellement unilatérales (œil par œil). En effet la présence d’air empêche une vision correcte, on attend que le tamponnement d’un œil soit terminé pour prendre en charge le second.

    Non. La chirurgie de membrane se pratique en ambulatoire. Compte tenu de la sédation par l’anesthésiste, les opérations se déroulent en chirurgie ambulatoire afin de récupérer 2 à 3 heures après l’intervention.

    Informations utiles, documents et administratif

    Consentements

    Consentement – Membrane épirétinienne

    Recommandations officielles émises par la SFO (société française d’ophtalmologie) concernant la chirurgie de membrane épirétinienne.

    Les chirurgiens de la membrane épirétinienne de la communauté

    Dr Hugo Bourdon

    Auteur

    Dr Hugo Bourdon

    Ophtalmologiste à Paris, le Dr Hugo Bourdon est spécialiste des interventions de cataracte, rétine, glaucome et de chirurgie réfractive. Il exerce au Centre Hospitalier National des 15/20.
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