Les uvéites désignent une inflammation de l’intérieur de l’œil. L’uvéite antérieure est la plus fréquente. Elle se manifeste classiquement par une rougeur de l’œil, une photophobie (gêne à la lumière) et une vision floue. Les uvéites requièrent un bilan systématique pour en identifier la cause, qui peut être extra-ophtalmologique, et un traitement rapide, qui la plupart du temps sera administré par collyres jusqu’à 8 ou 10 fois par jour.

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L’uvéite antérieure (en bleu) est une inflammation douloureuse

L’uvéite antérieure en bref

  • Définition : inflammation interne de l’œil.
  • Tissus touchés : iris, corps ciliaire, choroïde.
  • Forme la plus fréquente : uvéite antérieure
  • Symptômes : rougeur, douleur, photophobie, vision floue
  • Complication : tension intraoculaire, cataracte, œdème maculaire…
  • Causes : aucune (80%), lupus, spondylarthrite, HLA B27, polyarthrite, infection 
  • Bilan : systématique par imagerie + biologie (prise de sang)
  • Traitement : collyres toutes les heures

Qu’est-ce qu’une uvéite ?

Une uvéite est une maladie qui engendre une inflammation de l’œil et touche les tissus internes de celui-ci. Il en existe plusieurs formes et plusieurs causes.

L’uvéite antérieure aiguë est la forme la plus fréquente, loin devant les autres.

Qu’est-ce que l’uvée ?

L’uvée correspond à la couche médiane de l’œil située sous la sclère, enveloppe externe de l’œil. L’uvée comprend 3 structures que sont, d’avant en arrière : l’iris, le corps ciliaire et la choroïde.

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L’uvée regroupe l’iris, le corps ciliaire et la choroïde

Anatomie de l’œil

Les formes cliniques de l’uvéite

Trois types principaux d’uvéites sont possibles, selon la zone de l’œil touchée :

  • uvéite antérieure : l’inflammation affecte la chambre antérieure et concerne l’iris (iridite) ou la partie antérieure du corps ciliaire (cyclite) ou les 2 (iridocyclite). Il s’agit de la forme la plus fréquente. Elle se manifeste par une baisse de vision, une rougeur et des douleurs.
  • uvéite intermédiaire : elle est responsable d’une inflammation dans le corps vitré et touche le corps ciliaire dans sa partie postérieure (pars plana) ainsi que les structures alentour. Elle se manifeste par une vision floue, la perception de corps flottants. L’œil est blanc le plus souvent et non douloureux.
  • uvéite postérieure : elle atteint la choroïde (choroïdite) de manière focalisée ou diffuse, et très souvent la rétine par proximité. On parle alors de chorio-rétinite. Comme l’uvéite intermédiaire, elle se manifeste par une vision floue, la perception de corps flottants. L’œil est blanc le plus souvent et non douloureux.

Parfois, l’ensemble des 3 tissus de l’uvée est concerné par l’inflammation, c’est la panuvéite.

Symptômes d’une uvéite antérieure

Les symptômes d’une uvéite antérieure classiques sont décrits ci-dessous. Les deux yeux peuvent être touchés, ou seulement un. La survenue peut être brutale (uvéite aigue) ou insidieuse (uvéite chronique). Les uvéites sont fréquemment récidivantes. 

  • vision trouble et baisse d’acuité d’intensité variable dans toutes les uvéites (perception de corps flottants volants dans le cas d’une uvéite postérieure ou intermédiaire)
  • douleurs importantes, souvent majorées à la mobilisation du globe (parfois absentes)
  • hypersensibilité à la lumière (photophobie)
  • rougeur de l’œil et larmoiement (absent en cas d’uvéite intermédiaire ou postérieure)

Les causes de l’uvéite

Un bilan systématique sera effectué devant toute uvéite. En effet, si 80% d’entre elles sont sans cause retrouvée, 20% sont révélatrices d’une maladie, qui bien souvent est extra-ophtalmologique, l’uvéite n’en étant qu’une manifestation. 

Les principaux cas sont les suivants :

  • maladies auto-immunes : le lupus en particulier, la spondylarthrite ankylosante et le phénotype génétique HLAB27, la maladie de Behçet, la sarcoïdose, l’arthrite juvénile. Dans ce cas, l’uvéite fait partie d’une atteinte générale (systémique) en raison d’une défaillance du système immunitaire. Selon la pathologie, la localisation de l’uvéite sera plus volontiers antérieure ou postérieure, parfois même totale (panuvéite).
  • Infections : Les germes responsables d’uvéites sont nombreux : virus (herpès, cytomégalovirus…), Bactéries (tuberculose, syphilis…), parasites (toxoplasmose)… La toxoplasmose est la cause la plus fréquente d’uvéite postérieure.
  • Idiopathique : dans 80% des cas, aucune cause n’est identifiée.

Uvéite et HLA B27

L’association entre une mutation génétique dite « HLA B 27 » et uvéite est fréquente. Cette mutation au niveau du système HLA expose aux spondylarthrites ankylosantes et aux uvéites. Il s’agit d’uvéites associées à des épisodes récidivants, une bilatéralité (à bascule) mais de pronostic assez favorable.

Le diagnostic de l’uvéite

Pour confirmer le diagnostic, un examen ophtalmologique complet doit être réalisé afin de préciser l’importance et l’étendue des lésions au niveau de l’œil. Il s’agit notamment d’un examen à la lampe à fente et d’une ophtalmoscopie après dilatation pupillaire pour observer les structures du fond de l’œil. Une angiographie peut également être pratiquée.

Dans le cadre de la recherche d’une cause sous-jacente, un examen physique systématique et complet doit être effectué en collaboration avec le médecin traitant et un spécialiste en médecine interne ou infectieuse.

Les traitements de l’uvéite

Le traitement de l’uvéite est avant tout médical et urgent.

Il consiste d’une part à diminuer l’inflammation et d’autre part à soulager la douleur pour atténuer les symptômes. 

  • Les corticoïdes sous forme de collyres sont généralement prescrits à une fréquence horaire les premiers jours (toutes les heures)
  • Les collyres mydriatiques-cycloplégiques sont associés pour éviter le risque de synéchies et réduisent la douleur. Ils accentuent, en revanche, l’impression de vision floue

L’observance, vecteur de succès du traitement de l’uvéite

Une parfaite observance, c’est-à-dire le fait d’appliquer rigoureusement le traitement, favorise le soulagement des symptômes mais aussi la guérison sans séquelles.

Le traitement des causes de l’uvéite

Lorsqu’elle est retrouvée, la cause de l’uvéite relève d’un traitement spécifique et varie donc selon la pathologie à l’origine de l’uvéite.

Ainsi, selon le cas, il pourra s’agir d’antiviraux, d’antibiotiques ou d’antiparasitaires s’il s’agit d’une infection. Dans un contexte de maladie auto-immune, les traitements immunosuppresseurs et les corticoïdes par voie générale sont souvent employés.

L’intervention d’un médecin spécialiste de ces pathologies est alors essentielle pour prescrire la thérapeutique adéquate et suivre l’évolution de la maladie.

Dans de rares cas, l’uvéite relève d’un traitement chirurgical.

Questions fréquentes

Si elle n’est pas traitée, l’uvéite peut mener à des complications importantes, affectant la vision. De plus, l’uvéite peut être le symptôme d’une pathologie extra-ophtalmologique.

L’uvée est située sous la sclère, enveloppe externe de l’œil, et comprend l’iris, le corps ciliaire et la choroïde.

Les traitements de l’uvéite sont le plus souvent médicaux, sous forme de collyres, puis de médicaments. Mais il est important de comprendre et traiter la cause de l’uvéite, qui n’est pas toujours ophtalmologique.

  • L’uvéite peut être causée par des maladies auto-immunes (lupus, maladie de Behçet, arthrite juvénile, …), des infections (virus, bactéries ou parasites) ou être sans cause particulière dans 80% des cas. La toxoplasmose (parasite) est la cause la plus fréquente d’uvéite postérieure.
Dr Romain Jaillant

Auteur

Dr Romain Jaillant

Ophtalmologiste à Paris, le Dr Jaillant est spécialiste des interventions de cataracte, rétine et de chirurgie réfractive. Il exerce au Centre Ophtalmologique Paris 17 - SOS Oeil.
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