Les injections intravitréennes (IVT) correspondent à l’injection d’un médicament directement dans l’œil au moyen d’une piqûre minuscule. Ces traitements sont généralement des anti-VEGF (parfois des anti-inflammatoires), majoritairement employés pour le traitement des maladies de la rétine, et tout particulièrement de la macula, comme la DMLA ou le diabète. Pour une efficacité maximale, ces traitements sont souvent répétés à un mois d’intervalle. Ils s’effectuent sous anesthésie locale et ne nécessitent aucune hospitalisation. Si le procédé peut sembler impressionnant, il n’est pas douloureux et la reprise d’une vie normale est possible immédiatement.

Injection intravitréenne pour le traitement des œdèmes et des néovaisseau.
Injection intravitréenne
Source AAO

Les injections intravitréennes en bref

  • Durée : 3 à 5 minutes pour un œil
  • Latéralité : un œil ou les deux selon la pathologie
  • Anesthésie : locale (topique) par gouttes.
  • Douleurs peropératoires : nulles ou faibles
  • Suites : irritation et flou visuel possible 1 à 3 heures
  • Reprise de la conduite et du travail : le lendemain
  • Efficacité : après une semaine environ
  • Traitement postopératoire : collyres hydratants +/- antibiotiques

Qu’est-ce qu’une injection intravitréenne ?

L’injection intravitréenne consiste à venir injecter un agent actif à l’intérieur du corps vitré. Le produit déposé en avant de la rétine va diffuser de manière prolongée dans l’œil et venir traiter les pathologies : néovaisseau, œdème, inflammation.

Les produits pouvant être injectés sont :

  • Les anti-VEGF (anti-vasculaires) : bevacizumab (Avastin), ranibizumab (Lucentis®), aflibercept (Eylea®) permettent de traiter les néovaisseaux de la DMLA, du diabète, des occlusions veineuses, de la rétinopathie du prématuré et même de la drépanocytose.
  • Les corticoïdes (anti-inflammatoires) : implant de déxaméthazone (Ozurdex®) ou flucinolone (Iluvien®) permettent de traiter les œdèmes maculaires.

Quelles pathologies traiter avec des injections intravitréennes ?

De nombreuses pathologies de la rétine peuvent être traitées par IVT. On peut retenir :

  • La DMLA humide : injections d’anti-VEGF
  • Les occlusions veineuses : anti-VEGF ou corticoïdes
  • L’œdème maculaire diabétique : anti-VEGF ou corticoïdes
    • NB : les anti-VEGF dans le traitement de la rétinopathie diabétique ne sont pas reconnus en France
  • Les néovaisseaux inflammatoires, ischémiques, du myope fort ou idiopathique : anti-VEGF
  • La rétinopathie du prématuré : anti-VEGF
  • Les œdèmes maculaires inflammatoires : corticoïdes

Déroulement des IVT

Les IVT se déroulent en externe sous anesthésie topique par gouttes, cela veut dire qu’il n’y a pas d’hospitalisation et pas besoin d’être à jeun. Le geste est qualifié de surprenant mais indolore par la majorité des patients.

Il est recommandé de ne pas se maquiller et ne pas porter de lentilles le jour de l’injection.
Le traitement se déroule dans une salle stérile, en position allongée sur un fauteuil.
L’aide soignante instille les premières gouttes d’anesthésiques en salle d’attente et vous aide à revêtir une charlotte pour recouvrir les cheveux.

  • En externe (pas d’hospitalisation)
  • Anesthésie topique par gouttes
  • Désinfection de l’oeil et de la paupière à 2 reprises
  • Isolement de l’oeil à l’aide d’un champ stérile
  • Mise en place d’un blepharostat afin de garder l’oeil ouvert
  • Réalisation du traitement à 4mm du limbe à l’aide d’une aiguille 30 Gauges
  • Rincage abondant
  • Pas de pansement
  • Repos en salle d’attente quelques minutes puis retour à domicile

Le ressenti lors d’une injection intravitréenne.

L’injection intravitréenne dure quelques secondes, il s’agit d’un geste court mais extrêmement précis. Il est ressenti tout au plus une piqure passagère durant 1 à 3 secondes.

Les schémas thérapeutiques.

Les IVT permettent de résorber et stabiliser la maladie, mais pas de la guérir. Il faut donc adapter le schéma thérapeutique au patient, anticiper son délai de récidive et éviter les rechutes.

Les anti-VEGF ont une durée minimale d’action de 4 semaines. Les 2 principaux schémas principaux de traitement sont :

  • Observationnel ou Pro Renata : une phase d’induction composée de 3 IVT espacées d’1 mois est suivie de consultations de contrôle de plus en plus espacées jusqu’à une éventuelle récidive, auquel cas le patient est réinjecté.
  • Pro actif ou Treat & Extend : le patient est injecté à chaque consultation. Après une phase d’induction de 3 injections, l’intervalle de ré-injection est adapté à l’activité de la maladie:
    • Si le patient est indemne de récidive, l’intervalle est augmenté de 2 semaines à chaque fois jusqu’à 12 semaines au maximum.
    • S’il y a une récidive, le délai entre 2 injections diminue de 2 semaines, avec un minimum de 4 semaines entre 2 injections.
ProactifObservationnel
Nombre de consultationsLimitéImportant
Nombre d’injectionsElevéPlus limité
Résultat visuelExcellentLégèrement inférieur
(attente de la récidive)
A privilégier en cas de maladieAgressivePeu agressive
Comparaison des schémas de traitement

Pour les corticoïdes, l’Ozurdex® a une durée moyenne d’action de 4 à 6 mois. Une consultation de contrôle de l’efficacité est donc programmée tous les 2 mois environ. L’Iluvien® a lui une durée d’action de 2 ans, son utilisation demeure néanmoins confidentielle et réservée au traitement de l’œdème maculaire diabétique.

Quelle est la différence entre corticoïdes et anti-VEGF ?

Les corticoïdes et les anti-VEGF n’ont pas le même mécanisme d’action et pas les mêmes indications. Cependant ils sont tous les 2 indiqués dans le traitement de l’œdème maculaire diabétique et lié aux occlusions veineuses. Choisir entre l’un et l’autre repose sur un faisceau d’avantages et inconvénients.

Anti-VEGFCorticoïdes
Durée d’action4 à 8 semaines4 à 6 mois
Traitement associé des néovaisseauxouinon
Accélerateur de cataractenonoui
Hypertoniesrares
transitoires
fréquentes
prolongées
Tableau comparatif des anti-VEGF et corticoïdes

Complications des IVT

Les injections intravitréennes permettent d’éviter la cécité à de nombreux patients ! Leurs complications sont rares mais suffisamment sévères pour en informer les patients :

  • Décollement de rétine & Hémorragie du vitré : 1/1000, est du au risque de créer une déchirure de rétine lors de l’entrée de l’aiguille dans l’œil.
  • Cataracte traumatique : rarissime, elle est déclenchée par un contact de l’aiguille contre le cristallin lors de l’injection.
  • Endophtalmie : 1/10 000, il s’agit d’une infection grave de l’œil nécessitant une hospitalisation poir traitement.

Certaines complications sont spécifiques des corticoïdes :

  • Hypertonie oculaire : il s’agit d’un effet secondaire classique des corticoïdes.
  • Cataracte cortico-induite : idem, il s’agit de la principale cause de cataracte médicamenteuse

Trouver un chirurgien de rétine

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Questions fréquentes

Pour comprendre le prix d’une injection intravitréenne, il faut distinguer le coût du produit et celui du geste médical.

Le coût du produit est déterminé par la sécurité sociale et le laboratoire, celui-ci n’est pas exactement connu mais se situe entre 400 & 600 € pour le Lucentis®, l’Eylea® et l’Ozurdex®. L’Avastin est lui préparé en pharmacie hospitalière, il coûte environ 50€ pour être fabriqué et conditionné.

Le geste médical d’injection réalisé par l’ophtalmologue est lui remboursé 83,60 €, auquel peut s’ajouter un complément d’honoraire ne devant excéder 150 % du tarif sécurité sociale, soit 125,40€ de dépassement maximum.

Inutile de s’inquiéter, un blépharostat, aussi appelé écarteur à paupières est installé afin d’empècher la fermeture des yeux.

Oui, totalement, il s’agit du produit qui se dissout dans l’œil.

Oui, cela arrive dans 10 % des injections si un vaisseau casse. Ce n’est pas une complication mais un petit aléa esthétique.

Informations utiles, documents et administratif

Consentements

Consentement – Injections Intravitréennes

Recommandations officielles émises par la SFO (société française d’ophtalmologie) concernant le traitement par injection intravitréennes
Dr Hugo Bourdon

Auteur

Dr Hugo Bourdon

Ophtalmologiste à Paris, le Dr Hugo Bourdon est spécialiste des interventions de cataracte, rétine, glaucome et de chirurgie réfractive. Il exerce au Centre Hospitalier National des 15/20.
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