Le trou maculaire est une déchirure en opercule de la macula. La traction vitréo-maculaire en est le principal facteur déclenchant, elle correspond à une adhérence anormale du gel vitré à la macula. Si le gel se rétracte trop fortement, il engendre une traction sur la macula pouvant dégénérer en trou maculaire. La traction et le trou maculaire entraînent une baisse de vision et l’apparition d’une tache noire centrale (scotome). Les tractions se surveillent et parfois s’opèrent, tandis que le trou maculaire est toujours chirurgical. La technique de référence est la vitrectomie accompagné d’un assouplissement des bords du trou (pelage) et d’un tamponnement de la rétine par du gaz pour appuyer ses bords et aider à sa cicatrisation.

Trou maculaire
Formation du trou maculaire Source AAO

Le trou maculaire et sa chirurgie

Trou maculaire et traction vitréo-maculaire en bref

  • Définitions :
    • Traction vitréomaculaire : adhérence anormale du gel vitré tirant sur la macula
    • Trou maculaire : trou en opercule de la macula dans les suites d’une traction
  • Symptômes : scotome (tache noire), baisse de vision
  • Causes : âge, décollement du vitré
  • Evolution : brutal
  • Diagnostic : fond d’œil et OCT
  • Traitement : chirurgical uniquement

L’opération en bref

  • Nom complet : vitrectomie pelage gaz pour trou maculaire
  • Degré d’urgence : relative (< 15 jours)
  • Hospitalisation : ambulatoire
  • Jeûne à respecter : oui.
  • Anesthésie : locale par péribulbaire
  • Durée : 20 à 40 minutes.
  • Suites opératoires : œil rouge 7 à 10 jours
  • Douleurs postopératoires : légères, 3 à 7 jours.
  • Arrêt de travail et reprise conduite : 3 à 4 semaines
  • Récupération visuelle : partielle ou totale sous 3 mois
  • Traitement postopératoire : collyres + antidouleurs + positionnement
  • Complications : infection, récupération médiocre, décollement de rétine

Qu’est-ce qu’un trou maculaire ?

Le trou maculaire correspond au détachement d’un opercule de rétine au centre de la macula, formant un trou, SANS décollement de la rétine. Il s’agit d’une pathologie rétinienne peu fréquente. Son incidence est de l’ordre de 1 patient pour 10 000. La formation du trou maculaire fait suite à un décollement du vitré pathologique.

Trou maculaire
Trou maculaire Source AAO

Qu’est-ce qu’une traction vitréo-maculaire ?

La traction vitréomaculaire correspond à une adhérence pathologique du vitré sur la macula, le vitré tire sur la macula au risque de former un défect : le trou maculaire. La traction est donc un stade de prétrou maculaire, potentiellement spontanément réversible.

Symptômes du trou maculaire & de la traction

Les symptômes de la formation d’un trou maculaire & de la traction correspondent à ceux d’une atteinte de la macula, soit encore une atteinte de la vision centrale et précise :

  • Baisse de vision brutale.
  • Scotome (tache noire centrale).

Les symptômes de la traction vitréomaculaire sont identiques mais souvent fluctuants en fonction de l’intensité de la traction.

Grille d'Amsler : image normale
Image normale
Grille d'Amsler : scotome central
Scotome central

Causes des trous maculaires & tractions

Les trous maculaires et tractions sont le plus souvent la conséquence d’un décollement postérieur du vitré anormal. On parle de trou maculaire ou de traction primaires. Parfois d’autres facteurs déclenchant peuvent être retrouvés, on parle dans ce cas de trous maculaires secondaires.
Les causes de trous maculaires secondaires sont :

  • Post traumatisme
  • Myopie forte

Évolution du trou maculaire

Le trou maculaire apparaît le plus souvent de manière brutale, sans prévenir, et sans facteur déclenchant. Seule une opération permet de refermer le trou et résorber en tout ou partie les symptômes visuels.
Il s’agit d’une urgence chirurgicale relative.

Diagnostic et examen préopératoire

Le bilan ophtalmologique permettant de confirmer le diagnostic et préparer à l’intervention est décomposé de la manière suivante :

  • Mesure de l’acuité visuelle et recherche du scotome.
  • Examen en lampe à fente.
  • Fond d’œil : on observe un défect (trou) sur la macula au fond d’œil.
  • OCT :
    • Au stade de trou maculaire : interruption de la rétine centrale (trou) avec espacement de ses bords.
    • Au stade de traction vitréomaculaire : traction du vitré sur la macula.
Trou maculaire au fond d'œil : défect de la rétine centrale
Fond d’œil du trou maculaire
Trou maculaire en OCT : défect de la rétine centrale
OCT du trou maculaire
Traction vitréomaculaire en OCT
Traction fine sans trou
Trou maculaire en oct
Traction vitréomaculaire au stade de trou maculaire

Traitement médical et naturel du trou maculaire

Il n’existe malheureusement pas de traitement médical et encore moins naturel du trou maculaire. Sa prise en charge est malheureusement uniquement chirurgicale.
Concernant la traction vitréo maculaire, en l’absence de gène visuel et en l’absence d’évolution vers un trou maculaire, une surveillance simple en consultation est suffisante, sans opération.

Opération du trou maculaire & de la traction vitréo-maculaire

L’opération du trou maculaire consiste à assouplir la rétine entourant le trou avant d’en repousser les bords à l’aide de gaz pour que le trou se referme. L’accès à la macula se fait au travers de 3 incisions de la taille d’une tête d’épingle.
L’opération se déroule en chirurgie ambulatoire, au bloc opératoire. Il est donc nécessaire d’être à jeun.
L’anesthésie est locale (péribulbaire) afin de bloquer les mouvements involontaires de l’œil et rendre l’intervention indolore.
Le geste dure en moyenne 30 minutes.

Trou maculaire Opération
Vitrectomie pour trou maculaire
Source AAO

Les étapes précédant l’opération

L’intervention se déroule au bloc opératoire. Le patient est amené de sa chambre à la salle de préparation par un brancardier, avant d’être pris en charge par une infirmière anesthésiste (IADE) de concert avec l’anesthésiste, puis par l’infirmière de bloc (IBODE) qui prépare le patient pour le chirurgien.

À l’arrivée à la clinique, le patient réalise son admission. Il s’agit de vérifier les données administratives : identité, sécurité sociale & mutuelle.

Le patient est ensuite accompagné en chambre simple ou commune, les chirurgies ophtalmologiques ne nécessitant généralement que peu de temps de repos postopératoire.

L’infirmière d’ambulatoire réalise les premières vérifications : identité, nature de l’intervention, coté opéré, absence d’évènement récent (rhume, conjonctivite,…). Ces vérifications seront réalisées à de multiples reprises avant l’intervention afin de prévenir toute erreur médicale.

Elle invite ensuite le patient à se changer et à revêtir un pyjama de bloc opératoire.

Des collyres anesthésiques et mydriatiques (dilatant la pupille) sont instillés afin de préparer l’œil à l’intervention.

En fonction de l’organisation des blocs, la préparation et la réalisation de l’anesthésie locale (péribulbaire) se font le plus souvent en salle de préparation, adjacente à la salle de bloc opératoire.

  • Le patient est amené jusqu’au bloc opératoire par le brancardier, avant d’être installé sur un brancard spécialement dédié à l’ophtalmologie. Il dispose d’un appuie-tête enveloppant permettant de limiter les mouvements de tête tout en restant confortable.
  • L’accueil est réalisé par l’infirmière anesthésiste qui réalise de nouvelles vérifications (identité, coté, nature de l’intervention).
  • Une perfusion et des éléments de surveillance (électrodes et brassard à tension) sont ensuite installés.
  • Des collyres anesthésiques sont instillés et l’anesthésiste est appelé afin de réaliser l’anesthésie péribulbaire.

L’anesthésie péribulbaire met 5 à 10 minutes à diffuser et agir correctement, elle est donc le plus souvent réalisée en salle de préparation par l’anesthésiste aidé de son infirmière (IADE).

  • Un produit destiné à détendre le patient est injecté, diminuant la sensation d’anxiété et de douleur.
  • L’anesthésiste procède ensuite à l’anesthésie péri oculaire : un produit anesthésiant (Carbocaïne et/ou Naropeïne) est instillé autour du globe oculaire empêchant les douleurs et les mouvements de l’œil.
  • En fonction des habitudes de l’anesthésiste, une compression est fréquemment posée sur l’œil afin d’aider le produit anesthésique à diffuser autour du globe.

Une fois l’anesthésie réalisée place a l’intervention. Le transfert en salle d’opération se réalise sur le brancard. L’intervention dure environ 30 minutes.

  • La tête est fixée à l’aide d’un sparadrap pour éviter les mouvements.
  • L’œil et le visage sont désinfectés à la bétadine® ophtalmique. Du fait de l’anesthésie, cette étape est indolore.
  • Un champ stérile est installé afin de couvrir le visage en laissant l’œil libre.
  • Mise en place du blépharostat (insert permettant de garder les paupières ouvertes sans clignement).

Les étapes de l’opération

Une fois installé & préparé, l’intervention peut démarrer. L’opération dure environ 30 minutes.

Trois trocarts sont insérés autour du limbe afin d’accéder à la rétine :

  • Le plus bas sert à l’infusion, il permet de compenser la pression oculaire.
  • Les 2 trocarts supérieurs permettent de glisser les instruments : le vitréotome et la lumière.

Afin d’accéder à la rétine, il faut retirer le gel présent devant : le vitré.

  • Une lentille est posée sur l’œil afin de voir au travers la pupille.
  • Une lumière est installée au travers d’un des trocarts pour éclairer le vitré et la rétine.
  • Le vitré est progressivement aspiré à l’aide d’un microaspirateur coupant à haute fréquence : le vitréotome.

La limitante est une fine couche de rétine empêchant le trou de se refermer. Elle est colorée à l’aide d’un colorant bleu riche en lutéine afin de protéger la macula et les photorécepteurs.

La limitante est minutieusement retirée à l’aide d’une micro pince. Il s’agit de l’étape la plus délicate de l’intervention.

  • La pince de Grieshaber est utilisée afin de saisir la limitante.
  • Progressivement, la limitante est retirée tout autour du trou afin d’assouplir la macula et aider à la fermeture.

Une fois le trou assoupli, l’intervention se termine

  • Le chirurgien éclaire l’ensemble de la rétine afin de vérifier l’absence de déchirure.
  • Le contenu de l’œil est ensuite remplacé par de l’air filtré puis du gaz expansif afin d’appuyer sur les bords du trou maculaire et permettre sa fermeture.
  • Le gaz partira tout seul en 2 à 4 semaines pour être remplacé par un pseudo-vitré sécrété par l’œil.
  • En fin d’intervention les 3 trocarts sont retirés.
  • Les incisions étant extrêmement fines, il n’y a que très rarement besoin de suture. On parle d’incisions auto-étanches.
  • Une pommade antibiotique et anti-inflammatoire est instillée
  • Un pansement en coton et une coque transparente sont placés sur l’œil. Ils seront retirés le lendemain.

Opération du trou maculaire en bref

  • Urgence: relative (< 15 jours – 1 mois)
  • Hospitalisation : ambulatoire
  • Jeun à respecter : oui
  • Anesthésie : consultation préalable & anesthésie péribulbaire
  • Technique opératoire : vitrectomie + pelage de la limitante
  • Taponnement postopératoire : gaz SF6 ou C2F6
  • Suites opératoires : absence de vision pendant le tamponnement, disparition du tamponnement en 2 à 6 semaines
    • Positionnement : face vers le sol pendant 5 à 7 jours
  • Récupération : récupération partielle ou totale sous 1 à 3 mois
  • Cas particulier de la traction : le tamponnement se fait par air et il n’y a pas de positionnement
Vue du chirurgien lors de l'opération du trou maculaire
Trou maculaire
Vue du chirurgien
Trou maculaire
Chronologie des étapes pré- et postopératoires

Bien se comporter durant l’opération du trou maculaire

L’opération est parfaitement indolore. Le front est engourdi par l’anesthésie et seules des ombres et des lumières sont visibles. Il est primordial de ne pas bouger, y compris à la vue des ombres d’instruments… ce qui est parfois délicat 😉 Les principales consignes à respecter durant l’opération sont les suivantes :

  • Ne pas bouger, ne pas hocher la tête
  • Garder les bras le long du corps, ne pas se frotter le visage
  • Ne pas faire la conversation au chirurgien
  • Avoir des pensées douces & agréables
  • Prévenir doucement en cas de quinte de trou

Quand se faire opérer de trou maculaire ?

Ai-je besoin d’être opéré ? Est-ce le bon moment d’opérer ? La décision de vitrectomie pour trou maculaire repose sur la largeur du trou et son retentissement visuel. Comprendre et adhérer au projet thérapeutique est indispensable, puisque c’est au patient que revient la décision finale d’opérer ou non.

  • OCT
    • La présence d’un trou maculaire est une indication à opérer. Sa largeur et son évolutivité motivent le degré d’urgence.
  • Gêne visuelle
    • La présence d’une baisse de vision et d’un scotome d’autant plus que ces symptômes sont évolutifs est un argument en faveur d’une intervention.
  • Baisse de vision
    • L’intensité de la baisse de vision est un facteur motivant l’intervention. Il s’agit cependant également d’un facteur de mauvaise récupération. En effet, les acuités visuelles préopératoires trop basses ont tendance à moins bien récupérer.

À noter, l’opération n’est pas une urgence chirurgicale à la semaine. Un délai de 2 à 4 semaines est raisonnable dans la plupart des indications.

Cas particulier de la traction vitréo maculaire

Pour les tractions vitréomaculaires, un délai d’observation de 3 mois peut être appliqué en l’absence de trou maculaire constitué.
En l’absence de résolution spontanée associée à un trouble de la vision mieux vaut opérer. En l’absence de symptômes visuels, un simple suivi spécialisé est envisageable.

Contre-indications opératoires et inéligibilité

La consultation préopératoire est une étape clé de la programmation de l’intervention. Le chirurgien s’emploie à déceler l’absence de contre-indications à la chirurgie. L’interrogatoire et l’examen clinique sont les étapes clés.

  • Infection oculaire
    • Toute infection oculaire ou de paupière active : conjonctivite, kératite infectieuse, … doit conduire au report de l’intervention. En effet un risque de dissémination intraoculaire est présent.
  • Instabilité physique
    • L’intervention nécessite de rester allongé de manière stable sur le dos durant 30 minutes. En cas d’incapacité à rester à plat dos sous anesthésie locale : insuffisance cardiaque et respiratoire, douleurs chroniques, troubles psychiques, … il vaut mieux privilégier une anesthésie générale ou surseoir à l’intervention.

Bénéfices, risques et effets secondaires de la chirurgie du trou maculaire

Pas d’opération exempte de risques. La décision d’opérer relève d’une estimation de la balance bénéfices / risques. Peser le pour et le contre afin de décider d’intervenir ou non. Le choix d’une intervention doit demeurer une décision personnelle qui suppose d’en avoir compris les enjeux clairement expliqués par le chirurgien.

Il est à noter que dans le cadre des opérations des trous maculaires, le chirurgien parle toujours en meilleure vision corrigée. C’est-à-dire la meilleure vision pouvant être atteinte AVEC les meilleures lunettes possibles. À ce titre quand le chirurgien parle de baisse d’acuité, ou de récupération visuelle partielle, il a déjà anticipé que cela sera avec la meilleure paire de lunettes possibles (on parle de meilleure acuité visuelle corrigée ou d’acuité visuelle non améliorable).

Balance bénéfices risques de la chirurgie du trou maculaire

  • Ce que la chirurgie apporte
    • La chirurgie a toujours pour premier objectif d’empêcher l’aggravation de la maladie. Dans le cas des trous maculaires, 30% des patients présentent une récupération complète, 30% une récupération partielle et 30% sont stabilisés par l’intervention.
    • Plus le trou maculaire est large, plus le risque d’échec de la chirurgie est important et moins la récupération visuelle est importante.
  • Ce que la chirurgie n’apporte pas
    • Mieux voir sans lunettes – Si l’on devait comparer l’œil à un appareil photo, la chirurgie des trous maculaires est une chirurgie du capteur de l’œil (la rétine), elle ne se concentre pas sur l’objectif de l’œil (la cornée et le cristallin) qui sont les seuls organes pouvant être corrigés par les lunettes. À ce titre les interventions ne cherchent pas à mieux voir sans lunettes.
    • Une récupération immédiate – La récupération en cas de trou maculaire est d’autant plus lente que la baisse de vision initiale et la largeur du trou préopératoire étaient importantes.

Effets secondaires de la chirurgie des trous maculaire

Cette partie se concentre sur les effets secondaires de la chirurgie vitréo-rétinienne que l’on peut qualifier de fréquents. Il s’agit de conséquences de l’intervention, généralement non graves, mais suffisamment courantes pour en être informé et se préparer à les affronter. Leur intensité est variable selon les patients, il convient de les accepter : opter pour l’intervention signifie que la perspective des bénéfices (améliorer la vision) l’emporte sur celle de ces « inconvénients ».

  • Baisse de vision transitoire
    • C’est une subtilité très importante de la chirurgie de rétine. Afin d’appuyer sur la rétine et permettre une fermeture du trou maculaire un tamponnement par gaz est utilisé. À ce titre vous ne verrez rien immédiatement après l’intervention (à peine une main qui bouge).
    • La vision va se dégager de haut en bas au fur et à mesure que le gaz ou l’air se dissipent tout seuls de l’œil.
    • La procédure dure en moyenne 3 à 4 semaines.
  • Cataracte secondaire
    • La cataracte post vitrectomie survient le plus souvent dans les 3 ans suivant l’intervention. Plus le cristallin était opacifié en préopératoire, plus celle-ci se développe rapidement.
    • À noter que si vous avez déjà été opéré de la cataracte, il n’est pas possible de développer une nouvelle cataracte secondaire.
  • Hypertonie oculaire
    • Chaque œil réagit de manière différente aux interventions de rétine. La présence d’un tamponnement par gaz, permet de laisser le temps au trou de se refermer en postopératoire. Le gaz étant expansible, l’utilisation d’un collyre hypotonisant afin de prévenir les hypertonies oculaires est fréquente.
  • Rougeur et prurit
    • Les interventions de la rétine laissent régulièrement une rougeur de l’œil et une sensation de corps étranger. Parfois impressionnante, la rougeur est toujours bénigne.
  • Rebond inflammatoire
    • Toute opération entraîne une inflammation oculaire calmée par les collyres prescrits après l’intervention. À l’arrêt des collyres certains patients présentent un rebond de l’inflammation.
    • Une reprise des traitements anti-inflammatoires avec une décroissance douce est dans ce cas nécessaire.

Les complications de la chirurgie du trou maculaire

Au contraire des effets secondaires évoqués au paragraphe précédent, les complications de la chirurgie des trous maculaire sont beaucoup plus rares mains d’une gravité supérieure. Rares et non anticipables, ces incidents demeurent néanmoins possibles. Il peut s’agir de fragilités, d’inflammations… répondant habituellement bien aux traitements. Des cas rares de réduction de la vision après une chirurgie de rétine demeurent néanmoins possibles.

Il est important de noter que les complications de la chirurgie de la rétine sont plus fréquentes qu’en chirurgie de la cataracte mais demeurent nettement inférieures aux autres chirurgies de routine dans les autres spécialités (digestive, orthopédique,…)

Les complications sont ici classées par ordre de fréquence et de gravité.

  • Décollement de rétine :
    • Environ 1/100, il est favorisé en cas de myopie forte, de déchirure peropératoire, notamment lors de la réalisation du décollement postérieur du vitré, souvent partiel lors des trous maculaires.
    • Une intervention en urgence (vitrectomie) est indispensable afin de sauver l’œil. Il s’agit d’une complication rare mais grave en l’absence de prise en charge.
  • Absence de fermeture du trou
    • Rare en cas de trou maculaire mesurant moins de 0,250 mm, les échecs de fermeture deviennent plus fréquents pour les trous mesurant plus de 0,400um.
    • Une nouvelle intervention avec nouveau pelage, pose d’une membrane amniotique et nouveau tamponnement est généralement nécessaire.
  • Œdème maculaire :
    • 1/100 chez le patient sain et 3/100 chez les patients diabétiques. Aussi appelé Irvin Gass l’œdème apparaît 1 à 3 mois après l’intervention. Il est plus rare lorsque la limitante a été pelée et donc rare lors des trous maculaires.
    • Il est traité de manière graduelle par des gouttes et des cachets, des injections péri-oculaires voir intraoculaires en cas de résistance. La gravité de cette complication est considérée comme légère.
  • Endophtalmie :
    • De 1/5 000 à 1/10 000, il s’agit d’une infection grave de l’œil. Rarissime, l’endophtalmie est prévenue par le strict respect des règles d’hygiène au bloc opératoire, l’instillation intraoculaire d’un antibiotique en fin d’intervention et les soins (antibiotiques) et consignes postopératoires.

Suites opératoires et convalescence

Suites opératoires : récupération, convalescence et douleurs

  • L’intervention est non douloureuse. Contrairement à la cataracte, le patient ne voit le plus souvent rien (à peine une main qui bouge) après l’intervention.
  • La vision revient progressivement de haut en bas comme un niveau progressif en 3 à 4 semaines en moyenne.
  • La gêne visuelle et le positionnement à respecter contre indiquent la reprise du travail durant les 15 jours après l’intervention.
  • Le port de charges lourdes ( >15 kg) est déconseillé les 15 jours suivant l’intervention.

Positionnement postopératoire.

Afin de maximiser les chances de réussite de l’intervention, le positionnement postopératoire est primordial dans la chirurgie des trous maculaires.

Ainsi il est recommandé de positionner la tête face vers le sol pendant 5 à 7 jours après l’intervention au minimum.
Les tractions vitréomaculaires ne requièrent-elles pas de positionnement postopératoire.

Disparition du tamponnement

Disparition du tamponnement par gaz
Disparition progressive du tamponnement. La vision revient de haut en bas.

Soins postopératoires

Les principaux médicaments administrés après l’opération sont des collyres (gouttes) inflammatoires, antibiotiques.

  • Collyres – Antibiotiques et anti-inflammatoires + hypotonisants
    • Hygiène des mains irréprochable lavées à l’eau et au savon avant chaque soin.
    • Le flacon ne doit pas entrer en contact avec l’œil.
    • Un intervalle de 3 à 5 minutes est à respecter entre l’instillation des différents collyres.
  • Coque – A porter la nuit pour éviter les frottements oculaires pendant 1 semaine. De façon générale, éviter de porter les mains aux yeux.
  • Positionnement – Quasiment systématique pendant 1 semaine minimum
  • Antalgiques par voie orale – Ils sont prescrits systématiquement mais à utiliser uniquement en car de douleur.
  • Arrêt de travail – Un arrêt de travail d’environ 15 jours est prescrit. En cas de métier en conditions non salubres ou conduite automobile, un arrêt de 1 mois est préférable.

Recommandations postopératoires

  • Frottements oculaires – Tout contact avec les yeux est proscrit, en particulier la première semaine suivant l’intervention afin de ne pas réouvrir ou infecter les incisions.
  • Baignade – L’immersion est proscrite durant 4 semaines environ. Le ruisselement d’eau, les yeux fermés, est possible après quelques jours.
  • Sport – La reprise du sport doux est possible après 15 jours (vélo d’appartement, rameur,…) et un mois pour les sports intenses ou en immersion (musculation, running, natation,…).
  • Écrans – La reprise d’une activité sur écran bien qu’inconfortable est possible dès le lendemain.
  • Maquillage – Il est recommandé de l’éviter le premier mois.
  • Positionnement – Il n’y a normalement pas de positionnement en postopératoire d’une opération de membrane.
  • Exposition solaire – Les verres solaires sont recommandés durant le premier mois en cas d’exposition solaire, pour réduire la gène occasionnée.

En cas de difficultés, il est indispensable de contacter votre chirurgien au plus vite.

Les chirurgiens du trou maculaire de la communauté

Les chirurgiens de la rétine membres de la communauté Qualidoc sont disponibles pour un rendez-vous de consultation proche de chez vous partout en France.

Questions fréquentes

Le trou maculaire se forme lorsque le décollement postérieur du vitré ne se fait pas de manière correcte au niveau de la macula. Le vitré reste adhérent au centre de la macula, et crée un opercule de rétine lorsqu’il arrive à se détacher.

Le trou maculaire est responsable d’une baisse de vision centrale. Le défectueux de rétine centrale est responsable d’un scotome, c’est-à-dire une tache noir sombre et fixe au centre de la vision.

Le trou maculaire, est une pathologie rare, et souvent idiopathique, c’est-à-dire sans cause pathologique retrouvée.

De fait il n’existe pas de traitement préventif connu. En cas de traction vitréo-maculaire persistante avec critères anatomiques à risque d’évolution vers le trou maculaire, opérer la traction permettra d’éviter d’arriver au stade de trou maculaire.
Pour le reste éviter les traumatismes oculaires (sports de combats) permet d’éviter de développer un trou maculaire secondaire.

Le seul traitement du trou maculaire est chirurgical. Il faut retirer le vitré responsable de la formation du trou, et assouplir les bords de la rétine avant de tamponner celle-ci avec du gaz expansif afin d’aider les bords à se refermer.

Il n’existe malheureusement pas de traitement médical ou d’injection permettant de fermer le trou sans chirurgie.

Non, contrairement aux idées reçues l’opération de la rétine est réalisée avec un vitréotome. Il s’agit d’une chirurgie manuelle.

La disparition du gaz lors des chirurgies de trou maculaire se fait en 3 à 4 semaines en moyenne.

La récupération visuelle est quant à elle plus lente, de l’ordre de 1 à 6 mois.

Non, l’apparition d’une cataracte postopération du trou maculaire n’est pas systématique. Cependant en cas de cataracte préopératoire débutante, sa survenue est plus fréquente.

Non, la chirurgie est indolore, l’anesthésie réalisée permet d’éviter toute douleur. Le patient ressent les mains du chirurgien sur le front. Un complément de sédation par l’anesthésiste pourra être effectué en cas d’anxiété.

En postopératoire l’œil peut être rouge, gratter, mais il ne doit pas y avoir de douleur non soulagée par le paracétamol (Doliprane) ou insomniante (empêchant de dormir).

Le temps opératoire d’une chirurgie de trou maculaire est de l’ordre de 20 à 30 minutes.

La tête est maintenue dans un appuie-tête et fixée par un sparadrap durant l’intervention. Les mouvements involontaires ne sont pas possibles. En cas d’anxiété entraînant un tremblement, l’anesthésiste augmente la sédation.

Non, les interventions de la membrane sont habituellement unilatérales (œil par œil). En effet la présence d’air empêche une vision correcte, on attend que le tamponnement d’un œil soit terminé pour prendre en charge le second.

Non. La chirurgie de membrane se pratique en ambulatoire. Compte tenu de la sédation par l’anesthésiste, les opérations se déroulent en chirurgie ambulatoire afin de récupérer 2 à 3 heures après l’intervention.

Après l’opération du trou maculaire, le positionnement tête parallèle au sol permettrait d’augmenter les chances de fermeture du trou. Il est généralement recommandé de maintenir ce positionnement pendant une semaine.
Cette notion est néanmoins débattue dans les analyses de la littérature scientifique.

Le tarif remboursé par la sécurité sociale est de 295,37 € pour l’intervention d’une membrane épirétinienne.

À cela peuvent s’ajouter le complément d’honoraire ne devant pas dépasser 150% du tarif sécurité sociale, soit 445€ de dépassement maximum.

Informations utiles, documents et administratif

Consentements

Consentement – Trou maculaire

Recommandations officielles émises par la SFO (société française d’ophtalmologie) concernant la chirurgie de trou maculaire

Chronologie des interventions

Chronologie des interventions de la rétine

Dr Hugo Bourdon

Auteur

Dr Hugo Bourdon

Ophtalmologiste à Paris, le Dr Hugo Bourdon est spécialiste des interventions de cataracte, rétine, glaucome et de chirurgie réfractive. Il exerce au Centre Hospitalier National des 15/20.
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