Vous vous apprêtez à bénéficier d’une opération et souhaitez vous renseigner sur une chirurgie, un chirurgien ou une pathologie. QualiDoc présente une information médicale fiable intégralement rédigée par des chirurgiens en activité, au sujet des pathologies, traitements et principales interventions qu’ils pratiquent au quotidien. A ce jour, la première spécialité en ligne est celle des opérations des yeux et de la chirurgie ophtalmologique.

Ophtalmologie

Opérations des yeux : chirurgie au laser, réfractive, cataracte, rétine, paupières, voies lacrymales.

Qu’est-ce que la chirurgie ?

La chirurgie se définit comme l’exercice de la médecine par l’intervention physique (manuelle et instrumentale) sur le corps humain au cours d’une intervention chirurgicale. Elle se pratique accompagnée d’une anesthésie (locale, locorégionale, ou générale). Le temps opératoire peut varier de quelques minutes pour les gestes les plus rapides, comme la chirurgie de la cataracte, à plusieurs heures comme c’est le cas de certaines opérations complexes. Dans les situations les plus difficiles, comme les greffes, les interventions peuvent requérir l’intervention conjuguée de plusieurs opérateurs (chirurgien préleveur, chirurgien greffeur, vasculaire…). Le médecin anesthésiste, tient également un rôle majeur.

Une brève histoire de la chirurgie

Antiquité

La chirurgie se pratique depuis des temps immémoriaux. Au cours de l’antiquité, la civilisation égyptienne suture les plaies et ampute ses blessés sur les champs de bataille. Certains auteurs, bien que cela soit controversé, ont avancé que des cas de trépanations avaient été effectués. Plus tard, la médecine sera grecque plutôt que romaine. Avec Hippocrate d’abord, puis Galien, médecin de gladiateurs… poste d’observation de choix pour comprendre le fonctionnement du corps humain en des âges où les dissections étaient interdites (elles avaient été autorisées et pratiquées par des anatomistes comme Hérophile et Erasistrate, mais ce n’est plus le cas à la naissance de Galien en 129).

Moyen-âge

L’Europe décrète au concile de Tours en 1163 « Ecclesia abhorret a sanguine », l’Eglise abhorre le sang. L’exercice de la médecine, jugé noble, se sépare alors de la profession de barbiers, à qui l’on réserve la chirurgie et le sang. Le barbier chirurgien allait de village en village, pratiquait saignées et incisions d’abcès, traitait les dents ou les cataractes selon l’étendue de sa connaissance et « faisait le poil ».

En ces temps, c’est le monde arabe qui fait avancer la chirurgie, avec des hommes comme Avicenne en Perse (Ibn Sina, né en 980, mort en 1037), qui le premier décrivit l’intubation oro-trachéale. Si Avicenne marqua son époque, le plus fameux chirurgien du Moyen Âge se nomme Aboulcassis (Abu Al-Qasim, né en 940, mort en 1013), un andalou qui 500 ans avant Ambroise Paré, décrivit la technique de ligature des vaisseaux.

Renaissance

« Je le pansay, Dieu le guarist », c’est ainsi qu’au 16ème siècle, Ambroise Paré, chirurgien de guerre (encore un poste d’observation de choix pour le chirurgien!), conçoit les soins et amorce le renouveau qui s’annonce. Au contact des blessés, il substitue à la cautérisation par le chaud, la ligature des artères améliorant considérablement la technique des amputations. Quelques années plus tard, le chirurgien anglais William Harvey, décrit le schéma de circulation du sang dans le corps. Deux hommes qui participent à mieux comprendre le pire ennemi du chirurgien, le sang, qui tue si facilement lorsqu’il s’écoule.

Ces avancées se concrétiseront avec l’incision de la fistule Royale de Louis XIV, traitée avec un certain succès par le chirurgien Felix (Charles-François Tassy) en 1686. La profession sort définitivement grandie de cette victoire et devient une discipline à part entière. L’académie royale de chirurgie est fondée en 1731 par Louis XV, l’art d’opérer rejoint progressivement celui d’être médecin.

Temps modernes

Le 19ème siècle verra deux sciences, dont les destinées sont étroitement liées à celle de la chirurgie, progresser encore.

  • L’anesthésie :
    Les succès viendront avec le 19ème siècle et la découverte du protoxyde d’azote, puis des propriétés anesthésiantes de l’éther. En 1885, la première anesthésie locorégionale est délivrée sous cocaïne, par William Halsted.
  • L’asepsie :
    Son importance est appréhendée au milieu du 19ème siècle par Ignace Semmelweis, qui recommanda à ses pairs le lavage des mains avant de pratiquer une intervention pour réduire le risque d’infections post-opératoires lors des accouchements. L’audace de cette découverte est telle, qu’elle vaudra à son auteur le rejet de ses pairs. Incompris, il mourut en disgrâce, injustice qui suscita près d’un siècle plus tard l’intérêt du médecin romancier Louis Ferdinand Céline, qui consacra sa thèse de médecine au génie incompris. Les travaux de Pasteur notamment, confirmant l’existence des « microbes » et l’importance de l’asepsie, une fois acceptée et appliquée, réduisirent considérablement le taux d’infections post-opératoires.

Libérée des contraintes premières : celles de la maîtrise du saignement, de la douleur, de la connaissance de l’anatomie et de l’apepsie, la chirurgie déploie ses ailes.

Qui pratique la chirurgie ? Quelles études y préparent ?

Si chirurgiens-dentistes et sages-femmes sont des professionnels de santé non-médecins qui exercent des gestes chirurgicaux, l’essentiel de la pratique chirurgicale française est assuré par des chirurgiens, à l’issue d’une formation de treize ans minimum.

Le PACES (6 ans, 5 ans à partir de 2022)

La première année commune aux études de santé ouvre l’accès aux études de médecine dont le tronc commun dure 6 ans (5 ans à partir de 2022). Elle consiste en une formation théorique et pratique (l’étudiant, alors appelé « externe » est en stage tous les matins dès sa troisième année) générale sur la médecine et débouche sur le concours de l’internat.

L’internat de chirurgie (5 ans minimum)

Il dure cinq ans pour toutes les spécialités chirurgicales. Quelques fois plus si le futur chirurgien interrompt ponctuellement son cursus pour effectuer une année de recherche (master 2) ou plusieurs (thèse de science), ce qui est fréquent. Le rythme de travail est soutenu, les gardes fréquentes. Il s’agit d’une étape éprouvante, mais fondatrice de la formation d’un chirurgien. Au cours de ce compagnonnage, le futur chirurgien apprend les gestes et réflexes indispensables à sa pratique future aux côtés de ses ainés, progressant pas à pas. La thèse d’exercice de médecine clôture l’internat et donne accès à un D.E.S. (diplôme d’études spécialisées) ou D.E.S.C. (diplôme d’études spécialisées complémentaires), selon la discipline chirurgicale.

Post-internat (2 ans minimum)

Il s’agit de deux ou quatre années supplémentaires passées à l’hôpital pour parfaire sa formation en autonomie. Assistant spécialiste ou chef de clinique (clinique, qu’il faut prendre au sens de l’observation des maladies et non au sens de l’établissement de santé), le chirurgien exerce seul la chirurgie.

En quoi consiste la journée type d’un chirurgien ?

Bien sûr, toutes les journées sont différentes et leur nature exacte dépend largement de la spécialité d’exercice. Le quotidien d’un ophtalmologue n’est pas celui d’un chirurgien thoracique. Cela étant, on peut facilement distinguer trois types d’activités communes à toutes les spécialités chirurgicales.

L’activité de consultation

Sa part diffère selon la spécialité considérée. Elle oscille entre 50 et 80% du temps du chirurgien et constitue donc l’essentiel de son activité. Il s’agit essentiellement, en pré-opératoire, d’évaluer les candidats à une éventuelle chirurgie, puis de suivre les patients opérés.

L’exercice de la chirurgie

Il s’agit bien sûr de l’essence de l’activité du chirurgien. Les opérations complexes et nécessitant l’intervention de l’anesthésiste ou une asepsie rigoureuse s’effectuent au bloc opératoire. Les gestes les moins invasifs (comme des exérèses cutanées) peuvent s’effectuer en « petite chirurgie » dans une salle dédiée du cabinet sous anesthésie locale.

La visite aux malades

Elle s’effectue souvent tôt le matin, avant que la journée du chirurgien ne débute. Il s’agit de rendre visite aux malades hospitalisés après leur chirurgie pour en assurer le suivi post-opératoire précoce. Ce temps diminue avec l’émergence de la chirurgie ambulatoire qui tend à réduire la fréquence des hospitalisations.

Quelles sont les principales spécialités chirurgicales ?

Il existe deux grands types de spécialités chirurgicales. Les spécialités chirurgicales pures et celles dites « médico-chirurgicales ».

Spécialités chirurgicales

  • Chirurgie thoracique
  • Chirurgie maxillofaciale
  • Chirurgie réparatrice, plastique et esthétique
  • Chirurgie pédiatrique
  • Chirurgie vasculaire
  • Chirurgie orthopédique
  • Chirurgie viscérale et digestive
  • Neurochirurgie
  • Chirurgie cardiaque

Spécialités médico-chirurgicales

Externe, ambulatoire ou hospitalisation. Quel séjour pour ma chirurgie ?

Il existe trois types de séjours possibles pour une chirurgie.

Soins externes

Il s’agit d’un séjour de nécessitant aucune formalité l’hébergement. Aucune chambre n’est réservée pour le malade. L’exérèse d’un nævus (grain de beauté) au cabinet d’un dermatologue appartient à cette catégorie. La chirurgie réfractive également, le malade quittant l’établissement aussitôt la chirurgie réalisée. ll s’agit de chirurgies s’effectuant sous anesthésie locale.

Chirurgie ambulatoire

Pour une chirurgie nécessitant une anesthésie plus conséquente (anesthésie locorégionale ou même générale), une surveillance de quelques heures ou des conditions d’apepsie rigoureuse, la chirurgie ambulatoire est de mise. Un hébergement de courte durée est proposé au malade durant quelques heures avant et après sa chirurgie. La sortie du malade s’effectue toujours avant 20 heures (souvent bien plus tôt). La maîtrise sans cesse grandissante des techniques anesthésiques et des interventions chirurgicales a permis l’émergence de ce type de séjour permettant un retour à la maison le jour de sa chirurgie.

Hospitalisation

Pour les interventions les plus lourdes, une surveillance d’une nuit, parfois de plusieurs jours est nécessaire. L’hospitalisation conventionnelle s’impose.

Quelle anesthésie pour une chirurgie ?

La gestion de la douleur est le domaine du médecin anesthésiste, fidèle allié du chirurgien. L’anesthésiste, rencontré au cours de l’incontournable consultation d’anesthésie, se chargera d’effectuer l’anesthésie au bloc opératoire puis assurera la gestion de la douleur en post-opératoire. Trois grands types d’anesthésie sont possibles.

Anesthésie locale pure

L’anesthésie locale pure consiste en une anesthésie de surface par injection ou instillation d’un produit au contact du site opératoire. Il peut s’agir d’une injection sous cutanée dans le cas de l’exérèse d’une lésion cutanée par exemple ou d’instillation de collyres dans le cas de certaines chirurgies ophtalmologiques par exemple.

Anesthésie locorégionale

Il s’agit ici de paralyser un bloc nerveux par injection d’un produit en profondeur, au contact de système nerveux responsable de la sensation de douleur dans le territoire de la chirurgie. Ces anesthésies sont très efficaces et assurent une convalescence ainsi qu’une iatrogénie (dangerosité) réduites par rapport à une anesthésie générale.

Anesthésie générale

En cas d’anesthésie générale, le sommeil est complet, le malade sous respirateur. Cette solution est incontournable dans le cas de chirurgies lourdes.

Combien coûte la réalisation d’une chirurgie ?

Vous devez être opéré et vous interrogez sur ce qu’il en coûtera. Malheureusement, la réponse dépend bien évidemment de trop nombreux facteurs (type d’intervention, de mutuelle, de structure d’hébergement…) pour prétendre à une réponse unique et chiffrée. Néanmoins quelques éléments peuvent être apportés pour permettre une réponse précise.

Notion de reste à charge

Dans le cas d’une intervention classique liée à une pathologie comme la cataracte ou l’appendicite par exemple, l’assurance maladie (sécurité sociale) assure la prise en charge de 70% du montant conventionné, le complément constituant le ticket modérateur. A cette participation s’ajoute un éventuel complément d’honoraires du chirurgien. Ensemble, ticket modérateur et compléments d’honoraires forment le reste à charge, dont le patient doit s’acquitter. Selon le contrat souscrit, la complémentaire santé (mutuelle) peut supporter la dépense intégralement, en partie, ou non.

Notion de tiers payant

Le tiers payant consiste à ne pas avoir à avancer de frais pour bénéficier des soins. Il peut s’exercer sur la partie inhérente à la sécurité sociale, on parle alors de « tiers payant sécurité social » et ou sur la partie inhérente à la complémentaire santé, on parle alors de « tiers payant mutuelle ». Si le tiers payant est appliqué, l’organisme de remboursement verse directement le montant de la prise en charge à la structure de soins. Dans le cas contraire, c’est au patient d’avancer les frais. Il est remboursé secondairement.

Notion de télétransmission

Lorsque le tiers payant n’est pas appliqué, la facturation doit être transmise à l’assurance maladie. Cette notification peut s’effectuer de deux façons :

  • Par voie papier, via l’envoi d’une feuille de soins
  • Par télétransmission, au moyen d’une carte Vitale.

Une fois le traitement de l’assurance maladie effectué, celle-ci se charge de transmettre à votre complémentaire santé, dans la mesure où celle-ci est correctement rattachée au compte de sécurité sociale.

Notion de compléments d’honoraires

Le dépassement d’honoraires correspond à un montant sollicité par le professionnel de santé en complément de celui prévu par l’assurance maladie. Seuls les médecins conventionnés installés en « secteur 2 » sont autorisés à bénéficier de ce dispositif mis en place pour compenser des tarifs institutionnels qui mériteraient une revalorisation. C’est le cas d’une majorité des chirurgiens de ville, même si certains chirurgiens libéraux opèrent sans dépassement d’honoraires en clinique. A contrario, si l’hôpital ne sollicite habituellement pas de compléments d’honoraires, certains praticiens sont autorisés à en appliquer dans le cadre des « consultations privées à l’hôpital ».

Cas de la chirurgie dite « esthétique »

Certaines interventions sont considérées appartenir à la chirurgie esthétique. Pour elles, la sécurité sociale ne prévoit aucune prise en charge. Certaines mutuelles y pallient partiellement, intégralement, ou bien pas du tout. La facture revient alors en totalité au patient. Le montant peut sembler élevé, mais l’enveloppe couvre dans ce cas l’ensemble des dépenses mises en œuvre : hébergement, matériel, consommable, personnel. Dans le cas d’une chirurgie classique, elles sont assumées par un forfait versé directement par l’assurance maladie à l’établissement de santé qui les touche.

Qui sont les chirurgiens de la communauté QualiDoc ?

Les médecins de la communauté QualiDoc sont les chirurgiens ayant collaboré à l’élaboration du contenu de cette plateforme dans leur discipline. Afin de garantir la fiabilité du contenu médical proposé, l’adhésion des médecins auteurs est conditionnée par la satisfaction des critères de qualité suivants. Seuls les médecins approuvés et validés sont autorisés à proposer des articles d’information médicale sur le site et à figurer dans l’annuaire.

  • Formation générale initiale et complémentaire adaptée à la chirurgie considérée
  • Formation complémentaire et apprentissage de terrain adapté à la chirurgie considérée
  • Volume d’interventions annuel adapté à la chirurgie considérée
  • Taux de reprises chirurgicales annuel dans les moyennes de la chirurgie considérée
  • Honoraires habituellement rencontrés pour l’intervention considérée, la zone géographique et le niveau de compétences
  • Compétences scientifiques : auteur référencé d’au moins un article sur le réseau Pubmed

Comment trouver un chirurgien de confiance proche de chez moi ?

QualiDoc propose une mise en relation avec les chirurgiens, auteurs du site et membres de la communauté, proches de chez vous dans la discipline de votre choix.

Dr Romain Jaillant

Auteur

Dr Romain Jaillant

Ophtalmologiste à Paris, le Dr Jaillant est spécialiste des interventions de cataracte, rétine et de chirurgie réfractive. Il exerce au Centre Ophtalmologique Paris 17 - SOS Oeil.
Voir le profil

Publier un commentaire

* champs obligatoires