Vous envisagez une opération des yeux pour ne plus porter de lunettes ? Vous ne supportez plus les lentilles ? Ou bien, vous souhaitez simplement vous renseigner sur la chirurgie réfractive ? Cette plateforme intégralement conçue par les chirurgiens en activité de la communauté QualiDoc est là pour répondre à vos questions.

Défauts visuels

Tout savoir sur les principales amétropies opérables.

Opérations

Suis-je opérable ? Par quelle méthode ? Bilan pré-opératoire et éligibilité

Lasers & implants

Quelles sont les techniques opératoires et leurs caractéristiques ?

RDV

Obtenir un rendez-vous rapidement avec un chirurgien réfractif

Qu’est-ce que la chirurgie réfractive ?

La chirurgie réfractive désigne l’ensemble des pratiques chirurgicales permettant de s’affranchir du port d’une correction optique. Ces interventions sont parmi les pratiquées au monde et s’effectuent le plus fréquemment au moyen d’un laser. Bien que parfaitement maîtrisées, leur pratique comporte des risques, comme toute opération. La consultation pré opératoire constitue ainsi un temps essentiel au cours duquel le chirurgien effectuera un bilan pré opératoire complet avant d’exposer les possibilités thérapeutiques, leurs risques et bénéfices.

Les principales chirurgies

Plusieurs méthodes chirurgicales sont possibles selon le défaut de vision. Elles présentent des caractéristiques (douleurs, risques, convalescence…) qui leur sont propres. Le choix de la méthode est fonction de l’amétropie, de la volonté du patient et du bilan pré-opératoire.

Les interventions au laser, de très loin les plus pratiquées, seront l’essentiel de l’objet de cet article :

Les opérations par pose d’implants intraoculaires, sont plus confidentielles :

La chirurgie par pose d’anneaux intra-cornéens est bien particulière. Elle s’adresse uniquement à certaines pathologies spécifiques de la cornée telles que le kératocône

Les principaux défauts visuels opérables

Les interventions citées assurent la correction des quatre principaux troubles réfractifs, également dits « amétropies », responsables de vision floue : 

Une brève histoire de la chirurgie réfractive

L’histoire de la chirurgie réfractive s’écrit entre Colombie, Russie et Japon… où tout a débuté durant l’entre-deux-guerres, avec le Dr Sato. 

Tsutomu Sato, le désastre des années 30

L’histoire de la chirurgie réfractive débute durant l’entre-deux-guerres, au Japon. Le Dr Sato, chirurgien ophtalmologue, imagine une méthode consistant à scarifier la cornée de ses patients pour induire un œdème. La modification de forme obtenue devait permettre d’obtenir les propriétés rétractives souhaitées. Les incisions étaient trop profondes. L’expérience fut un désastre.

1970, la naissance d’une discipline en URSS

L’idée est cependant reprise dans les années 1970 par un chirurgien Russe. Le Dr Sviatoslav Fiodorov, également connu pour ses multiples vies, améliore la technique de Sato en mettant au point la première méthode fiable de chirurgie réfractive. Il s’agit de la kératotomie radiaire, technique désormais abandonnée.

Les premiers pas du laser, une chirurgie à l’échelle du micron

L’introduction des lasers, à partir des années 1980, révolutionnera la discipline. Le laser excimer sculpte la cornée à l’échelle du micron, permettant la naissance de la PKR (PhotoKératectomie à visée Réfractive) telle qu’elle est encore pratiquée aujourd’hui.

10-15 secondes : la chirurgie sans douleur

Le LASIK, consistant à pratiquer la découpe d’un capot pour éviter les douleurs et accélérer la récupération visuelle, est mis au point par le Dr Jose Barraquer dans les années 60 en Colombie. D’abord découpé, congelé et sculpté à la main, le capot bénéficiera ensuite d’une découpe automatisée à l’aide d’un « microkératome ». C’est toutefois l’introduction du laser Femtoseconde (dont la durée des impulsions est de l’ordre de quelques centaines de femtosecondes…. un milliardième de millionième de secondes !!!) à partir des années 90, qui permettra la chirurgie telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui.

Années 2000, des évolutions intéressantes

La technique opératoire du SMILE (Small Incision Lenticule Extraction), chirurgie 100% femtoseconde, est apparue dans les années 2000.

La PKR transépithéliale, version 100% laser de la PKR réduisant la durée de convalescence, est apparue au même moment.

Ces dernières années sont marquées par des progrès dans le traitement de la presbytie par multifocalité et accroissement de la profondeur de champ.

Fonctionnement d’un œil normal – dit « emmétrope »

Comprendre la pathologie, nécessite d’abord quelques notions de physiologie et d’anatomie. Un œil qui ne nécessite aucune correction optique fonctionne comme la boîte noire d’un appareil photographique, les rayons lumineux s’imprimant sur la rétine de la même façon que la pellicule photographique capture une image. Dans cette analogie :

  • La lumière pénètre l’œil par la cornée, première lentille de l’objectif
  • Elle passe ensuite la pupille, diaphragme dont les variations de diamètre, ajustent l’intensité lumineuse
  • Le cristallin constitue la deuxième lentille rencontrée par la lumière. Il assure la mise au point de l’image, sorte d’autofocus.
  • La lumière voyage ensuite au sein du corps vitré, qui constitue l’essentiel de la boîte noire
  • Elle converge enfin sur la rétine en un point, comme la projection d’une image est capturée par la pellicule d’un appareil photographique.

Ainsi, la vision nette est permise par la convergence parfaite des rayons lumineux sur la rétine en toute situation. Les amétropies se caractérisent par un défaut de focalisation des rayons lumineux qui se fait en avant de la rétine pour la myopie, en arrière pour l’hypermétropie ou anarchiquement l’astigmatisme.

Anantomie oeil normal emmétrope
Œil normal, convergence de l’image sur la rétine

Les troubles de la vue opérables

Les troubles de la vue opérables sont dits « amétropies », au contraire d’un œil sain dit « emmétrope ». On les appelle également troubles réfractifs car ils proviennent de troubles de la réfraction tels qu’énoncés par les lois optiques de Snell-Descartes. Ils sont au nombre de quatre : myopie, hypermétropie, astigmatisme et presbytie.

Myopie

Il s’agit de la plus fréquente des amétropies opérées. Responsable d’une image floue en vision de loin, elle correspond à une anomalie de focalisation, l’image se projetant en avant de la rétine. Les yeux myopes peuvent être considérés comme des yeux de trop grande taille. L’opération (LASIK, PKR, tPKR ou RELEX le plus souvent), consiste à réduire la convergence des rayons lumineux pour que leur projection se fasse naturellement sur la rétine, ce qui permet l’obtention d’une image nette.

myopie
Myopie, image en avant de la rétine

Hypermétropie

L’hypermétropie est responsable d’une image floue en vision de près, de maux de tête et d’inconfort visuel. Elle correspond à une anomalie de la focalisation, l’image se projetant en arrière de la rétine. Un œil hypermétrope peut être considéré de trop petite taille. L’opération (LASIK en général) consiste à réduire la convergence des rayons lumineux pour que leur projection se fasse sans effort sur la rétine, ce qui permet la restauration d’une image nette.

Hypermétropie
Hypermétropie, image en arrière de la rétine

Astigmatisme

L’astigmatisme est responsable d’une distorsion de l’image en vision de près comme de loin. Elle est perçue floue, oblique ce trouble cause souvent une fatigue visuelle importante dite asthénopie. Un œil astigmate est un œil ovale, comme un ballon de rugby, plutôt que parfaitement sphérique, comme l’est un ballon de football. L’astigmatisme peut être isolé ou bien s’ajouter à une myopie, on parle alors d’astigmatisme myopique. S’il s’ajoute à une hypermétropie, on parle d’astigmatisme hypermétropique. Le LASIK, la PKR (transépithéliale ou non) et le RELEX peuvent, s’adresser aux patients astigmates. Le traitement nécessaire pour rétablir la netteté est de forme cylindrique. Il est dit « torique ».

Presbytie

La presbytie correspond à une baisse de vue qui survient en survient de près, autour de l’âge d’une quarantaine d’années. Elle est liée à une perte de fonction du cristallin, qui n’effectue plus la mise au point (accommodation) comme il le devrait. La presbytie s’ajoute aux amétropies déjà présentes lorsqu’il en existe. Elle peut se corriger au moyen de deux méthodes : la multifocalité (presbylasik) et la bascule (monovision).

presbytie
Presbytie, perte de l’accommodation

Traitement médical des troubles de la vue

Comme évoqué au paragraphe précédent, les troubles réfractifs correspondent à une anomalie de focalisation de l’image. Un dispositif optique (verres, lentilles) inverse au défaut de l’œil amétrope permet d’en rectifier le « défaut de réglage » et d’obtenir une image nette. Cette propriété, distingue les amétropies des autres grandes maladies de l’œil comme la cataracte, la DMLA, le décollement de rétine ou encore le glaucome, pour lesquelles lunettes et lentilles ne sont d’aucune utilité. On parle, de baisse de vision non améliorable.

Comment lire une ordonnance de correction optique ?

Une prescription optique est prescrite par un ophtalmologiste afin de communiquer à l’opticien la valeur des verres ou lentilles à fournir au patient. Il s’agit de la « formule » de correction, qui se présente habituellement ainsi :

Correction optique : ordonnance de lentilles et lunettes
Lire une ordonnance de lunettes et lentilles
  • Le côté – Certaines ordonnances portent la mention OD pour œil droit et OS pour œil gauche. Il s’agit d’un héritage du Latin, la lettre D faisant référence au terme « Dexter » et la lettre S à celui de « Sinister », qui indiquaient autrefois la latéralité.
  • La sphère – Elle correspond à l’importance de la myopie (notée -) ou de l’hypermétropie (notée +) et s’exprime en dioptries.
  • Le cylindre et son axe – Deux paramètres définissent l’astigmatisme lorsqu’il est présent. Son importance, exprimée en dioptries (négatives en général) et son axe exprimé en degrés.
  • L’addition – Elle correspond à l’importance de la presbytie. Elle est notée positivement. Sa valeur est presque toujours comprise entre 0 et +3,0 dioptries.

Verres correcteurs

Les verres correcteurs s’intègrent à une monture pour former les lunettes. Voici quelles en sont les principales caractéristiques :

  • Myopie : verres de forme concave
  • Hypermétropie : verres de forme convexe
  • Astigmatisme : verres cylindriques, auxquels s’ajoute la sphère dans le cas d’un astigmatisme mixte
  • Presbytie :
    • Verres grossissants : pour les yeux n’ayant pas de difficultés de loin, une paire de « loupes » suffit.
    • Verres progressifs : en cas de difficulté de loin, les corrections de loin et de près sont rassemblées au sein d’un unique verre dit « progressif ». La partie haute intègre la correction habituelle de myopie, hypermétropie ou astigmatisme, à laquelle s’ajoute en partie basse la correction nécessaire à la vision de près. Au contraire des verres doubles foyers du passé (aujourd’hui abandonnés), la transition est progressive, ce qui favorise la vision intermédiaire.

Lentilles de contact

Les lentilles de contact constituent une alternative aux lunettes intéressantes. Elles sont souples la plupart du temps, rigides pour les indications les plus délicates. Chez les enfants, des lentilles rigides nocturnes dites « orthokératologie » permettent de ralentir la progression de la myopie. Après des années de port régulier de lentilles sans incidents, il arrive quelques fois de consommer l’intégralité de son capital lentilles et de ne plus les supporter. Leur port est dans ce cas associé à un inconfort, un picotement, une rougeur. En présence de ces symptômes, il est nécessaire de les retirer. La chirurgie réfractive peut constituer une alternative intéressante.

Traitement chirurgical des troubles de la vue

Le traitement chirurgical des troubles de la vue repose sur deux méthodes principales.

  • Le laser : il constitue la chirurgie la plus représentée du fait de sa maîtrise, de sa facilité de mise en œuvre et des excellents résultats qu’elle permet. Quatre types d’intervention au laser sont principalement proposés : PKR, t-PKR, LASIK, RELEX.
  • Les implants : en cas de contre-indication au laser et de correction importante uniquement, une chirurgie au moyen de la pose d’implants peut s’envisager. Il s’agit des implants phakes et des opérations du cristallin clair (PRELEX).

Les chirurgies au laser

Les chirurgies au laser sont au nombre de quatre. Elles ont recours à l’application de deux types de laser distincts selon l’utilisation souhaitée. Le laser Excimer, qui est un laser photoablatif permettant de sculpter la cornée, est employé dans le cas des PKR, t-PKR et LASIK. Le laser Femtoseconde, permet quant à lui une découpe ultra-précise. Il est employé dans le cas des LASIK et RELEX.

  • PKRLa photokératectomie réfractive est la méthode la plus ancienne encore pratiquée. Un grattage manuel de la cornée précède l’application du laser Excimer. Cette méthode présente l’avantage de sa sécurité. L’inconvénient est une récupération visuelle progressive et des douleurs les premiers jours.
PKR : laser Excimer précédé d’un grattage manuel
Source Carl Zeiss Meditec
  • t-PKRLa PKR transépithéliale est une évolution récente de la PKR sans intervention manuelle. Le laser Excimer se substitue au grattage mécanique. Procédure « 100% laser », elle conserve les intérêts principaux de la PKR pour une convalescence réduite, ce qui en fait une méthode de choix.
t-PKR : 100% laser Excimer
Source Carl Zeiss Meditec
  • LASIKLe Laser-Assisted In-Situ Keratomileusis est l’opération permettant une récupération quasi immédiate et sans douleur la plus pratiquée en France. Le laser Femtoseconde découpe un volet qui est soulevé manuellement. Le laser Excimer est ensuite appliqué sur le lit stromal.
LASIK : laser Femtoseconde suivie du laser Excimer
Source Carl Zeiss Meditec
  • RELEX / SMILE – Le Small Incision Lenticule Extraction est une variante du LASIK proposant une incision réduite. Le laser Femtoseconde sculpte un lenticule en profondeur, dont la forme détermine la correction. Le lenticule est retiré manuellement par l’opérateur, ce qui constitue une étape délicate de la procédure.
RELEX : 100% laser Femtoseconde
Source Carl Zeiss Meditec

Les chirurgies par pose d’implant

La chirurgie par pose d’implants intra-oculaires est envisagée en deuxième intention, après considération de la chirurgie au laser. Les risques et effets secondaires sont plus marqués qu’au cours d’une intervention au laser en raison du caractère endo-oculaire de ce geste, ce qui doit être parfaitement compris intégré par le candidat à l’opération. Deux types d’opérations s’envisagent dans deux situations bien distinctes.

Implants phakes
Source Bausch and Lomb
  • Implants phakes (ICL / IPCL) – La chirurgie par implant phakes (ICL ou IPCL) consiste à introduire une lentille souple entre l’iris et le cristallin. Elle s’adresse exclusivement aux patients présentant une contre-indication à la chirurgie au laser : cornée irrégulière ou trop fine à la topographie, ou défaut visuel trop élevé pour le laser. Il s’agit d’une chirurgie qui donne d’excellents résultats visuels, mais périlleuse en raison de la proximité du cristallin et de son caractère endo-oculaire.

Cristallin clair
Source Carl Zeiss Meditec

  • Chirurgie de cristallin clair (PRELEX) – La chirurgie du cristallin clair ou chirurgie du cristallin à visée réfractive consiste à pratiquer l’ablation du cristallin et à le remplacer par une lentille intra oculaire. La procédure est exactement la même que celle d’une chirurgie de la cataracte. Elle s’adresse à des patients n’ayant pas encore de cataracte mais présentant une presbytie (baisse de vision de près). L’implant mis en place est dit « multifocal », c’est-à-dire doté de propriétés permettant la vision de près et de loin.

Bilan pré-opératoire, indications et contre-indications

Suis-je opérable ? Les critères les plus aisément repérables sont un âge supérieur à 20 ans, une correction stable depuis 3 ans et une amétropie « raisonnable ». Il faut en outre ne pas présenter de sécheresse oculaire ni de contre-indication topographique. Pour savoir si vous êtes véritablement opérable, rien ne remplace la consultation pré-opératoire effectuée auprès de votre chirurgien qui seule apportera une réponse certaine.

Consultation pré-opératoire

Elle débutera par une mesure de l’acuité visuelle, suivie de la réalisation d’une topographie cornéenne. Cet examen permet d’évaluer l’épaisseur de la cornée et sa régularité, desquelles dépendent les possibilités techniques. Votre ophtalmologue sondera ensuite vos motivations, recherchera une contre-indication et, si l’opération est possible, vous proposera la (ou les) méthode(s) les mieux adaptée(s) à votre cas, les bénéfices et les risques de chacune. Dans certains cas, une deuxième consultation est nécessaire en particulier pour la réalisation d’une cycloplégie (ou fond d’œil) ou bien pour réaliser un test en lentilles afin d’éprouver en vie réelle la correction envisagée.

Indications opératoires et éligibilité

Suis-je éligible ? Est-ce le bon moment d’opérer ? La pertinence d’une opération dépend de nombreux paramètres, parmi lesquels le type d’amétropie, son importance et les attentes du candidat sont essentiels. La compréhension et l’adhésion au projet thérapeutique sont indispensables, puisque c’est au patient que revient la décision d’opérer ou non.

  • Age et stabilité de la correction
    Toute correction stable depuis 3 ans chez un patient d’un âge supérieur à 20 ans est candidat à la chirurgie. Si les conditions ne sont pas réunies, le risque de régression est trop élevé.
  • Défauts visuels
    Myopie et astigmatisme donnent les meilleurs résultats. L’hypermétropie présente une tendance plus marquée à la régression. La chirurgie de presbytie repos quant à elle sur le compromis.
  • Correction minimale et maximale
    Le bénéfice d’une chirurgie réfractive tient à réduire la gêne occasionnée par un trouble visuel. Le minimum opérable se situe donc pour une correction supposant une véritable dépendance aux lunettes, sans quoi, les risques l’emportent sur le bénéfice. Le degré maximum de correction quant à lui, trouve sa limite dans l’épaisseur de la cornée qui doit demeurer suffisante après avoir été creusée par le laser. Les ordres de grandeur suivants peuvent être retenus (au-delà, envisager les implants) :
    • Myopie : entre -0,75 et -10 dioptries
    • Astigmatisme : entre -1,0 et -6 dioptries
    • Hypermétropie : entre +1,0 et +7 dioptries
    • Presbytie : entre +1,0 et +3,0 dioptries

Contre-indications opératoires et inéligibilité

Au cours de la consultation pré-opératoire, votre chirurgien s’emploiera à déceler l’absence de contre-indications à la chirurgie. L’examen topographique de la cornée est une étape décisive pour estimer la faisabilité de l’opération. On estime que 20% environ de la population adulte présente une contre-indication à la chirurgie des yeux au laser, dont voici les principales : 

  • Topographie cornéenne : épaisseur insuffisante, irrégularités et kératôcone frustre
    La topographie cornéenne évalue la régularité et l’épaisseur de la cornée (pachymétrie). Moins la cornée est épaisse, moins les possibilités de traitements son importantes. En dessous de 500 microns, LASIK et SMILE sont contre-indiqués. Une cornée irrégulière, peut évoquer un kératocône frustre, qui risquerait d’évoluer vers un kératocône authentique en cas de chirurgie (éctasie cornéenne).
  • Sécheresse oculaire
    Une sécheresse oculaire risquerait d’être aggravée par le laser. Selon son intensité, une PKR, moins pourvoyeuse de sécheresse que le LASIK, sera parfois préférée. En cas de sécheresse importante, l’abstention est de mise.
  • Sports de combat
    La pratique de sports de combat contre-indique la réalisation d’un LASIK, car le volet cornéen (capot) risquerait de se déplacer à l’occasion d’un choc.
  • Cas des grossesses en cours et à venir
    Il est admis que la grossesse, en raison des variations hormonales qu’elle implique, puisse faire varier transitoirement la vue au même titre que le diabète. Ces oscillations sont transitoires, si bien qu’un projet de grossesse n’est pas une contre-indication à la chirurgie. Il convient cependant d’éviter l’opération en cours de grossesse.

Bénéfices, risques et effets secondaires de la chirurgie au laser

Pas de chirurgie sans risque. La décision d’opérer relève du compromis établi par la balance bénéfices / risques. Peser le pour et le contre pour se décider. Le choix d’une intervention est une décision personnelle qui suppose d’en maitriser les enjeux.

Bénéfices : ce que la chirurgie apporte et ce qu’elle n’apporte pas

  • Ce que la chirurgie apporte
    • Vous ne présentez pas de presbytie – Que vous soyez myope, hypermétrope ou astigmate, le « contrat » est le même : une vie sans lunettes jusqu’à l’âge de la presbytie. Arrivé autour de votre 45ème année il vous faudra certainement porter de nouveau des lunettes en vision de près. Avant cet âge de rares cas requièrent des corrections d’appoint et de repos.
    • Vous présentez une presbytie – Qu’il s’agisse d’une presbytie isolée ou associée à une myopie, hypermétropie ou un astigmatisme, le « contrat » est le même : réduire sa dépendance aux lunettes. L’objectif de la chirurgie sera de permettre une vie à 80% sans lunette. Presque toujours, les activités soutenues et prolongées en vision de près (lecture, couture…) ou en vision de loin (conduite, théâtre) requièrent une correction d’appoint.

  • Ce que la chirurgie n’apporte pas
    • Mieux voir qu’avec les lunettes – La chirurgie n’améliore pas la vision au-delà sa capacité maximum avec lunettes ! Elle permet en revanche de se passer de correction pour une vision tout aussi bonne qu’auparavant avec correction optique.
    • Corriger des maladies de l’œil – La chirurgie réfractive n’améliore pas les troubles visuels autres que myopie, presbytie, astigmatisme et hypermétropie. Elle ne corrige malheureusement aucune autre pathologie : ni glaucome, DMLA, rétinopathie diabétique…
    • Surseoir à la presbytie – Les chirurgies standards de myopie, hypermétropie et astigmatisme ne corrigent pas la presbytie. À l’âge de 45 ans environ, le port d’une correction de près est nécessaire
    • 100% sans lunettes chez les presbytes – En cas de presbytie, la chirurgie réfractive ne permet souvent pas une vie 100% sans lunettes.

Effets secondaires de la chirurgie au laser

Sont présentés dans ce paragraphe les effets secondaires de la chirurgie au laser que l’on peut qualifier de fréquents. Il s’agit de conséquences de l’intervention, généralement non graves, mais suffisamment courantes pour devoir se préparer à les affronter. D’intensité variable selon les patients, il convient au candidat à la chirurgie de les accepter : opter pour l’intervention signifie que la perspective des bénéfices (absence de lunettes) l’emporte sur celle de ces « inconvénients ».

  • La sécheresse oculaire
    Quel que soit le trouble visuel et la technique opératoire, une chirurgie au laser est pourvoyeuse de sécheresse oculaire.
  • Perception de halos lumineux
    Les halos naissent d’aberrations optiques directement induites par la chirurgie. Ils sont perçus comme une auréole floue autour d’un point lumineux.
  • Survenue d’une presbytie autour de 45 ans
    Un œil opéré devient « emmétrope », ce qui signifie une vision nette sans correction. Cet œil, comme n’importe quel autre subira les effets de l’âge réduisant la capacité de mise au point, ce qui se manifestant par une diminution de la vision de près requérant des lunettes autour de 45 ans.
  • Risque de régression
    La régression constitue la « récidive » du trouble visuel. Pour le réduire au maximum, il convient de n’opérer que des amétropies stables. Malgré ces précautions, la régression reste possible, tout particulièrement en cas d’hypermétropie.

Les complications de la chirurgie au laser

Au contraire des effets secondaires évoqués au paragraphe précédent, les complications de la chirurgie réfractive sont d’une gravité supérieure, mais également d’une fréquence bien moindre. Elles sont très rares, et ne se produisent qu’exceptionnellement. Ces accidents demeurent néanmoins possibles. Il peut s’agir d’infections, d’inflammations… répondant habituellement bien au traitement. Des cas exceptionnels de réduction de la vision après une chirurgie réfractive demeurent néanmoins possibles.

Il est important de noter que les complications de la chirurgie par pose d’implants intra-oculaires sont nettement plus élevées que dans le cas d’une chirurgie au laser.

Jour-J : déroulement, anesthésie et séjour

Les interventions de chirurgie réfractive se déroulent en « externe » ce qui signifie, ce qui signifie qu’elle ne nécessite pas d’hospitalisation. Une anesthésie locale par collyres suffit à empêcher toute douleur. Le retour chez soi est possible accompagné aussitôt la chirurgie terminée. La durée sur place est de l’ordre de 2 heures, la durée en salle d’opération de 30 minutes.

Déroulement d’une chirurgie au laser : le jour-J

  • Séjour : externe (ne nécessite pas d’hospitalisation)
  • Anesthésie : locale par collyres
  • Durée en salle : 20 à 30 minutes pour les deux yeux
  • Durée sur place : 2 heures environ
  • Jeûne et consultation d’anesthésie : ils ne sont pas nécessaires
  • Retour à domicile : toujours accompagné

Quelle anesthésie pour une chirurgie au laser ?

Les interventions au laser (PKR, t-PKR, LASIK et RELEX) sont intégralement réalisées sous anesthésie locale dont quelques gouttes suffisent à anesthésier parfaitement la cornée. On parle d’anesthésie topique, qui est administrée à l’arrivée en salle d’opération. L’intervention est indolore et il n’est pas nécessaire de respecter le jeune. En cas d’anxiété majeure, un anxiolytique pourra être prescrit par votre chirurgien

Déroulement de l’intervention au laser

La chirurgie dure une vingtaine de minutes (30 minutes en salle) pour les deux yeux.

  • Installation
    • Application des collyres anesthésiants, bétadine, champ opératoire, pose du blépharostat
    • Installation du microscope, l’œil opéré est ébloui et devra fixer les lumières indiquées.
  • Déroulement de la procédure
    • PKR – Après le grattage manuel de la cornée parfaitement indolore, le laser est appliqué, puis une lentille déposée sur votre oeil. Elle sera retirée en consultation quelques jours plus tard.
    • t-PKR – Procédure 100% laser, elle est très facile à supporter car aucun contact physique n’est requis. Il suffit de fixer le laser durant une minute par œil. À l’issue de son application, une lentille est laissée en place. Elle sera retirée en consultation.
    • LASIK – L’application de deux lasers se succède. Au cours du premier laser, une pression liée à la « succion » peut-être ressentie. Une perte de vision transitoire est souvent observée. L’intervention dure une vingtaine de minutes pour les deux yeux.
    • RELEX / SMILE – L’application d’un laser précède l’ablation du lenticule. L’intervention dure une dizaine de minutes par oeil.
  • Contrôle post-opératoire
    • Le chirurgien contrôle l’aspect post-opératoire et remet les dernières consignes

Suites opératoires et convalescence

Après la chirurgie c’est le retour à domicile. Le rétablissement est quasi immédiat pour les interventions par LASIK et RELEX, qui autorisent une reprise du travail dès le lendemain. La PKR (transépithéliale ou non) suppose quelques jours de convalescence en raison du flou visuel et des douleurs, qui durent 2 à 3 jours. Le retour à une activité professionnelle est permis vers le cinquième jour. Dans tous les cas, un traitement par collyres d’une quinzaine de jours est recommandé.

Suites opératoires : récupération, convalescence et douleurs

  • PKR et PKR transépithéliale
    • L’intervention est rapide et non douloureuse, mais suivie durant 48 heures environ de douleurs. Elles rappellent la présence de graviers sous la paupière et sont expliquées par la mise à nue de la cornée. Elles débutent dans les heures suivant l’intervention et sont perçues très inégalement selon les patients. Soulagées par les antalgiques elles ne peuvent pas être totalement évitées.
    • La vision quant à elle est floue les premiers jours et s’améliore rapidement par la suite, pour devenir parfaite après un mois.
    • La gêne visuelle et les douleurs permettent une reprise du travail autour du cinquième jour post-opératoire.
  • LASIK et RELEX / SMILE
    • Ces deux méthodes sont parfaitement indolores. Une petite gêne est habituellement décrite durant les heures suivant le geste et s’estompe très vite. Le lendemain, il n’existe aucune douleur et la vision est bonne.
    • Dans certains cas, la reprise du travail peut s’envisager dès le lendemain d’opération.

Soins post-opératoires

Les principaux médicaments administrés après l’opérations au laser sont des collyres (gouttes) inflammatoires, antibiotiques et lubrifiants.

  • Collyres – Antibiotiques, anti-inflammatoires et lubrifiants.
    • Hygiène des mains irréprochable lavées à l’eau et au savon avant chaque soin.
    • Le flacon ne doit pas entrer en contact avec l’œil.
    • Un intervalle de 3 minutes est à respecter entre l’instillation des différents collyres.
    • Les mouillants (larmes artificielles) sont à poursuivre plusieurs semaines
  • Coque – A porter la nuit pour éviter les frottements oculaires. De façon générale, éviter de porter les mains aux yeux.
  • Antalgiques par voie orale – Ils sont prescrits seulement en cas de PKR. L’application d’un masque froid est possible pour réduire les douleurs en cas de PKR uniquement.
  • Arrêt de travail – La chirurgie réfractive, considérée comme « esthétique », ne donne pas lieu à la délivrance d’un arrêt de travail. En cas de PKR, il conviendra de prévoir la pose de congés en amont de l’intervention.

Recommandations post-opératoires

  • Frottements oculaires – Tout contact avec les yeux est proscrit, en particulier les jours suivant la réalisation d’un LASIK pour éviter le déplacement du volet.
  • Exposition solaire – Les verres solaires sont indispensables durant trois mois en cas d’exposition solaire , pour réduire le risque de régression favorisé par les UV.
  • Baignade – L’immersion est proscrite durant 3 semaines environ. Le ruissèlement, paupière fermée, est possible après quelques jours.
  • Sport – La reprise du sport est possible après 15 jours pour les lasers, un mois pour les implants.
  • Ecrans – Il est habituellement recommandé de ne pas fixer d’écran les premières heures suivant la chirurgie pour ne pas gêner le clignement des paupières.
  • Maquillage – Il est recommandé de l’éviter les 15 premiers jours en cas de laser, le premier mois en cas de pose d’implants.

En cas de difficultés, il est indispensable de contacter votre chirurgien au plus vite.

Informations utiles, documents et administratif

Consentements

Consentement – Laser

Recommandations officielles émises par la SFO (société française d’ophtalmologie) concernant la chirurgie réfractive cornéenne au laser

Consentement – Implants phakes

Recommandations officielles émises par la SFO (société française d’ophtalmologie) concernant la chirurgie réfractive par implants phakes

Consentement – Cristallin clair

Recommandations officielles émises par la SFO (société française d’ophtalmologie) concernant la chirurgie réfractive du cristallin clair

Résumé des interventions

PKR et t-PKR

RELEX / SMILE

Implants phakes (ICL / IPCL)

Cristallin clair (PRELEX)

Questions fréquentes

Le terme d’opération des yeux au laser fait implicitement référence aux méthodes classiques de chirurgie réfractive que sont le LASIK, la PKR (transépithéliale ou non) et le ReLEx/SMILE. Ces procédures s’opposent aux chirurgies réfractives ayant recours à la pose d’un implant intraoculaire, usage réservé aux situations les plus délicates. Signalons que, si la confusion est possible, les autres opérations des yeux (paupières, cataracte, rétine…) ne font pour la plupart pas appel à l’usage du laser, ou bien très à la marge.

Tout dépend laquelle ! Pour ne citer que les lasers :

  • LASIK et le ReLEx/SMILE sont sans douleur. La chirurgie est parfaitement indolore, tout comme les suites opératoires. Tout au plus peut-on ressentir des picotements durant les quelques heures suivant l’opération, presque toujours dissipés le lendemain matin.
  • La PKR, au même titre que sa sœur jumelle, la PKR transépithéliale, est douloureuse, mais seulement après l’intervention. L’application du laser est parfaitement indolore, la gêne apparaissant dans les minutes suivantes. Sa nature est décrite comme une sensation de grains de sable sous les paupières. Elle dure en général 2 à 3 jours pour la PKR, 1 à 2 pour la PKR transépithéliale dont la cicatrisation est plus rapide. La douleur, comme souvent en chirurgie, est ressentie très inégalement par les patients. Certains évoquent tout au plus une légère gêne, d’autres une véritable douleur. Des antalgiques sont prévus en atténuer l’intensité, mais la douleur ne peut pas être complètement évitée.

 

Une chirurgie réfractive dure une dizaine de minutes par œil environ pour les interventions au laser. Les procédures sont habituellement bilatérales. La PKR est plus rapide que le LASIK. Les chirurgies par pose d’implant, qui sont plus confidentielles, durent une demi-heure environ par œil.

Les lasers sont équipés de dispositifs appelés « eye trackers ». Ils ont pour fonction d’interrompre le traitement en cas de perte de fixation. Pour bénéficier d’un traitement très précis, il reste malgré tout indispensable de fixer au mieux les lumières indiquées par le chirurgien au cours de la procédure.

Oui et non. L’œil non opéré est masqué par le champ opératoire. L’œil opéré, quant à lui, est éclairé par une lumière très éblouissante qui ne permet pas de percevoir normalement les choses. Il est en revanche primordial de fixer les lumières colorées indiquées par votre chirurgien.

Oui, les interventions laser (PKR, LASIK, RELEX) proposées pour la chirurgie réfractive sont habituellement bilatérales. Les poses d’implants, beaucoup rares, se font habituellement œil par œil.

Non, la chirurgie réfractive ne nécessite pas d’hospitalisation. Les opérations des yeux au laser se déroulent en externe. Les opérations par pose d’implants peuvent, quant à elle se dérouler en chirurgie ambulatoire.

Là encore, tout dépend. Les tarifs varient selon le type d’intervention, le chirurgien… Comptez autour de 2000 euros pour un traitement bilatéral en PKR, 2500 euros en LASIK, 3000 euros pour un PresbyLasik. Ces interventions ne sont pas remboursées par la sécurité sociale. Les complémentaires santé (mutuelles), selon le contrat souscrit et leur politique de remboursement prennent en charge ces chirurgies en intégralité, partiellement ou pas du tout. La prise en charge s’exprime généralement sous forme d’un forfait pour le traitement d’un œil.

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Les chirurgiens réfractifs de la communauté QualiDoc sont les ophtalmologues ayant élaboré le contenu du site internet dans cette spécialité. Afin de garantir la fiabilité du contenu médical proposé, l’adhésion des médecins auteurs est conditionnée par la satisfaction des critères suivants :

  • Formation générale initiale : D.E.S. (diplôme d’étude spécialisé) en ophtalmologie
  • Diplôme complémentaire en chirurgie réfractive ou apprentissage au cours de l’internat ou du post-internat adapté à la chirurgie réfractive
  • Volume annuel d’interventions supérieur à 50 (année précédente ou moyenne sur 3 ans)
  • Taux de reprises chirurgicale dans l’année suivant l’opération <1%
  • Honoraires habituellement rencontrés en chirurgie réfractive pour la zone géographique considérée et le niveau de compétences
  • Compétences scientifiques : auteur référencé d’au moins un article sur le réseau Pubmed

Dr Romain Jaillant

Auteur

Dr Romain Jaillant

Ophtalmologiste à Paris, le Dr Jaillant est spécialiste des interventions de cataracte, rétine et de chirurgie réfractive. Il exerce au Centre Ophtalmologique Paris 17 - SOS Oeil.
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