L’hypermétropie est une anomalie de la vue qui affecte la vision de près. Chez les patients hypermétropes, l’observation d’objets proches requiert un effort de mise au point plus important que ce qu’il devrait, conduisant à des maux de tête (céphalées), un inconfort visuel, des vertiges et une vision floue. Avec l’âge, qui rend l’effort de mise au point plus difficile, ou en cas de forte hypermétropie, la vision peut également être altérée de loin. L’hypermétropie touche 10 à 15% de la population française environ. Ce défaut visuel est causé par un globe oculaire de trop petite taille, l’image se focalisant en arrière de la rétine. L’hypermétropie se corrige en faisant converger l’image sur la rétine au moyen d’une correction optique (lunettes, lentilles) ou d’une opération, au même titre que la myopie, l’astigmatisme et la presbytie, qui sont les autres troubles de la réfraction.

Vision de l’hypermétrope
Floue de près, nette de loin

L’hypermétropie en bref

  • Évolution : débute dans l’enfance et évolue tout au long de la vie
  • Fréquence : 10 à 15 % de la population française
  • Facteurs de risque : hérédité
  • Cause : œil de petite taille, image formée en arrière de la rétine
  • Mesure : en dioptries positives, forte à partir de +5,00
  • Symptômes principaux : vision floue de près, fatigue visuelle
  • Associations possibles : astigmatisme, presbytie
  • Complications possibles : amblyopie et strabisme chez l’enfant, glaucome chez l’adulte
  • Correction optique : verres correcteurs ou lentilles de contact
  • Traitement chirurgical : LASIK ou implants

Mécanismes, pourquoi est-on hypermétrope ?

L’hypermétropie est liée à un défaut de convergence de l’image au niveau de la rétine. L’œil hypermétrope, étant généralement trop court, l’image se forme en arrière de la rétine au lieu de se projeter très exactement sur elle. « Ramener » cette projection sur la rétine demande un effort de mise au point éprouvant.

Hypermétropie
Œil hypermétrope
L’image se forme en arrière de la rétine

Trajet de la lumière dans un œil

Le trajet de la lumière à travers un œil permettant la vision de l’image observée, se résume ainsi : les rayons lumineux en provenance de l’objet regardé pénètrent l’œil par la cornée (structure transparente sur laquelle se posent les lentilles de contact). Ils passent ensuite la pupille, le cristallin et convergent sur la rétine où s’imprime l’image, conduite aux aires cérébrales chargées de les interpréter par l’intermédiaire du nerf optique.

Anantomie oeil normal emmétrope
Œil normal

Le fonctionnement d’un œil peut être assimilé à celui de la chambre noire d’un appareil photographique :

  • La cornée, première lentille traversée par la lumière, peut être comparée à la première lentille de l’appareil photographique.
  • Le cristallin, permettant la mise au point (focus), peut être comparé à l’objectif de l’appareil photographique.
  • La pupille, permettant d’ajuster la quantité de lumière transmise à l’œil, peut être comparée au diaphragme de l’appareil photographique.
  • La cavité vitréenne, traversée par la lumière, peut être comparée à la chambre noire de l’appareil photographique
  • La rétine, sur laquelle s’imprime l’image, peut être comparée à la pellicule de l’appareil photographique.

Fonctionnement d’un œil normal – dit « emmétrope »

Dans un œil qui n’est ni myope, ni hypermétrope, ni astigmate, ni presbyte la lumière converge très exactement sur la rétine en un point d’une taille d’un millimètre environ, nommé macula. En toute situation, le cristallin assure la mise au point en faisant varier la convergence des rayons qui se projettent toujours parfaitement sur la macula, ce qui assure une image nette. Cet œil est dit emmétrope, par opposition aux yeux présentant un trouble réfractif (selon les lois de la réfraction de Snell-Descartes), dits amétropes.

Fonctionnement d’un œil hypermétrope

Un œil hypermétrope est un œil qui présente le défaut de mise au point suivant : la projection de l’image a tendance à se former en arrière de la rétine. Cette situation se produit en général lorsque le globe oculaire est de trop petite taille. Contrairement à la myopie, il est possible de « rapprocher » cette image par un effort de mise au point supplémentaire ce qui explique l’effort accompli pour voir net et la fatigue visuelle ressentie par les patients hypermétropes. C’est un peu comme si « l’autofocus » de l’œil cherchait en permanence la netteté idéale, ce qui est très consommateur d’énergie et fatigant.

Hypermétropie
Œil hypermétrope
L’image se forme en arrière de la rétine

Relation de la myopie avec les autres troubles de la vision

  • Hypermétropie et myopie
    L’hypermétropie s’oppose à la myopie, qui se caractérise par un œil trop long et une image qui se forme en avant de la rétine. Hypermétropie et myopie ne sont donc jamais associées.
  • Hypermétropie et astigmatisme
    L’hypermétrope peut en revanche être associée à l’astigmatisme, qui se produit lorsqu’un œil est de forme ovale en plus d’être de trop petite taille. On parle alors d’astigmatisme hypermétropique.
  • Hypermétropie et presbytie
    Avec l’âge, l’œil perd sa capacité de mise au point. Ce défaut visuel appelé presbytie s’ajoute aux amétropies préexistantes. En cas d’hypermétropie, la presbytie pose d’autant plus vite problème qu’une partie de la mise au point (autofocus) est déjà mise en œuvre pour compenser l’hypermétropie. Ce phénomène consomme la « réserve accommodative » de l’œil, qui est ainsi réduite chez les patients hypermétropes. Voilà pourquoi, la presbytie, lorsqu’elle survient chez un patient hypermétrope, pose rapidement des difficultés en vision de près… et parfois même de loin !

Mesure en dioptries et acuité visuelle

L’hypermétropie s’exprime en dioptries positives, valeur qui correspond au degré de correction du verre nécessaire à la correction. Par exemple, l’hypermétropie est dite forte au-delà de +5 dioptries.

Ordonnance de correction lunettes et lentilles - Formule
Lire une ordonnance d’hypermétropie

Notion de sphère positive et stades d’hypermétropie

La mesure en dioptries d’un système optique exprime sa capacité à faire converger (+) ou diverger (-) la lumière. Dans le cas d’un œil hypermétrope, l’image se formant en arrière de la rétine, la convergence de ce système est trop faible. La correction à apporter est donc un système optique convergent, mesuré en « sphère positive ». Par exemple, une hypermétropie de +3 dioptries, se corrige par le port de verres convergents ou de lentilles de contact d’une valeur de +3 dioptries. L’hypermétropie est dite faible jusqu’à +1,5, modérée jusqu’à +5, forte au-delà.

Fréquence-myopie-hypermetropie-population
Fréquence et répartition de l’hypermétropie selon sa puissance *

Notion d’acuité visuelle

L’expression d’une correction en dioptries, ne doit pas être confondue avec la mesure de l’acuité visuelle, qui s’exprime en 10èmes et évalue une notion bien différente : celle de la capacité d’un œil à discerner de petits caractères. L’acuité visuelle désigne ainsi le pouvoir séparateur de l’œil entre deux points et se mesure en consultation par la taille des lettres que le patient parvint à distinguer en vision de loin (sur l’échelle de Monnoyer). Contrairement à la correction, l’acuité visuelle ne figure le plus souvent pas sur l’ordonnance de votre ophtalmologiste car elle n’est pas utile à la confection des verres correcteurs.

Acuité visuelle non corrigée chez le patient hypermétrope

Sans correction, la plupart des patients hypermétropes jeunes présentent une acuité de loin à 10/10. C’est seulement avec l’ajout d’une presbytie liée à l’âge, ou en cas d’hypermétropie très forte, que l’acuité visuelle est réduite en vision de loin.

Acuité visuelle corrigée chez le patient hypermétrope

Un patient hypermétrope dont l’acuité serait abaissée de loin, retrouve en principe une acuité normale de 10/10ème avec le port d’une correction. Le préjudice de l’hypermétropie étant ainsi entièrement corrigé par le port d’une correction optique adaptée. Si malgré une correction adaptée l’acuité visuelle reste inférieure à 10/10èmes, c’est qu’une autre cause doit être recherchée comme un décollement de la rétine, une dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), un glaucome…

Hypermétropie : une acuité souvent supérieure à 10/10 !

Par convention, 10/10ème correspond à la capacité d’un œil à distinguer deux points distants d’une minute d’angle. Une minute d’angle correspondant à 1/60ème de degré, ce « pixel » minimal discernable par l’œil équivaut environ à 2cm à 100 mètres. Cette définition explique que certains patients ayant des capacités supérieures à la moyenne voient mieux que 10/10, ce qui est souvent le cas des patients hypermétropes qui ont naturellement une acuité visuelle de loin excellente. On rencontre ainsi régulièrement des hypermétropes non corrigés aux acuités de 12, 15 voir 20 dixièmes – mais ceci reste tout de même exceptionnel.

Facteurs de risques de l’hypermétropie

Le principal facteur de risque de l’hypermétropie est l’hérédité. En dehors de causes génétiques exceptionnelles (certains cas de microphtalmie) la presbytie n’est pas une maladie génétique. En revanche, l’hérédité (présenter un parent ou deux hypermétropes) augmente sensiblement le risque d’être soi-même hypermétrope.

Symptômes et manifestations de l’hypermétropie

Les symptômes de l’hypermétropie sont nombreux, ce qui rend son diagnostic parfois difficile. En premier lieu, le patient présente seulement des céphalées ou des vertiges sans baisse de vision véritable. Cette gêne est plus marquée en vision de près. Lorsque l’effort devient trop important et n’est plus compensé naturellement, une baisse de vision apparaît. D’abord de près, quelques fois de loin également.

Spasme accommodatif
  • Hypermétropie compensée – Il n’est pas rare que certains hypermétropes jeunes ne présentent aucun symptôme d’hypermétropie. L’effort accommodatif n’est pas symptomatique et permet la mise au point nécessaire à une vision nette. Ces patients présentent souvent une excellente acuité visuelle de loin.
  • Hypermétropie décompensée – Avec l’âge, un épisode de fatigue ou en sollicitant d’avantage sa vision de près, l’hypermétropie tend à se décompenser. Cela signifie que l’effort accommodatif requis est trop important et qu’il cause des symptômes désagréables. Il peut s’agir de maux de tête (céphalées), plutôt frontales et majorées en vision de près. Une sensation vertigineuse peut également être présente. Les stades suivants sont une baisse de vision de près, suivie d’une baisse de vision de loin.

Symptômes d’une hypermétropie associée à un astigmatisme

L’hypermétropie peut s’associer à un astigmatisme. On parle alors d’astigmatisme hypermétropique. En plus des symptômes de l’hypermétropie, la vision est légèrement déformée en vision de loin comme de près.

Symptômes d’une hypermétropie associée à une presbytie

Contrairement à la myopie qui « protège » de la presbytie, l’hypermétropie précipite l’entrée dans la presbytie. Deux cas de figure sont fréquents :

  • Hypermétropie jusqu’ici ignorée – Ces patients ont toujours présenté une bonne vue, jamais porté de lunettes et présentent subitement une baisse de vision de près autour de 40 ans, parfois accompagnée d’une baisse de vision de loin. L’entrée dans la presbytie décompense l’hypermétropie. La correction s’effectuera à l’aide de simples lunettes en vision de près.
  • Hypermétropie connue et corrigée – L’entrée dans la presbytie accroît les difficultés, ce qui nécessite d’augmenter sa correction et passe souvent par le port de verres progressifs.

Évolution de l’hypermétropie

Les enfants naissent hypermétropes, caractéristique que l’œil perd naturellement avec sa croissance qui s’achève autour de l’âge de deux ans. L’hypermétropie est ensuite fixée pour la vie. Plutôt qu’évolutive, elle est rendue plus ou moins gênante (symptomatique) selon l’âge : les années passant, on compense de moins en moins l’hypermétropie. Ainsi, les hypermétropies importantes sont invalidantes dès l’enfance. Les hypermétropies plus modérées ne posant problème qu’au début de l’âge adulte, voir à l’entrée dans la presbytie.

Hypermétropie de l’enfant

Plus l’hypermétropie se manifeste tôt, plus elle est forte. L’hypermétropie de l’enfant est un cas particulier très difficile à diagnostiquer. En effet, l’enfant dispose d’une réserve accommodative majeure, si bien qu’à l’examen, l’hypermétropie ne se révèle pas toujours et l’examen peut sembler normal, ce qui peut tromper l’examinateur. En cas de symptômes très évocateurs d’hypermétropie (difficultés de concentration, céphalées fréquentes, épisodes inconstants de flous visuels, enfant qui se rapproche pour lire), un examen plus poussé est requis : la cycloplégie.

Hypermétropie de l’adulte

En cas d’hypermétropie modérée, les symptômes ne se déclarent parfois qu’à l’adolescence ou à l’âge adulte. Un accroissement des activités de près et une réduction de la tolérance de l’hypermétropie induit des maux de tête et céphalées après du temps passé en vision de près (écrans, travail…), parfois une baisse de vision.

Hypermétropie et presbytie

Avec la presbytie, la perte quasi complète de l’accommodation rend rapidement les hypermétropies, même faibles, difficiles à compenser. La baisse de vision de près est inéluctable et souvent assez précoce, parfois dès quarante ans. Cette baisse est parfois suivie d’une diminution de la vision de loin également.

Complications de l’hypermétropie

Un œil hypermétrope est un œil de petite taille, ce qui lui confère des propriétés exposant d’avantage à certaines pathologies telles que le strabisme et l’amblyopie chez l’enfant, le  glaucome à angle étroit chez l’adulte.

Complications de l’enfant : strabisme et amblyopie

  • Strabisme convergent – L’accommodation (mise au point) est associée dans l’œil humain à la convergence (loucher). C’est ce qui s’appelle le réflexe accommodation-convergence permettant une bonne synchronisation du regard en vision de près. L’hypermétropie, qui requière une accommodation constante, peut induire chez l’enfant un strabisme convergent, qui conduit à loucher vers l’intérieur.
  • Amblyopie – Si un œil est privilégié au détriment de l’autre, le strabisme sera plus important sur un œil que l’autre et aboutit au développement d’une amblyopie, autrement appelée « œil fainéant ». Cette maladie correspond au mauvais développement des aires cérébrales de la vision du côté atteint.

Dans les deux cas, une correction optique est d’abord de mise. Un cache sera en outre appliqué pour masquer le « bon » œil et stimuler l’œil fainéant en cas d’amblyopie afin de le stimuler, traitement qui doit absolument être initié avant l’âge de 6 ans. Si le strabisme régresse insuffisamment avec ce traitement, une chirurgie sera proposée, le plus souvent autour de l’âge de 6 ans.

Hypermétropie de l’enfant, quand consulter ?

  • Consultation urgente : la perception, même intermittente, d’un strabisme chez l’enfant doit impérativement conduire à une consultation rapide chez un ophtalmologue. En cas de doutes sur la bonne vision de votre enfant, une consultation est toujours préférable, en particulier durant la petite enfance.
  • Consultation systématique avant 2 ans : des antécédents familiaux (parents, fratrie) d’hypermétropie forte, de strabisme ou d’amblyopie doivent conduire impérativement à une consultation systématique avant l’âge de deux ans.
  • Consultation systématique avant 4 ans : pour tous les enfants, y compris en l’absence d’antécédents familiaux et de symptômes particuliers, une consultation est nécessaire autour de l’âge de 4 ans.

Complication de l’adulte : glaucome à angle étroit

L’œil hypermétrope est un œil aux dimensions réduites. Avec l’âge, le cristallin qui est une lentille intraoculaire, s’agrandit et occupe naturellement une place de plus en plus importante, ce qui réduit l’espace par lequel le liquide remplissant l’œil (humeur aqueuse) et secrété en permanence par les corps ciliaires se résorbe. Ceci a pour effet d’augmenter la tension intraoculaire et peut mener à un glaucome parfois très brutal, conduisant à une hospitalisation et souvent des séquelles irréversibles pour la vue. Un dépistage permet d’estimer le risque de glaucome aigu par fermeture de l’angle et de proposer un traitement préventif par laser (iridotomie périphérique) s’il est estimé nécessaire. Seule une consultation ophtalmologique permet cet examen de dépistage.

Diagnostic et examens complémentaires

Le diagnostic de l’hypermétropie se confirme au cabinet de l’ophtalmologiste par la mesure de la réfraction objective et subjective, quelques fois complétée par la réalisation d’une cycloplégie.

  • Mesure de la réfraction objective – Dans un premier temps, l’ophtalmologiste effectue une réfraction objective au moyen de l’autoréfractomètre… instrument fameux en raison des montgolfières qu’il convient d’observer au cours de son exécution. Cette étape permet une estimation de l’hypermétropie exprimée en dioptries.
  • Réfraction subjective – Dans un deuxième temps, l’ophtalmologiste confirme la mesure obtenue en proposant différentes corrections au patient. Cette étape permet une confirmation du degré de myopie. Dans le même temps, l’ophtalmologue vérifie la valeur de l’acuité visuelle au moyen de la lecture sur l’échelle de Monnoyer en projetant des lettres sur un écran.
  • Examen sous cycloplégique – L’hypermétropie étant masquée et très difficile à diagnostiquer chez l’enfant, un examen sous cycloplégie sera proposé en cas de suspicion forte d’hypermétropie (difficultés de concentration, vision floue – même non confirmée par les tests, strabisme, antécédents familiaux…), même en cas d’examen normal. Le produit instillé, du skiacol (cyclopentolate) ou de l’atropine, ont pour effet de neutraliser la mise au point (effet cycloplégiant), ce qui permet d’obtenir une mesure fiable à 100% de la correction. En outre, ces collyres dilatent la pupille, ce qui permet également la réalisation d’un fond d’œil. Cet examen présente l’inconvénient de rendre la vision floue durant plusieurs heures pour le Skiacol, plusieurs jours pour l’atropine, ce qui doit être pris en considération avant la réalisation de l’examen. Il convient également de ne pas utiliser de skiacol chez les patients épileptiques.
  • Gonioscopie – Pour préciser le risque de glaucome à angle étroit, chez les patients de plus de 50 ans, une gonioscopie pourra être réalisée par votre ophtalmologiste s’il l’estime nécessaire. Il s’agit d’un examen au cours duquel une lentille est posée sur votre œil, après anesthésie locale. Cet examen pour être complété d’une échographie UBM ou d’un OCT.

Correction optique de l’hypermétropie

L’hypermétropie se corrige au moyen d’un équipement optique. Il peut s’agir de verres correcteurs, de lentilles souples ou rigides. Parvenu à l’âge adulte et en cas de correction stable, la chirurgie réfractive permet également de corriger l’hypermétropie.

Ordonnance de correction lunettes et lentilles - Formule
Lire et comprendre son ordonnance de verres correcteurs

Correction de l’hypermétropie par verres correcteurs

L’hypermétropie se corrige en premier lieu au moyen de verres correcteurs dont le degré de correction se trouve sur l’ordonnance prescrite par votre ophtalmologiste. Il s’agit de la première valeur, précédée du signe positif. Les verres corrigeant l’hypermétropie sont dits sphériques, de forme convexe, présentent la propriété de faire converger la lumière et réduisent légèrement le champ de vision.

Correction de l’hypermétropie

Qu’est-ce que des verres de repos dans le cas de l’hypermétropie ?

Les verres de repos correspondent à une faible correction d’hypermétropie. Ils sont appelés ainsi puisqu’ils n’ont pas pour intérêt d’améliorer la vision, qui est général conservée chez ces patients, et nourrissent pour principal objectif de soulager l’effort accommodatif (mise au point). Ces verres ne sont donc bien souvent pas nécessaires en vision de loin, mais recommandés en vision de près pour réduire les symptômes désagréables liés à l’hypermétropie.

Filtres anti-lumière bleue et hypermétropie ?

La question des verres de repos s’associe souvent à celle des filtres anti-lumière bleue. Il est important de comprendre que la gêne ressentie derrière un écran lorsque l’on est hypermétrope tient avant tout à l’effort accommodatif et sera avant tout soulagée par les verres de repos. Associer des filtres bleus à cette correction est possible et permet de réduire la quantité de lumière bleue, émise par les écrans modernes, parvenant à l’œil. Gardez en tête que les filtres bleus jaunissent légèrement l’image (couleur complémentaire du bleu) ce qui peut être dommage, voir inconfortable.

Correction de l’hypermétropie par lentilles de contact

Les lentilles de contact, souples ou rigides, permettent également une correction de l’hypermétropie. Les lentilles souples sont de loin les plus répandues, en raison de leur facilité d’utilisation mais le risque infectieux suppose une hygiène irréprochable. Pour corriger les hypermétropies fortes et complexes, les lentilles rigides sont une excellente alternative.

Opération de l’hypermétropie

Pour les patients adultes d’un âge supérieur à 20 ans, présentant une hypermétropie stable depuis 3 ans au minimum, la chirurgie peut s’envisager. Au cours du bilan pré opératoire, une topographie cornéenne sera réalisée pour évaluer l’épaisseur et la régularité de la cornée, éléments indispensables pour s’assurer de l’éligibilité à la chirurgie et orienter vers l’une ou l’autre des méthodes.

  • L’opération au laser est la méthode de choix. Il s’agira du LASIK qui est la seule méthode valable à ce jour pour le traitement de l’hypermétropie. PKR, PKR transépithéliale et SMILE ne sont pas recommandés.
  • En cas d’inéligibilité aux chirurgies laser et d’hypermétropie très invalidante, la pose d’implants intraoculaires (ICL/IPCL) peut exceptionnellement s’envisager. Les risques sont néanmoins bien supérieurs à ceux encourus au cours d’une chirurgie au laser et seuls des patients motivés et bien informés sont candidats à cette intervention qui nécessite une compréhension parfaite de l’acte.

Questions fréquentes

Le plus souvent, l’hypermétropie  est causée par une longueur anormalement courte  de l’œil. En effet, l’hypermétropie est liée à un défaut de convergence de la lumière : l’image se forme en arrière de la rétine, qui est trop proche, au lieu de se projeter très exactement sur elle.

L’hypermétropie est un défaut visuel, qui rend floue la vision de près. Cette situation se produit en général lorsque l’œil est de trop petite taille, et ne doit pas être confondu avec la myopie, qui est l’inverse.

Les gens qui sont hypermétropes voient flous les objets proches. En effet, la « mise au point » de l’œil hypermétrope est faussée car la lumière converge en arrière de la rétine, et non pas sur celle-ci directement.

Le principal facteur de l’hypermétropie est l’hérédité. En effet, avoir des parents hypermétropes augmente les chances de l’être soi-même. La plupart du temps, le diagnostic se fait à l’âge adulte, lorsque les efforts pour compenser en vision de près deviennent trop difficiles.

Diagnostiquer l’hypermétropie n’est pas si facile, car il existe de nombreux symptômes qui évoluent tout au long de la vie. Le premier indicateur est d’avoir des vertiges et des maux de tête, notamment lors d’efforts en vision de près. Ensuite, une baisse de netteté en vision de près lorsqu’on vieillit peut indiquer une hypermétropie. Pour s’assurer que vous êtes hypermétrope, la meilleure solution reste de consulter un ophtalmologue.

L’hypermétropie se corrige principalement grâce à des lunettes ou des lentilles. Selon la force de la correction nécessaire, des verres de repos peuvent nettement améliorer le confort visuel. Une fois adulte, et avec une vision stabilisée, il est aussi possible de se faire opérer d’une chirurgie réfractive.

Si vous avez plus de 20 ans, et que votre vision est stable depuis au moins 3 ans, vous pourrez envisager de vous faire opérer. Il faudra d’abord réaliser un examen pré-opératoire avec un ophtalmologue, notamment pour faire un bilan et une cartographie de votre cornée.

L’hypermétropie est normale dans l’enfance et souvent très bien tolérée. Elle est en revanche difficile à diagnostiquer et doit être recherchée devant des difficultés de concentration, des céphalées fréquentes, des épisodes de flous visuels ou encore un enfant qui se rapproche pour lire. S’il existe des antécédents familiaux d’hypermétropie ou de strabisme, une visite ophtalmologique avant 2 ans est fortement recommandée. En l’absence d’antécédents, il est recommandé de faire une visite avant l’âge de 4 ans.

Oui, les lentilles permettent parfaitement de corriger une hypermétropie. Les lentilles souples sont plus répandues, mais on peut aussi utiliser des lentilles rigides, tant que l’hygiène est irréprochable !

Oui, il est possible d’être hypermétrope-astigmate lorsque l’œil est trop petit et de forme ovale, la vision sera alors altérée de près comme de loin.

Oui, la presbytie pose d’autant plus problème que la mise au point est déjà sollicitée pour compenser l’hypermétropie. La capacité de compensation et d’effort de l’œil est ainsi fortement réduite et c’est pourquoi, la presbytie pose rapidement des difficultés en vision de près… et parfois même de loin avec les hypermétropes !

Les établissements d’ophtalmologie pour soigner une hypermétropie

Les établissements d’exercice des chirurgiens de la communauté Qualidoc sont disponibles pour un rendez-vous d’ophtalmologie pour une prise en charge rapide de l’hypermétropie partout en France.

Dr Romain Jaillant

Auteur

Dr Romain Jaillant

Ophtalmologiste à Paris, le Dr Jaillant est spécialiste des interventions de cataracte, rétine et de chirurgie réfractive. Il exerce au Centre Ophtalmologique Paris 17 - SOS Oeil.
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2 commentaires

  1. Bonjour,
    S’il vous plaît j’ai besoin de votre avis.
    J’ai 28 ans, je suis hypermétrope et astigmate (je remarque que je vois bien de près sans lunettes), je porte des lunettes depuis l’âge de 14 ans. Durant ces années je portais toujours des corrections prescrites après instillation de gouttes . la dernière mesure en 2019 j’avais
    OD +3.75
    OG +2.50 (-1.00 à 180 degré)
    la semaine dernière j’ai visité un ophtalmo qui m’a donné des corrections sans instiller les gouttes
    (sans cycloplégie)
    OD +2.75
    OG +1.75 (-1.00 à 171 degré)
    Lorsque j’ai soupçonné ces valeurs il m’a fait les gouttes et il a trouvé les mesures des lunettes que je portais
    OD +3.75
    OG +2.50
    Il m’a dit de porter celles prises sans les gouttes .
    Je me demande si cela pourrait endommager mes yeux ou accentuer mon hypermétropie à moyen et long terme , sachant que j’ai toujours porté des corrections optiques totales et depuis des années?
    Pensez-vous qu’il vaut mieux pour moi de porter les nouvelles corrections(sans cycloplégie) ou bien de continuer la COT comme avant?

    Merci bien de votre réponse.

    1. Bonjour et merci de votre commentaire.
      Pour répondre à vos questions.
      1. Non, le port d’une correction trop forte ou trop faible ne risque pas d’endommager vos yeux sur long terme ou d’aggraver votre hypermétropie. Cette différence sera seulement tout au plus vectrice d’un inconfort.
      2. Quant à votre correction, tout dépend de votre ressenti. Si vous êtes confortable avec votre correction optique actuelle, vous pouvez tout à fait la conserver. Si en revanche elle est un peu forte et que votre vision de loin est juste (trouble ou floue), le conseil de votre ophtalmologiste semble le bon en suggérant de réduire un peu la correction.
      En espérant avoir répondu à votre question.
      Bien à vous.

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